BIFFF 2011

Gazette du BIFFF 2011

12 avril, Jour 6

Compte-rendu de la journée

Commencer sa journée par un film de zombies bien couillu tel que Rammbock, c’est un véritable cadeau que les organisateurs ont fait à leurs festivaliers. Très court dans son déroulement (59 minutes à peine), le film n’a pas manqué d’émoustiller les amateurs de gore et, surtout, de suspens, Kren parsemant même son œuvre d’un certain romantisme qui a connu son paroxysme dans un final totalement émouvant.

Rien de tel pour débuter une nouvelle journée chargé qui a ensuite vu l’OFNI kazakh Strayed débouler sur l’écran. Prometteur dans son entame et précédé d’une glorieuse réputation, le film sombre hélas rapidement dans l’ennui et tourne en rond au point que quelques spectateurs quittèrent la salle. Achevé par une séquence explicative d’une vingtaine de minutes, Strayed ne présente au final que fort peu d’intérêt malgré l’enthousiasme de son interprète principal.

A la sortie de cette séance, les spectateurs ont néanmoins pu découvrir un sacré spectacle puisque, Taiwan étant à l’honneur, des dragons et tambours traditionnels ont fait leur entrée dans l’esplanade de Tour & Taxis, provoquant la joie chez les nombreux spectateurs faisant la file pour One Day. Dès lors, si le métrage ne peut pas se targuer d’être une réussite à proprement parler (du moins dans un festival du fantastique, car les aspects romance et dramaturgique ont été réussis), les visiteurs d’un jour sont repartis ravis d’autant que certains d’entre eux avaient pu goûter à une boisson taiwanaise pour le moins étrange.

Mais à peine le temps de se poser au bar puisque, dans la foulée, a commencé l’une des bandes les plus attendues du festival : Super, la nouvelle création de l’excellent James Gunn. Et le moins que l’on puisse dire est que personne n’a été déçu par cette plongée dans l’univers délirant d’un héros créé de toutes pièces, qui a désormais sa place aux côtés de Kick-Ass, ce qui n’est pas peu dire.

De quoi attaquer en bonne forme le Miike qui, du haut de ses 2h06 de film faisait office de véritable épreuve en cette heure tardive. Néanmoins sauvé par l’étonnante sobriété de son créateur, 13 Assasins a constitué un bon moment qui, s’il ne fera pas date, n’aura pas manqué d’émoustiller les fans de spectacles nippons en tout genre. Prey, par contre, n’avait pas réellement sa place en séance de minuit mais Antoine Blossier est tout de même parvenu à se montrer convaincant en offrant un film de monstre respectable, chose assez rare dans le cinéma français.

Bref, cette journée du 11 avril a sans doute été la meilleure depuis le début du festival et, malgré quelques approximations, elle aura connu l’avènement d’un super-héros hors-norme : Super.

Reviews des chroniqueurs

Rammbock

Evil Seb : 4 étoiles

Une économie de moyens au service d’une histoire inventive et d’une mise en scène énergique. C’était très bien.

Mae-Nak : 3 étoiles

Visiblement, on peut encore se montrer inventif sur le thème des zombies. Une toute bonne surprise qui a le mérite de ne pas se tirer en longueur.

Damien : 3 étoiles

Revigorant le thème zombiesque, Rammbock fait mouche en restaurant le pouvoir réel de l’image, expurgé du faste de la tendance clippesque actuelle et des bavardages incessants. Cette production destinée au petit écran (produit ZDF) se taille une place non négligeable dans le panorama du genre actuel.

Strayed

Damien : 2 étoiles et demi

Intrigante, cette pub pour concessionnaire étirée sur une heure et demi pose question et finalement hypnotise. Maintenant, les bad trips, ça commence à gonfler sérieusement.

Evil Seb : 1 étoile

Beaux décors mais c’est chiant.

Mae-Nak : 1 étoile

Un interprète plutôt convaincant ne sauve malheureusement pas les meubles. 20 minutes de lourdes explications sur la fin, ça fait mal !

One day

Evil Seb : 4 étoiles

Un beau film à mi-chemin entre Kim Ki-Duk, Wong Kar-Wai et Tran Ahn-Hung. De plus, l’actrice principale est vraiment mignonne.

Damien : 1 étoile

Baignant de bout en bout dans une atmosphère froide et mélancolique, One day se traîne jusqu’à son dénouement et, d’ici à là, parvient sans mal à ankyloser l’assistance avachie devant tant de lourdeur "auteurisante" et une inertie rythmique soutenue par l’hypnotique partition qui en marque les passages les plus marquants (disons aucun pour rester honnête). En cinq mots comme en cent, on se fait chier sévère !

Super

Winslow Leach : 4 étoiles

Entre Kick-ass et l’esprit z de Troma, James Gunn parvient à livrer une comédie aussi irrésistible qu’irrévérencieuse. Un vrai régal ultraviolent au casting savoureux. Réellement super !

Evil Seb : 4 étoiles

Drôle et violent. Une bonne histoire avec un casting génial.

Damien : 3 étoiles

Gunn va jusqu’au bout du délire. Le principal défaut du film ? Arriver un an après Kick-Ass.

Mae-Nak : 5 étoiles

Vous me connaissez… Quand il y a des super-héros un brin originaux en jeu, je fonds dans la seconde…

Vivadavidlynch : 3,5 étoiles

La craquante Ellen Paige est fabuleuse. Sans elle, Super n’est qu’un sous Kick-Ass. Mais cela reste très divertissant et cultive la rock’n roll attitude.

13 assassins

Winslow Leach : 2 étoiles

Ou quand Miike se la joue Kurosawa. Une exposition bien trop longue et pénible pour arriver à une baston finale aux intentions grandioses mais qui se résume malheureusement à des coups de sabre dans le vent et des portails en troncs d’arbre qui se referment. Grosse déception.

Vivadavidlynch : 4 étoiles

Miike prouve avec brio qu’il peut poser sa mise en scène et se révéler sobre et presque académique d’un point de vue technique. Les explosions graphiques caractéristiques de son stylen’en sont que décuplées. Petit bémol : c’est exagérément bavard.

Evil Seb : 2 étoiles

Miike en roue libre. Un chambara classique, très mou et très poussif. L’original est nettement meilleur.

Prey

Damien : 2 étoiles

L’économie de moyens perpétuelle dont fait preuve, par contrainte, le réalisateur entraîne souvent le spectateur hors des sentiers battus, au point qu’il s’égare dans cet amas de broussailles ténébreuses desquelles point assez rarement le bout d’un groin. Avec des séquences d’attaques plus lisibles et des personnages moins stéréotypés, Proie aurait certainement proposé un spectacle plus attractif...

Animations

Les photos de Raymond Widawski avec un petit cliché de David Morley (Mutants) en ouverture ...


A ne pas rater !

Reign of Assassins

Par : Evil Seb

Une évidence. Après des années d’exil hollywoodien, synonyme de longue descente aux Enfers, durant laquelle il ne fut considéré que comme un simple exécutant, un yes man à la solde des studios, John Woo décide de rentrer au pays pour mettre en chantier de vrais projets qui lui tiennent à cœur. En compagnie de son producteur et ami de toujours Terrence Chang, il livre Red Cliff, fresque guerrière monumentale de plus de quatre heures qui signe le retour du vrai John Woo, de ce réalisateur surdoué qui a fait rêver tous les amateurs d’action dans les années 80. Auréolé d’un nouveau chef d’œuvre et requinqué par le succès critique et public de Red Cliff, il livre, en tant que producteur et toujours avec Terrence Chang, ce Reign of Assassins qui nous intéresse aujourd’hui. Le film est parfois vendu comme une réalisation du Maitre mais il n’en est rien. Le réalisateur du film est Su Chao Ping, qui s’est fait connaitre comme réalisateur avec son précédent film Silk, sorti en 2006. Su est surtout renommé en tant que scénariste de Double Vision, Going Home, le meilleur segment de l’anthologie Trois Histoires de l’Au-Delà et Silk. Un homme tout à fait respectable.

La confusion vient de la présence de John Woo sur le plateau pour « superviser » le tournage. D’après ce que l’on sait John Woo aurait bien dirigé une scène de combat dans laquelle apparait sa fille, Angeles Woo et, outre cette scène, il se serait contenté de conseiller Su Chao Ping car comme il le révèle lui-même : « Je ne voulais pas, et n’ai pas imposé mon style à Su…je lui ai juste donné quelques conseils et fait profiter de mon expérience. » C’est pour cela qu’il est qualifié de co-réalisateur et certainement pour des velléités commerciales aussi : il est plus aisé de vendre un film avec le nom de John Woo sur la jaquette. Le film, maintenant. Sur papier tout est là : Un casting trois étoiles : Michelle Yeoh, qui fait son grand retour dans un rôle ambitieux, sera entourée de Barbie Hsu et Kelly Lin, histoire d’assurer le quota de babes, et de Jung Woo-sung, Wang Xueqi et Shawn Yue pour le côté muscles et beaux gosses. Que du lourd donc.

Niveau scénario, le film promet là aussi du lourd. L’histoire, riche en rebondissements, rappelle les plus belles heures de la Shaw Brother et plus particulièrement du cinéma de Chu Yuan. Donc, l’histoire de Reign Of Assassins se déroule dans la Chine ancienne où plusieurs clans se mettent à la recherche de la dépouille d’un moine décédé des centaines d’années plus tôt. C’est finalement le clan de La Pierre Noire qui s’emparera du précieux sésame. Drizzle, un des membres les plus puissant du clan, s’enfuit en emportant une partie de la dépouille et décide de vivre une vie loin du crime. Mais ses anciens compagnons d’infortunes ne l’entendent pas de cette oreille. La bande-annonce préfigure d’un grand spectacle à l’ancienne, presque classique, même pour les familiers du cinéma chinois et HK d’époque. Su, parvient à mixer modernité et classicisme dans ce qui s’annonce comme un très grand spectacle riche en combat et en chorégraphie. Rien que l’idée d’imaginer tout cela projeté sur l’écran maousse du BIFFF me fait frétiller le bas ventre !

Le programme de demain

14h00

Phase 7

Réalisé par Nicolas Goldbart

Avec Daniel Hendler, Jazmin Stuart, Yayo Guridi

Hors compétition


16h00

It’s a wonderful afterlife

Réalisé par Gurinder Chadha

Avec Sanjeev Bhaskar, Steve Morphew, Steve Jones

Compétition européenne


18h00

Mirages

Réalisé par Talal Selhami

Avec Karim Saïdi, Omar Lotfi, Meryem Raoui

Compétition 7è parallèle


20h00

Reign of assassins

Réalisé par Chao-Bin Su, John Woo

Avec Michelle Yeoh, Woo-Sung Jung, Kelly Lin

Compétition internationale


22h00

Stake land

Réalisé par Jim Mickle

Avec Danielle Harris, Kelly McGillis, Connor Paolo

Compétition internationale


00h00

Tetsuo : the bullet man

Réalisé par Shinya Tsukamoto

Avec Eric Bossick, Akiko Monou, Yuko Nakamura

Compétition 7è parallèle

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