BIFFF 2011

Gazette du BIFFF 2011

11 avril, Jour 5

Compte-rendu de la journée

Après une éprouvante FANTASTIC NIGHT qui s’est tout de même terminée vers 10 heures du matin, ils étaient peu nombreux, les habitués, à se ruer en salles pour découvrir The Speak, un petit film indépendant américain. Et le moins que l’on puisse est que le caractère indie de cette production a été démontrée dès les premiers instants d’une bande que l’on peut aisément qualifier de zeddarde. Reprenant sans inventivité aucune les techniques et méthodes des trop nombreux documenteurs, le film plonge à pieds joints dans une inaction criante, tandis qu’Anthony Pierce parsème l’ensemble de quelques apparitions mollassonnes. Les méchants étant incarné par… des corbeaux, des briques et un ballon, l’hilarité n’a pas manqué de gagner l’assistance.

Il en a été tout autrement lors de la projection de Retribution, micro budget sud-africain, qui, pour le coup, constitue l’une des excellentes surprises de ce début de festival. Développant un climax mené d’habile manière et s’appuyant sur l’excellent Jeremy Crutchley, ultra-convaincant dans le rôle du méchant, le film s’avère haletant et, par moment, sadique. Une chose est certaine : la Compétition Thriller s’annonce bien plus serrée que prévu.

Tout comme celle du 7ème Parallèle, qui a prouvé, lors de la projection de l’ukrainien Rejection, qu’elle prenait de l’envergure chaque année. Débutant à la manière de Je suis une légende, le métrage de Vladimir Lert développe une intrigue plutôt captivante et mystérieuse qui connaît, heureusement, une solution tout à fait acceptable. Dès lors, hormis 10 dernières minutes aussi inutiles que mal exécutées, Rejection est une petite claque qui aura peut-être son importance en fin de festival.

Grand moment de la soirée (surtout pour notre Evil Seb qui trépignait depuis des heures en menaçant de souiller son caleçon), la projection de Detective a, comme prévu, été synonyme de véritable renaissance pour Tsui Hark, qui, ces dernières années, nous avait habitué à des œuvres beaucoup moins pleines. Assez mou dans son entame, Detective Dee s’avère en définitive être un ensemble d’excellente qualité, empli d’action et aux décors exceptionnels.

Tout l’inverse de Mutants bien entendu, qui, sorti depuis bien longtemps en DVD dans notre plat pays, a simplement provoqué railleries et quolibets dans le public. Pompeux à mort, le métrage de David Morley sombre totalement dès les premiers instants et ne sort jamais la tête de l’eau.

Séance de minuit attendue par tous les biffeurs, la projection de Ferozz tint ses promesses… du moins au niveau ambiance, car, soyons clair, le film en lui-même est très mauvais. Mais, fatigués par ce début intense de festival, sans doute un peu imbibés de Trolls et surexcités grâce à une scène particulièrement dégoutante (la seule du film d’ailleurs), les spectateurs ont mis une certaine ambiance malgré le départ très rapide d’une bonne partie de l’assistance.


Animations

John Landis n’avait plus réalisé de long-métrage pour le cinéma depuis Susan a un plan (Susan’s Plan, 1998), partageant l’essentiel de ses activités entre la télévision (le téléfilm The Kronenberg Chronicles, la série Enquêteur malgré lui, …), le documentaire (Slasher, Mr. Warmth : The Don Rickles Project) et les anthologies horrifiques : Masters of Horror (les inégaux Deer Woman & Family, recelant tout de même nombre de séquences mémorables) et la beaucoup moins permissive Fear itself (In Sickness and in Health).

Burke and Hare (hâtivement renommé en français Cadavres à la pelle) marque donc le grand retour de Landis au format long (après 12 ans d’absence…), adaptant la célèbre affaire criminelle des « Burke and Hare murders » (parfois appelés « West Port murders »), serial-killers sévissant au XVIIIème siècle à Edimbourg (Ecosse), où ils revendaient les corps de leurs victimes à un institut médical, permettant ainsi aux aspirants médecins de se faire la main…

Pour ce faire, John Landis, épaulé par les scénaristes Piers Ashworth et Nick Moorcroft, se réapproprie le fait divers crapoteux, nimbant le récit d’un humour noir « so british » (un aspect renforcé par la présence de Simon Pegg) et apparentant le tout à une farce macabre décalée, aux accents goguenards. Des attraits appuyés par un casting haut de gamme, qui voit se croiser Simon Pegg (la série Spaced, Shaun of the Dead, Hot Fuzz, le Star Trek de J.J. Abrams), Andy Serkis (la trilogie Lord of the Rings, 24 Hour Party People, The Prestige de Chris Nolan, Bienvenue au cottage), Tim « The Rocky Horror Picture Show » Curry, la belle Isla Fisher - potentiel sexy du film (Scooby-Doo, l’hilarant Serial noceurs, Hot Rod, Confessions d’une accro au shopping, en lequel toutes les nanas se reconnaissent), aux côtés des vétérans Tom Wilkinson (Raison et sentiments d’Ang Lee, L’ombre et la proie, In the Bedroom, The Full Monty, Batman Begins, …) et de l’icône Christopher Lee (qu’on ne présente plus). L’œil averti reconnaîtra aussi le grand Costa-Gavras, accompagné de son fils Romain (un des plus grands clippeurs français contemporains), pour une apparition mémorable.

Toutes les circonstances sont réunies pour que Burke & Hare soit un des événements de cette édition 2011 du BIFFF, qui orchestre aussi le « come-back » d’un autre grand maître du fantastique ; l’unique John Carpenter (avec le très attendu The Ward).


Animations

Les photos des invités (respectivement Alexandre Aja, Caterina Murino, Stéphane Debac et Eric Valette, des body et face paintings et de quelques zombies par Raymond Widawski


Reviews des chroniqueurs

The speak

Evil Seb : 1 étoile

Un film dans lequel les briques et pigeons sont méchants. Un twist…euh… formidable à la fin.

Mae-Nak : 0 étoile

Y’a rien à faire, après la FANTASTIC NIGHT, il fallait remettre les pieds sur terre. C’est bel et bien fait !

Damien : 0 étoile

Un paranormal activity avec encore moins de tension, fallait le faire !

Retribution

Mae-Nak : 3 étoiles

Un micro budget qui a non seulement de la gueule mais qui est de surcroit doté d’un sacré rythme. Une très bonne surprise.

Damien : 3 étoiles

Un brin léthargique, Retribution comporte néanmoins un climax déroutant, né de l’inertie silencieuse qui baigne l’ensemble.

Rejection

Evil Seb : 1 étoile

Ca commence fort bien… mais ça se termine comme un Bergman et, entre tout cela, 45 minutes de vide.

Damien : 3 étoiles

Obscur, intrigant, absurde, Rejection tire ensuite vers la comédie légère avant de dévoiler sa résolution, malheureusement beaucoup trop longue.

Detective Dee

Evil Seb : 4 étoiles

Film old school qui rappelle Zu. Un petit coup de mou au départ mais un bon film d’action. Mais pourquoi l’avoir projeté en VF ???

Sartana : 2 étoiles

Il était une fois, en Chine, c‘était bien… mais c’était il y a fort longtemps !

Vivadavidlynch : 3,5 étoiles

Plastiquement fabuleux, épique et enjolivé de fabuleux décors, le grand retour de Tsui Hark, avec un Andy Lau magistral. Malheureusement, c’est un brin poussif et sujet à de petits problèmes de rythme.

Damien : 2 étoiles

Spectaculaire, mais tellement convenu...

Mutants

Vivadavidlynch : 1 étoile

Le vide… Une étoile pour la prestation fiévreuse de Francis Renaud. Prétentieux et mal torché.

Evil Seb : 1 étoile

De bons maquillages mais c’est tout…

Mae-Nak : 0 étoile

Le néant est donc devenu prétentieux…

Ferroz wild riding hood

Mae-Nak : 0 étoile

Une projection épique qui n’est pas sans rappeler celle d’I’ll never die alone il y a deux ans… Hormis un toutou très serviable, il n’y a rien à sauver !

Damien : 1 étoile

Vive les chiots cubains !

Vivadavidlynch : 0 étoile

Au-delà de conditions de projection déplorables (une fois n’est pas coutume), Ferozz est horriblement mal torché, interprété par des acteurs affligeants de nullité et surtout totalement débandant… Jusqu’à la nausée (cf. cette séquence de zoophilie avec un jeune chiot)… Pour une péloche qui se voulait une relecture érotique (psychanalytique) du Petit Chaperon Rouge de Perrault, c’est ballot ! Dédié au grand Walerian Borowczyk, qui doit d’ailleurs s’en retourner dans sa tombe…

Le programme de demain

14h00

Luster

Réalisé par Adam Mason

Avec Tommy Flanagan, Billy Burke, Holly Valance

Hors compétition


16h00

Dark souls

Réalisé par César Ducasse, Mathieu Peteul

Avec Morten Ruda, Kyrre Haugen Sydness, Ida Elise Broch

Compétition européenne


18h00

Essential killing

Réalisé par Jerzy Skolimowski

Avec Vincent Gallo, Emmanuelle Seigner, David Price

Compétition Thriller


20h00

Burke and hare

Réalisé par John Landis

Avec Simon Pegg, Isla Fischer, Tim Curry

Hors compétition


22h00

Red nights

Réalisé par Julien Carbon, Laurent Courtiaud

Avec Frédérique Bel, Carrie Ng, Carole Brana

Compétition européenne


00h00

Siren

Réalisé par Andrew Hull

Avec Eoin Macken, Anna Skellern, Tereza Srbova

Hors compétition

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