Critique de film

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Ginger snaps

"Ginger snaps"
affiche du film
  • Année de production : 2000
  • Réalisateurs : John Fawcett
  • Scénaristes : Karen Walton, John Fawcett
  • Acteurs : Emily Perkins, Katharine Isabelle, Kris Lemche, Mimi Rogers, Jesse Moss
  • Musique : Mike Shields
  • Genre : Horreur - Loups-garous
  • Pays d'origine : Canada, USA
  • Durée : 1h48
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses : Saturn Award du meilleur DVD (2002) Canadian Comedy Award du meilleur scénario (2002) IHG Award du Meilleur film (2002) Prix de la Meilleure actrice, du Meilleur film et des Meilleurs effets spéciaux au festival de Malaga (2001) Meilleur scénario au festival de Toronto (2000)

Ginger (Katharine Isabelle) et Brigitte (Emily Perkins) sont deux soeurs jumelles inséparables. Elles ont les mêmes goûts, les mêmes vêtements et sont attirées par les mêmes garçons. Une nuit, alors qu'elles se promènent dans le parc, elles constatent quelque chose d'anormal. L'endroit est trop silencieux et il y règne une atmosphère malsaine. Elles s'enfuient en courant, mais une bête, surgie de nulle part, griffe le dos de Ginger. Une fois la créature semée, elles retrouvent la sécurité de la maison familiale et examinent la blessure. En dépit d'une plaie quelque peu superficielle, Ginger n'est plus comme avant. Son attitude a changé. A l'approche de ses menstruations, elle devient de plus en plus avide de garçons. La vérité prend alors forme sous les yeux horrifiés de Brigitte : sa soeur est devenue un loup-garou.

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Trailer - Ginger snaps (2000)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Ginger snaps - La poésie lycanthropique
Par : Damien Taymans

Les loups-garous font partie de ces figures emblématiques du cinéma horrifique. Cependant, depuis quelques années, ceux-ci ont tendance à disparaître doucement du cinéma du genre pour être remplacés par d’autres produits de transmutations ou par des films où le gore envahit toute la place laissée vide. Dernièrement, on pourrait citer d’illustres exemples tout de même comme Le Loup-garou de Londres et, son fils direct, Le Loup-garou de Paris. Le plus lointain Wolf était également un illustre exemple tout comme le bon Dog soldiers un peu plus récent. Autant dire que les bons films traitant du sujet ne sont pas légion.

Alors que ce genre de film a, en général, comme cerise sur le gâteau des transformations abondantes, Ginger snaps fait partie de ces rares films sur le sujet où ce genre d’effets spéciaux n’est pas le centre du débat. Et ce, pour une raison toute simple, c’est que les moyens sont loin d’être illimités et qu’il faut rentabiliser les coûts potentiels. S’acharner à épater le spectateur avec du numérique, ça coûte son lot de roupies. Alors, les scénaristes n’ont d’autre choix que de s’atteler à offrir un scénar original qui compenserait le manque d’images fortes.

Pari réussi puisque le métrage prend d’emblée une tournure intéressante. Les deux sœurs Ginger et Brigitte sont des personnages extrêmement bien dessinés (et pas seulement esquissés comme dans de trop nombreux métrages). Enfermées dans un corps qu’elles n’apprécient pas, emplies de pensées morbides, rejetées de tous au bahut, les deux filles vivent un âge délicat : l’adolescence. C’est cette peinture rapide mais réalisée au scalpel qui va permettre de donner du corps au film. Après la morsure, Ginger devient peu à peu une autre et rejoint le domaine des lycanthropes. Cette transformation est une lente agonie qui prendra le temps du métrage et ne se fait pas en une scène fx de 15 secondes. Apparition de poils, transformation du pied, envie prenante de sang, irritations de plus en plus fréquentes et surtout… des pertes de sang régulières.

C’est cet aspect qui frappe le plus dans le film de Fawcett car au calendrier lunaire des lycanthropes, le réalisateur appose le calendrier cyclique des menstruations. Loin de s’épancher dans une méthode Oginot faite maison, la jeune fille ressent une intégration de plus en plus pressante dans le monde qui la rejetait autrefois. D’où cette question qui émerge dans les esprits : les jeunes gamines morbides du début étaient-elles si spéciales, si monstrueuses ? A priori non puisque Ginger devenue monstre rejoint les gens normaux (qui se sont déplacés de catégorie).

En définitive, grâce à un scénario qui brille par son intelligence et à des perf d’acteurs grandioses (notons au passage les deux protagonistes mais aussi la mère des deux filles (Mimi Rogers) incroyable en mère décalée), Ginger snaps est parvenu à se hisser au niveau des grands films sans en avoir les moyens…


Critique de Ginger snaps - La féline
Par : Samuel Tubez

Avant d’être une éminente trilogie lycanthrope (comprenant les suites Ginger Snaps : Unleashed et Ginger Snaps Back : The Beginning), la saga Ginger Snaps débuta en 2000 avec un petit film sorti presque dans l’anonymat à l’époque, qui s’est peu à peu fait une jolie réputation, devenant même un film culte pour toute une communauté de fans. Un statut ma foi amplement mérité pour cette série b bourrée de qualités.

Ginger et sa frangine Brigitte sont de jeunes filles pas comme les autres. Imaginatives et intelligentes, elles sont totalement fascinées par la mort et n’hésitent pas à mettre en scène leur propre trépas. Une nuit, alors qu’elle se promène avec sa sœur dans le parc, Ginger est blessée par un animal étrange qui lui transmet une maladie peu banale : la lycanthropie. Consciente que celle-ci est en train de se transformer en une créature assoiffée de sexe et de sang, Brigitte va tout faire pour tenter de la guérir du mal qui la ronge…

Nanti d’un budget relativement modeste (environ 5 millions de dollars), Ginger Snaps apporte un peu d’air frais au film de loup-garou. Alors que beaucoup de films d’épouvante lycanthropes ne cessent de ressasser les mêmes clichés et gimmicks jusqu’au ridicule (bonjour Mr Le loup-garou de Paris, bonsoir Melle Cursed), John Fawcett (qui a ensuite signé The Dark) explore le mythe avec beaucoup d’application, d’originalité et de sérieux. Débutant son film par un générique d’une rare splendeur macabre, il réalise là un film sombre et pessimiste sur le mal être à l’adolescence doublé d’une belle métaphore sur la puberté féminine. Pour interpréter les sœurs Fitzgerald, point de bimbos ni de stars de sitcom, mais deux comédiennes talentueuses formant un binôme parfait : la bluffante Emily Perkins (en réalité bien plus mignonne que le personnage peu attirant de Brigitte qu’elle incarne ici) et la charismatique Katharine Isabelle qui dégage une sensualité féline carrément bandante dans le rôle de Ginger. Entre fraternité morbide et sexualité ambiguë, le traitement de leur relation est incontestablement le point fort du film. Et quand l’une d’elles commence à subir une lente transformation, la situation devient encore plus intéressante puisque, outre le fait qu’elles risquent leurs vies, c’est leur parfaite harmonie qui est mise en péril. Plutôt avare en meurtres et en apparitions monstrueuses (le gros des scènes d’action se déroulent dans les 15 dernières minutes), le film pallie les limites de ses effets spéciaux par l’utilisation de quelques beaux mécanismes de suggestions efficaces. Mais pour les amateurs, il y a quand même tout ce qu’il faut : des poils, des canines, des griffes, du sang et, cerise sur le gâteau, on a même droit à l’apparition d’un joli petit appendice caudal sur l’anatomie de la belle Ginger. C’est pas mignon à croquer tout ça ?

Au-delà de son apparence gothico-lesbiano-horrifique, Ginger Snaps est un petit film d’épouvante rempli d’humanité. Mêlant drame, psychologie, meurtres et lycanthropie, il s’agit de l’un des films de loup-garou les plus intéressants de la dernière décennie. Un vrai régal qui a le pouvoir de ne pas charmer que les amateurs du genre.


Oeuvres liées :


Commentaires sur le film

Le chaos adolescent

3 etoiles

Une métaphore lycanthropique de l’adolescence plutôt sympathique, et qui se paye en prime le luxe de faire une critique satyrique de la famille et des valeurs bourgeoises sur fond d’humour noir décalé. A l’époque du règne consensuel et commercial de twilight, quelle bouffée d’air ! Dommage que la fin s’embourbe dans quelques longueurs plus maladroites qu’effrayantes.

27 novembre 2011 à 17:11 | Par Fred Bau

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