Hallucinations Collectives

HALLUCINATIONS COLLECTIVES 2014 - Terrorvision

Revolution will not be televised

La famille Putterman est une famille ordinaire qui vient de faire l’acquisition d’une antenne parabolique. Pendant ce temps, sur Pluton, l’extraterrestre Pluthar laisse échapper un monstre qui vient se réfugier dans l’antenne parabolique des Putterman. Commence alors une nuit d’horreur dans la maison…

Charles Band est ce que l’on peut appeler une légende de la série B. L’homme a produit des centaines de films à petits budgets (parmi lesquels la série des Puppet Masters) dont la qualité oscille entre le navet embarrassant et le chef-d’œuvre du genre. Terrorvision n’entre dans aucune de ces deux catégories. Ni embarrassant, ni révolutionnaire, c’est une honnête série B pleine de fun baignée par un esprit typiquement eighties. Un bon exemple de ce que pouvait produire le sieur.

Comédie horrifique, Terrorvision, premier film du metteur en scène Ted Nicolaou, ancien monteur pour la firme de Charles Band, marche sur les plates-bandes de la Troma. Comme les produits de la firme new-yorkaise, Terrorvision ne fait ni dans la finesse ni dans l’élégance mais est porté par un message gentiment iconoclaste et un propos qui égratigne la société hédoniste américaine des années quatre-vingt. Le métrage débute par un court prologue qui montre la planète Pluton, reconstituée à l’aide de maquettes achetées au MaxiToys du coin, envoyer un étrange rayon électrico-magnétique sur la Terre. Au même moment, Stanley Putterman (incarné par Gerrit Graham, une vieille trogne bien connue des amateurs de séries B et de télévision américaine) installe sa toute nouvelle antenne parabolique. Après quelques infructueux essais, l’antenne est frappée par l’étrange rayon, dont les plus perspicaces auront deviné la provenance. Dès lors, la télévision va fonctionner mais se montrer capricieuse. En cinq minute le décor est planté, les enjeux sont exposés et les personnages présentés. Emballé, c’est pesé. Plat du pied, sécurité.

Terrorvision prend la forme, dans sa première partie du moins, d’une parodie acerbe des sitcoms américaines qui envahissaient les téléviseurs du monde entier. Les familles parfaites dont s’abreuvaient les téléspectateurs sont ici remplacées par une famille totalement dysfonctionnelle. Les parents obsédés sexuels et échangistes notoires, la grande sœur rebelle et son petit ami décérébré et le grand-père va-t’en-guerre. Seul le jeune fils semble conserver un semblant d’équilibre malgré une passion pour les films d’horreur et une tendance au somnambulisme. Nicolaou choisit clairement l’axe de la parodie au vitriol et exhorte son casting à surjouer à la manière des acteurs de sitcoms. Il en découle une première demi-heure enlevée, drôle, grotesque et iconoclaste à la manière des œuvres made in Troma. Bien vite, le gore s’invite à table mais toujours de manière joyeuse et rigolarde, Nicolaou ne perdant jamais de vue le fait qu’il réalise une comédie familiale. Vraisemblablement shootée au LSD, mais une comédie familiale tout de même. Outre les valeurs familiales, le réalisateur envoie d’autres petites piques à la télévision et à ses programmes débilitants, qui semblaient pourtant hautement culturels par rapport aux immondices diffusées aujourd’hui, via la monstre tout droit sorti de la télévision. Ce monstre dévoreur d’humains symbolise bien évidemment l’omniprésence des écrans à l’intérieur des foyers du monde entier.

De facture classique dans son déroulement (on marche sur les traces du slaher, les invités se faisant dézinguer un par un) et sa mise en scène qui ne brille pas par son inventivité, Terrorvision s’avère être un honorable divertissement malheureusement tiré vers le bas par un dernier acte beaucoup trop lent et bavard. Amputé d’un bon quart d’heure, Terrorvision aurait gagné en efficacité et son capital sympathie n’en aurait été que plus élevé. En l’état, il demeure une agréable friandise piquante et légèrement acide qui ravira les grands mais aussi les petits qui pourront jouer à se faire (un peu) peur et à (beaucoup) rire grâce au look volontairement grotesque du monstre. Une certaine idée du cinéma bis made in années 80.

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