Critique de film

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Get Out

"Get Out"
affiche du film

Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy et Dean lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable.

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Trailer - Get Out (2017)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Get Out - One Life Crew
Par : Seb Lecocq

Nouvelle production Blumhouse, donc nouveau buzz à prendre avec beaucoup de pincettes, Get Out s’affiche sur tous les murs à grands renforts de qualificatifs, proches des superlatifs, tels que "glaçant", "flippant", "angoissant", "terrifiant". Rien de neuf donc chez l’ami Jason Blum qui, en bon vendeur de lessive horrifique, sait parfaitement orchestrer sa campagne promotionnelle afin de nous faire croire à la venue du nouveau messie doté de 24 personnalités (4 en fait) tous les 6 mois. Les spectateurs avertis auront appris à se méfier de tout ce barnum pour ne se concentrer que sur l’essentiel : le film proprement dit. Premier long métrage du comédien Jordan Peele qu’il a porté à bout de bras depuis l’écriture jusqu’à la sortie en salles, passant par la traditionnelle tournée des festivals (dont l’ouverture des Hallucinations Collectives lyonnaises), Get Out se veut très actuel et tout à fait dans l’air du temps puisqu’il traite, en sous-texte, du racisme latent de la société américaine dans laquelle être noir est encore perçu comme un crime par certains. N’est-ce pas, Donnie ?

Oublions de suite les dithyrambiques qualificatifs énoncés plus haut. Get Out n’est rien de tout ça. Le métrage est un bon petit thriller divertissant et gentiment rentre-dedans mais pas trop, resucée polie et sociale plus que politique de l’indispensable Massacre à la tronçonneuse dans lequel un jeune homme va comprendre qu’on ne déconne pas avec la famille d’autrui. Qui plus est lorsque c’est celle de sa chère et tendre et qu’on la rencontre pour la première fois. Malin, Jordan Peele parvient à parler du racisme sans tomber dans le prêchi-prêcha sentencieux mais, au contraire, en l’englobant dans le genre qui, depuis toujours, est le parfait réceptacle des troubles en tous genres des sociétés modernes.

En apparence, tout va bien dans le couple formé par Chris et Rose, amoureux fous depuis 4 mois, jusqu’au jour où celle-ci décide de le présenter à ses parents. Petit détail : elle est blanche, il est noir et ses parents ne le savent pas. Aucun problème : s’il avait pu, Monsieur Armitage, le gentil papounet de Rose, aurait voté une troisième fois pour Obama, le plus grand président. Dès l’arrivée de Chris dans la propriété, bien blanche, bien bourgeoise, limite coloniale, de la famille, les tapes dans le dos, les hugs et les sourires ne sont que façade. Quelque chose de profondément malsain se cache sous la surface bien propre de ce clan bien trop accueillant que pour être honnête.

Get Out parvient, et c’est un de ses points forts, à instaurer un léger malaise, une sensation déplaisante grâce à une attention toute particulière apportée aux petits détails. Un regard appuyé, un chargeur de téléphone, un jogging nocturne, une tasse de thé, tout un tas de petites choses qui, mises ensemble, finissent par susciter une grande gêne dans le chef de Chris et du spectateur. D’ailleurs, Daniel Kaluuya livre une très bonne prestation et est pour beaucoup dans le processus d’identification du public à son personnage. Le casting et le jeu sont irréprochables, tout en non-dit et en sourire crispé.
La mise en scène de Peele parvient à capter tous ces petits instants de malaise sans s’appesantir réellement. Les plans sont précis, toujours dans le ton avec quelques bonnes idées par-ci par-là. Pour un premier film, la maîtrise est à saluer même si on pourra noter une absence de vraie prise de risques visuels. Get Out prend son temps pour préparer le terrain et faire mûrir son intrigue. Trop de temps, puisqu’il faut vraiment attendre les vingt dernières minutes pour que les événements s’accélèrent vraiment, ce qui laisse une impression de longue ouverture. Niveau violence tant graphique que psychologique, on reste sur notre faim, tout ça est bien trop sage comme si Jordan Peele s’autorisait quelques concessions afin de ne pas s’annihiler une partie du public, ce qui gâche un peu le final que l’on espérait beaucoup plus intense surtout qu’un humour très lourd vient parasiter tout ça via les blagues d’un sidekick noir et obèse… Un autre écueil de taille vient du manichéisme bien trop voyant de l’œuvre. Pour le coup, le film est clairement noir et blanc sans aucune nuance de gris. Dommage d’être aussi schématique quand on prétend à réaliser une oeuvre politique !

Get Out n’en reste pas moins un chouette premier film, bien écrit, dans l’air du temps et correctement emballé. Mais on se gardera bien de s’enflammer car on est loin du chef-d’œuvre ou du film d’horreur de l’année. Déjà parce que ce n’est pas un film d’horreur mais plutôt un thriller et ensuite parce qu’on trouvera certainement meilleur dans le genre cette année. Malgré ça, on aurait tort de passer à côté d’un bon film grand public, ce qu’est résolument Get Out. Ce qui est à la fois son principal défaut et sa plus grande qualité.


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