Critique de film

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Guilty of Romance

"Koi no tsumi"
affiche du film

Frustration, puis libération sexuelle d'une épouse soumise, désirs incontrôlables d'une professeure d'université et pulsions dominatrices d'une femme flic:trois destins se croisent pour le meilleur, mais surtout pour le pire dans le Tokyo interlope...

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Trailer - Guilty of romance (2011)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Guilty of romance - Poésie macabre
Par : Damien Taymans
Tags : NIFFF 2011

Un Tokyo interlope où sévit un meurtrier aux goûts artistiques macabres traqué par une femme flic aux pulsions dominatrices. Le Tokyo de la bourgeoisie dans lequel une femme au foyer, épouse d’un écrivain célèbre, exulte de découvrir le sexe. Celui de la classe populaire enfin duquel émane une professeure d’université qui, la nuit, fait le trottoir. Ce qui relie ces trois figures féminines, la libération sexuelle, symbole de l’accession au pouvoir.

Dans ce dernier volet de la trilogie de la haine tissée par Sono Sion (avec Love exposure et l’ébouriffant Cold fish, tous deux inédits chez nous), le cinéaste nippon contesté et contestataire persévère dans son affection des faux-semblants. Le découpage en chapitres n’est qu’un simulacre de structure, Sion s’amusant à déconstruire son récit jusqu’au générique final. L’enquête liminaire (dont une bonne partie a été amputée pour l’exploitation internationale) fonctionne en trompe-l’œil. Le polar se liquéfie ensuite pour permettre à l’œuvre de pénétrer à sec dans le milieu du sexe et de la prostitution que l’auteur se plaît à opposer au quotidien de la belle Izumi, soumise corps et âme à la volonté de son mari, lequel néglige les besoins sexuels de son épouse. Deux modes d’aliénation pour la femme, le foyer et la rue, chacun régi par des contraintes protocolaires et une soumission charnelle au possesseur masculin. La société japonaise fait également les frais de ce brûlot : la réunion de famille, rituel fondamental de la structure nippone, tourne à l’échange de coups-bas et de répliques haineuses entre une mère et sa fille. Perverti de l’intérieur, le modèle ne peut même plus sauver une société gangrénée de toutes parts.

Formellement, Guilty of romance s’inscrit dans le même créneau déconstructif. Les images d’une splendeur plastique fascinante, esthétisées à l’excès, contrastent avec l’avalanche de gore et de sexe (non pixellisé, puisque chapeauté par Nikkatsu) qui constituent autant de coups de boutoir assénés au conformisme formel et thématique traditionnel.

Convoquant autant Mario Bava et Dario Argento que Jodorowsky ou Lynch, le cinéaste nippon fout, avec Guilty of romance, un uppercut ultra-violent au paysage cinématographique japonais habituel. Comme il a suscité les accusations de certains spectateurs de la Quinzaine des réalisateurs où il était présenté cette année. En marge de la sélection donc, tout un symbole pour un réal’ rompu à n’être qu’une apostille "perverse" du septième art nippon.


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