Festival de Gérardmer (France)

Gerardmer 2009

Une seizième édition antiseptique

Créé en 1973 et mort de sa belle mort vingt ans plus tard, le festival d’Avoriaz, par sa simple évocation, ravive les conduits lacrymaux de fantasticophiles nostalgiques. Depuis, les festivités de Gerardmer se sont posées comme le parfait succédané du festival trépassé et font renaître sur les cendres de leur prédécesseur l’esprit qui animait les aficionados, heureux de pouvoir contempler une fois l’an les pelloches bien torchées de tel ou tel cinéaste pas vues ailleurs.

Cette année, plus encore que les autres où la crise économique a bouleversé les mentalités, le citoyen lambda ressent le besoin d’exorciser ses peurs, de défouler ses pulsions primaires. Le smicard, répugné à l’idée d’assassiner sa concierge à coups de haches tout comme le PDG, devenu incapable de rémunérer en rubis Garrard sa secrétaire et névrosé de cette impossibilité d’entamer l’ascension de son mont de Vénus ressentent une inexorable envie de déverser leur haine en toute impunité. Cet exutoire, plus que jamais, trouve une alternative dans le cinéma de genre qui est, à ce jour, celui qui dépeint le mieux les réalités sociales pour les détourner fondamentalement et s’en servir à des fins curatives. En ce sens, le genre constitue bien plus un artefact médicamenteux qu’un délivreur de pulsions primaires enfouies dans les limbes d’une conscience amoralisée. L’horreur constitue une panacée psychologique (via le défoulement qu’elle propose) et non une gangrène qui pousse à l’acte. Gerardmer se transforme donc annuellement et ce durant une période de cinq jours en un lieu de pèlerinage à l’instar de son voisin Lourdes. D’ailleurs, a-t-on déjà entr’aperçu la silhouette de Paul Verhoeven ou de William Friedkin se balader en Midi-Pyrénées ? John Landis (d’ailleurs mis à l’honneur au festival vosgien cette année) a-t-il envisagé la moindre cure dans les eaux lourdaises ? Non… Car si la cité catholique attire à intervalles irréguliers une Sainte Vierge fantomatique, celle de Gerardmer compile les apparitions en chair et en os de dieux vivants. Rien que pour cela, nous nous devons de lui rendre hommage.

Plus sérieusement, se côtoient dans les Vosges durant cinq jours les spécialistes du genre, les cinéphiles confirmés et les geeks en puissance pour évaluer ensemble la qualité de la production actuelle dont le festival convoque le gratin. Aussi, cette année comme les précédentes, se succéderont une pléiade d’œuvres fantastiques qui n’en sortiront pas indemnes et bénéficieront, à défaut d’un Méliès, d’une renommée incomparable en terre française voire internationale. Les exemples de l’année passée (REC, L’orphelinat, Teeth, Rogue, Cloverfield, Diary of the Dead ont tous eu droit à leur sortie en salles en Hexagone) suffisent à démontrer la renommée impactisante qu’imprime le festival à sa sélection. Un festival qui s’est émancipé et a élargi ses horizons pour proposer de multiples animations sur place aux badauds pour que cinéphiles, bédéphiles et passionnés en tous genres y trouvent leur compte.

Gageons que cette année sera aussi excitante que les précédentes et que les foudres de Gerardmer toucheront durablement une sélection aussi étonnante par son hétérogénéité que surprenante par son absence de risques (The Midnight meat train, Manhunt, Morse, Sauna, autant de perles déjà dévoilées). Qu’importe, comme chaque millésime, la fournée 2009 promet d’être un excellent antiseptique autant qu’un anti-sceptique pour les spectateurs uniquement gavés au cinoche standardisé tendance hollywoodienne.

La sélection officielle du festival de Gerardmer 2009

Le site officiel du festival

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