BIFFF 2011

Gazette du BIFFF 2011

14 avril, Jour 8

Compte-rendu de la journée

Programmé à la séance de 14 heures, Phase 7, film argentin présenté comme un REC humoristique, ne sentait pas spécialement bon. Et, pourtant, dès les premiers instants du métrage, un second degré très appréciable a fait son apparition et la filiation directe avec l’oeuvre de Plaza et Balaguero n’est plus apparue comme une évidence, l’intrigue étant à mille lieue de ce glorieux exemple. Tournant très vite en séquence de guérilla grandeur nature, le film peut se targuer d’être une réussite.

Il en va curieusement de même avec It’s a Wonderful Afterlife, le nouveau film de Gurinder Chadha, réalisatrice avant tout connue pour son fameux Joue-la comme Beckham. S’il est certain que l’humour facile et le manque d’aura des interprètes ont nui au film aux yeux de l’assistance, la majeure partie du public a rapidement accroché à une bande purement jouissive et amusante de bout en bout.

Tout le contraire de Mirages qui, si une réserve polie fugt observée par les spectateurs, n’a tout de même pas manqué de provoquer l’ire de certains. Malgré une idée plutôt attrayante et le côté plutôt "exotique" de la bande, la maladresse au niveau de la mise en scène et du cadrage ont rapidement achevé l’espoir de voir ce film franco-marocain emporter le prix de la compétition 7ème Parallèle.

Heureusement, le très attendu Reign of Assassins a permis aux spectateurs de vite se remettre de leurs émotions, Chao Bin-Su et, dans une moindre mesure, John Woo offrant un spectacle de haut vol tout au long d’une bande particulièrement échevelée.

C’est un adjectif qui convient aussi très bien à Stake Land, le dernier né de l’imagination de Jim Mickle, à qui l’on doit l’excellent Mulberry Street. Le cinéaste ne parvient néanmoins pas à renouveler son coup de bluff et l’ensemble sombre rapidement dans le grand guignol malgré des maquillages plus ou moins réussis.

De grand guignol, il en aura aussi été question dans Tetsuo 3, Tsukamoto bafouant littéralement ses deux précédents chefs-d’oeuvres. Mais cela, c’est une autre histoire... que seul ceux qui ont tenu jusqu’à la fin de la projection peuvent raconter.


Reviews des chroniqueurs

Phase 7

Damien : 3 étoiles

Une agréable surprise que cette pellicule argentine baignant dans un second degré jubilatoire.

Mae-Nak : 3 étoiles

Un film un brin longuet qui puise néanmoins dans le domaine de l’humour pour s’en sortir avec les honneurs.

It’s a wonderful afterlife

Damien : 1 étoile

Même Joue-la comme Beckham était plus drôle, c’est tout dire !

Mae-Nak : 3 étoiles

J’avais apprécié Joue-la comme Beckham (ben oui, il y en a comme ça), j’ai adoré celui-ci ! Malgré un casting très bancal, l’ensemble s’avère jubilatoire.

Mirages

Damien : 1 étoile

Une sorte de téléfilm TV5 avec de jolis tas de cailloux...

Reign of assassins

Damien : 3 étoiles

Haletant dans sa deuxième partie, Reign of assassins offre une sorte de réplique asiatique parfaite aux actioners bourrins burinés outre-Pacifique (ben oui, faut revoir sa géo, les gars !). Avec en prime des combats dantesques (chorégraphiés par le doyen Stephen Tung Wai, qui a notamment officié sur Seven swords et Hero) aux allures d’heroic fantasy jacksonienne et un ersatz bridé de la Black Mamba de Tarantino. Et si vous tenez vraiment à faire le difficile, je garde mon sabre à portée de main. Y paraît qu’un homme tranché en vaut deux, d’après Confucius...

Vivadavidlynch : 2 étoiles

Plutôt réussi esthétiquement, Reign of Assassins s’avère surtout très looooooooooong et chiant à mourir. Entre choix de réalisation hasardeux (ces “freeze”/arrêts sur image en début de métrage, le sabre “ondulant” de Michelle Yeoh …) et chorégraphie des combats illisible (surdécoupage et/ou problèmes de perception de l’espace), c’est une des grosses déceptions de ce festival. Reste le charme de Michelle Yeoh et de l’ultra craquante Barbie Hsu. Dommage que John Woo ne l’ait pas personnellement réalisé…

Winslow Leach : 2 étoiles

Petit Wu Xia Pian aux combats faisant preuve d’une certaine originalité et à l’esthétique soignée. Sinon, la narration de l’histoire est quelque peu laborieuse et les enjeux plutôt pauvres.

Evil Seb : 4 étoiles

Une formidable relecture des films de la Shaw Brothers. Reign of Assassins rappelle avec grand plaisir le ciné de Chu-Yuan. Une magnifique intrigue à tiroirs et de superbes scènes d’action.

Stake land

Vivadavidlynch : 3 étoiles

Un modèle de série B humble, consciente de ses qualités et carences. Jim Mickle s’efface derrière son sujet et, même si Stake Land est loin de renouveler le mythe vampirique, il y apporte sa pierre à l’édifice. Nick Damici (aussi co-scénariste) y est monstrueux de charisme, entre De Niro et Josh Brolin. Les make-up sont assez réussis. Vivement le prochain film du duo Mickle/Damici !

Damien : 2 étoiles

Un road-movie souvent répétitif, entre La route et Vampires, rempli de symboles bibliques et de goules bien foutues. Mais c’est lourd mais lourd...

Winslow Leach : 2 étoiles

Malgré des intentions fort louables, Stake Land ne remplit pas ses promesses, en rien aidé par une voix off et une musique aux accents dramatiques plus qu’appuyés. Dommage, les vampires avaient de la gueule.

Tetsuo : the bullet man

Vivadavidlynch : 3 étoiles et demi

Loin d’être la purge annoncée par certains, ce troisième Tetsuo marque le retour en forme de Tsukamoto, après un calamiteux Nightmare Detective 2 (pour ne citer que lui). Alors oui, c’est très inégal (le génial cotoie le franchement raté) et le final est affreusement bâclé, mais c’est un pur condensé de furie punk, relayé par des visions fulgurantes qui transpercent la rétine. Une agression visuelle et sonore en règle (le grand Trent Reznor y signe d’ailleurs deux très bons tracks). Tsukamoto ne s’est toujours pas assagi ; il reste cet “ado” enragé et c’est tant mieux !

Evil Seb : 1 étoile

Tetsuo pour les nuls. Une redite aseptisée et inutile du double chef-d’oeuvre de Tsukamoto. Aucun intérêt.

Winslow Leach : 1 étoile

Tetsuo made in USA. Cette suite aseptisée est aussi illisible que vaine .


Animations

Le body painting et le Q&A de John Landis vus par l’objectif de Raymond Widawski (photo de l’adoubement en focus comprise)


A ne pas rater !

Troll Hunter

Par : Mae-Nak

Si les créatures mythologiques firent durant de longues années le bonheur des producteurs et du public fantasticophile, force est de constater que, ces dernières années, aucune production digne de ce nom ne vit le jour dans le domaine. Devant se contenter de quelques bandes zeddardes initiées par des chaînes câblées américaines ou de microscopiques efforts indépendants, les amateurs de cette imagerie toute particulière commençaient à trouver le temps long.

Que ceux-là se rassure : la relève arrive et de fort belle manière avec Troll Hunter, un effort non-négligeable du cinéma européen pour tenter de relancer une industrie laissée à l’abandon. Avec le norvégien André Ovredal aux commandes, qui signe ici sa seconde réalisation (près de 10 ans après la première), Troll Hunter peut en effet compter sur des influences cinématographiques d’importance. Outre sa filiation directe avec les classiques films de monstres, le métrage entre directement dans le sillage très à la mode de la caméra à l’épaule et s’inspire notamment des réussites Cloverfield ou Le Projet Blair Witch, gage d’une action débridée à souhait.

Troll Hunter emmènera les spectateurs de ce 29ème BIFFF au cœur même des légendes surannées de la Norvège tout en y instillant un caractère particulièrement moderne tant au niveau du ton (d’après les différentes reviews, le film oscille entre noirceur, fantastique pur et dur, et… comédie) que du traitement de l’image. Le métrage suit un groupe d’étudiants en journalisme qui enquête sur une étrange série d’attaques d’ours. Ils rencontrent pour leur reportage un certain nombre de chasseurs, ainsi qu’un mystérieux personnage, Hans. Ils décident de suivre celui-ci, persuadés qu’il s’agit d’un braconnier qui en sait beaucoup plus sur ces récentes affaires que les communiqués officiels. Alors qu’ils accompagnent Hans lors d’une de ses traques nocturnes, ils découvrent que ce dernier est en fait un chasseur de trolls, employé par le gouvernement pour réguler la population de ces créatures légendaires.


Le programme de demain

18h00

Meant to be

Réalisé par Paul Breuls

Avec Kelly Reilly, Mia Maestro, Kris Marshall

Hors compétition


20h00

Troll hunter

Réalisé par André Ovredal

Avec Otto Jespersen, Hans Morten Hansen, Tomas Alf Larsen

Compétition internationale et européenne


22h00

Kidnapped

Réalisé par Miguel Ángel Vivas

Avec Guillermo Barrientos, Dritan Biba, Fernando Cayo

Compétition Thriller


00h00

Hell driver

Réalisé par Yoshihiro Nishimura

Avec Asami, Yukihide Benny, Norman England

Hors compétition

Image du jour

Récentes critiques

affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage