BIFFF 2011

Gazette du BIFFF 2011

10 avril, Jour 4

Compte-rendu de la journée

Le jour que tout le monde attend dans le petit monde du fantastique : celui de la ZOMBIFFF Day’n Night et la traditionnelle FANTASTIC NIGHT s’est déroulé ce samedi 9 avril sur l’esplanade de Tour & Taxis. Au rendez-vous, que du beau monde, notamment des hordes de morts-vivants (près de 900 cette année) tous grimés pour foutre un souk monumental sur la Grand Place de Bruxelles mais aussi aller boire une bonne Cuvée des Trolls au déversoir de Manneken Pis, pour l’occasion rebaptisé Drakulen Pis.

L’ambiance était donc au rendez-vous, d’autant que le premier film projeté n’était autre que le dernier né de Jean-Jacques Rousseau, présenté en première mondiale. Et pour acclamer ce Karminsky-Grad, les fidèles et les nombreux figurants de JJR s’étaient déplacés en nombre pour acclamer la nouvelle œuvre du Cinéaste de l’Absurde. C’est dès lors dans une ambiance bon enfant avec un Rousseau survolté que s’est déroulée une séance curieusement pas trop chahutée.

Avec un Q&A tout aussi animé que le film de Rousseau en lui-même, le public s’est fait plus rare à la projection du Prowl de Patrik Syversen qui, hélas, peut se targuer d’être un échec cuisant pour le cinéaste. Différant totalement de l’excellent Manhunt, le film de commande américain du cinéaste norvégien tombe immédiatement dans l’oubli à la sortie de la séance, la faute à un montage outrageusement nerveux.
Le film suivant, The Snow Queen, subira le même sort à cause d’un caractère poétique et romantique bien trop exacerbé le rapprochant bien plus du drame que du film de genre. Ayant eu raison de votre humble serviteur au bout de 15 minutes (le cancer et l’amour, c’est décidément pas ma came), le métrage a été suivi par notre bien aimé rédac chef et une assistance pour le moins léthargique.

Celle-ci a eu l’occasion de se réveiller sur le coup de 18h avec Eaters, le très attendu film de zomblards italien produit par Uwe Boll. Si le bruit (on ne peut même pas parler de BO) redondant du métrage a permis aux spectateurs d’être tenus en haleine de bout en bout, c’est la déception qui était au rendez-vous.

Il en a été de même pour une partie du public avec La Proie, le retour d’Eric Valette dans le cinéma français. Doté d’un pitch prometteur et bientôt distribué dans les salles belges et françaises, le film montre rapidement ses lacunes, s’approchant plus d’une série télé de TF1 que d’une œuvre un tant soit peu novatrice. Avec des Soualem et Dupontel employés contre nature, La Proie se vautre rapidement dans un marasme assez incroyable.

Tout l’inverse des Yeux de Julia qui, de bout en bout, a su tenir le public en haleine, notamment grâce à la splendide Belen Rueda, une nouvelle fois extrêmement convaincante. Esthétiquement très abouti et doté d’un climax d’enfer, Julia’s Eyes est sans doute l’une des meilleures œuvres de ce BIFFF 2011 et l’un des favoris de la compétition Méliès.

Ensuite, avec 1h30 de retard, la Fantastic NIGHT a débuté avec Mother’s Day dans une ambiance survoltée. Malheureusement, la maladresse du final de l’œuvre vint presque à bout de cet enthousiasme pourtant bien réel. Excellent dans sa première partie, le film semble ensuite se chercher et la caméra de Bousman se met à virevolter sans raison vraiment apparente.

Tout l’inverse du posé Bedevilled, film n’ayant pas réellement sa place dans une FANTASTIC NIGHT mais hautement appréciable et doté d’un esthétisme et d’une poésie de tous les instants. Dès lors, si les réactions du public n’ont pas été en adéquation avec la qualité du spectacle offert (le public, à cette heure-là, réclame plutôt tripes et boyaux), le métrage justifie néanmoins ses récentes récompenses à Gerardmer.

Reviews des chroniqueurs

Karminsky-Grad

Vivadavidlynch – NC

Impossible d’envisager le dernier forfait pelliculé de JJR de manière classique, via notre tableau de cotation habituel… Un condensé des thèmes et obsessions récurrentes issus du cerveau de ce doux dingue de Rousseau (qui était d’ailleurs en forme olympique !). De la pure, de la pas coupée. Avec entre autres réjouissances, l’émergence de deux futurs talents de l’acting à la belge (Damien Taymans & Quentin Meignant) et Maxime Pasque en sosie confondant de Demis Roussos !

Mae-Nak – NC

Un des meilleurs films de JJR, néanmoins difficile à appréhender.

Damien : NC

Modèle d’un surréalisme n’ayant plus cours que dans Courcelles et ses alentours, Karminsky-Grad doit être pris pour ce qu’il est : une modeste production, extrêmement fauchée, conçue par l’une des figures les plus singulières du cinéma belge.

Prowl

Damien : 1 étoile

Sans la moindre originalité, le script de Tim Tori (Trespassers) déroule une histoire ultra-convenue, flanquée de personnages aussi épais qu’une serviette hygiénique Alldays et de rebondissements jamais surprenants. Reste de ce Prowl une bisserie jamais dépaysante (la campagne bulgare se transforme en bled amerloque, les djeunz bourrés jusqu’à l’os entament un strip-poker à l’arrière du bahut avant de se faire décimer par des créatures surgissant de l’ombre) qui enquille les clichés et ne tire même pas profit de son retournement final, seul élément un brin convaincant.

Hellrick : 2 étoiles

Très convenu, rempli d’idées de scénario qui auraient pu apporter un petit plus mais ne sont jamais exploitées (les principes de sécurité des teenagers), filmé de manière insupportablement hystérique à la moindre scène d’action et se terminant par un twist enchainé à un climax bâclé, le film se laisse toutefois regarder sans déplaisir mais s’oublie aussitôt.

Vivadavidlynch : 2 étoiles

Syversen s’attaque au mythe vampirique de façon ultra classique, loin de renouveler le genre, via une belle galerie de teenagers “têtes à claques”. La majorité du casting est fade à mourir et Prowl nous assène en sus un twist faisandé… Si on rajoute une fâcheuse tendance au surdécoupage, montage/mouvements de caméra épileptiques et à plonger l’action (+ les créatures) dans l’obscurité, on tient un gagnant ! Pas honteux, mais ronronnant…

The snow queen

Hellrick : 1 étoile

L’obligatoire pensuum artistique du festival, vraiment pas à sa place...C’est long, c’est pelant mais au moins c’est joli...

Eaters

Hellrick : 0 étoile

L’intérêt, en 2011, de refaire les films de Bruno Mattei en moins drôle, en moins bon et en moins gore reste à démontrer. Une grosse déception au scénario confondant de nullité, c’est simple il ne se passe rien dans cette rencontre ultra Z entre Day of the Dead et Virus Cannibale

Winslow Leach : 0 étoile

Pas vu les 20 dernières minutes mais il n’y avait déjà pas grand chose à voir avant de toute façon !

Mae-Nak – 0 étoile

Sans doute l’une des plus grosses déceptions du festival. Un clip hardcore d’1h30 sans aucun intérêt.

Vivadavidlynch : 1 étoile et demi

Une des déceptions de ce début de festival. Pour le grand retour du “zombie flick” rital, on s’attendait à un grand bol de fun et on s’est finalement retrouvés face à un produit “clippesque”, où il ne se passe strictement rien… C’est tout de même rageant de subir un film de zomblards à l’action anémique, alors que les (beaux) make-up SFX et le charisme des deux interprètes principaux portaient le projet vers le haut…

La proie

Hellrick : 3 étoiles

Un thriller bien emballé, rythmé et avec des acteurs convaincants. Pas toujours très crédibles dans son déroulement mais plaisant et efficace, on n’en demande pas plus.

Winslow Leach : 2 étoiles et demi

Malgré quelques incohérences scénaristiques, la mise en scène de Valette finit par nous emporter dans ce thriller français à l’américaine saupoudré de sauce bolognese. Et puis Dupontel est parfait, comme toujours.

Mae-Nak 1 étoile

Thriller peu convaincant moins palpitant qu’un épisode de Julie Lescaut. Valette utilise Dupontel et Soualem à contre-emploi, c’est très très moyen…

Vivadavidlynch : 3 étoiles

Eric Valette fait preuve d’une maîtrise formelle sidérante et d’un “souffle” rare dans les polars/thrillers à la française, emballant La proie à l’américaine, amples mouvements de grue à l’appui. Néanmoins, le scénario accumule les invraisemblances et se révèle bien “creux” en regard de tant d’affèteries formelles… Des défauts flagrants, légèrement rattrapés par l’investissement d’un Albert Dupontel des grands jours (musculeux, minéral) et de Stéphane Debac, glaçant dans le rôle du prédateur sexuel Maurel. Du divertissement haut de gamme, qui pêche de par son scénario faiblard…

Julia’s eyes

Mae Nak : 4 étoiles

Le génie ibère fait une nouvelle fois des merveilles avec cette bande rythmée et esthétiquement aboutie.

Vivadavidlynch : 3 étoiles

Thriller ibérique très balisé, convenu, (trop) long et qui souffre de la comparaison avec ses glorieux ainés (les films d’Amenabar 1ère époque et de Jaume Balaguero, El orfanato, …). On commence à connaître la recette… Julia’s eyes n’aurait strictement aucun intérêt sans l’interprétation subtile de la divine Belen Rueda (qui lui vaut ses 3 étoiles). Cela dit, ça reste très propre techniquement (sans prises de risque).

Mother’s day

Mae Nak : 2 étoiles

Bon sang que c’est long quand on ne parvient pas à terminer ses films et trouver une conclusion valable à un film empli d’action.

Vivadavidlynch : 2 étoiles et demi

Mother’s day fonctionne parfaitement dans le cadre de la Fantastic Night, mais cela reste plutôt anodin et attendu. Petite série B sans prétention (manquant sérieusement d’idées originales et de nudité), où surnage Rebecca “Risky Business” De Mornay.

Bedevilled

Vivadavidlynch : 4 étoiles et demi

Malgré une projection torpillée par les spectateurs de la Night (le film n’y avait définitivement pas sa place), le récent Grand Prix de Gérardmer est une œuvre éprouvante, voyage sans rémission parmi les plus bas instincts de l’âme humaine, où se déchaîne un tourbillon de violence cathartique et incontrôlée. Aussi un des grands chocs esthétiques de ce début de BIFFF, qui ne se laisse pas apprivoiser facilement et récompensera le spectateur qui lache prise, s’immergeant totalement dans son univers étouffant...

Mae Nak : 2 étoiles

Une réussite esthétique probante et une poésie de presque tous les instants. Malheureusement, c’est un peu longuet.

Keepsake

Sartana : 0 étoile

Saw sans les pièges et le Jigsaw. Circulez, y a rien à voir !

The reef

Hellrick : 2 étoiles

Open Water rencontre Black Water dans ce suspense très longuet en dépit d’une durée restreinte. Des acteurs concernés, quelques frissons mais rien de vraiment palpitant...le film se laisse toutefois regarder sans trop d’ennui mais demeure franchement décevant

A ne pas rater !

Super

Par : Mae-Nak

Véritable touche-à-tout en matière de cinéma, James Gunn s’est déjà intéressé à de multiples genres au cours de sa jeune carrière. Marquant les esprits dans le domaine de l’horreur avec le savoureux Horribilis, aka Slither, le cinéaste issu de l’écurie Troma (pour qui il travailla notamment sur l’excellent Tromeo & Juliet) s’intéressa ensuite à la pornographie par le biais de la série parodique web PG Porn. Histoire de revenir sur le devant de la scène avec un long-métrage, Gunn a décidé de voguer vers l’univers des super-héros avec une nouvelle parodie sobrement intitulée Super.

Le métrage suit Frank d’Arbo, un homme ordinaire qui deviendra un justicier masqué lorsque sa femme le quittera pour un revendeur de drogue charismatique nommé Jacques.Assemblant son propre costume et s’armant d’une clé anglaise, Frank deviendra The Crimson Bolt (le boulon rouge) et s’attaquera aux criminels, qu’ils soient voleurs, vendeurs de drogue ou pédophiles. Avec l’aide de Libby / Boltie, une fan de BD très enthousiaste, Frank mènera maladroitement et violemment sa vendetta contre le crime.

Présenté en première mondiale lors du Festival de Toronto et acclamé lors de sa projection à Turin, Super est d’ores et déjà encensé par la critique et pourrait constituer l’une des œuvres les plus marquantes d’un domaine pourtant surexploité par les gros producteurs américains et dominé par la Marvel. Le génie de James Gunn en tant que scénariste (on lui doit notamment un travail plus qu’efficace sur L’armée des Morts) devrait donc faire mouche et pourrait rappeler celui d’un certain Matthew Vaughn sur Kick-Ass, acclamé l’an dernier dans les travées bruxelloises.

Pouvant de plus compter sur un casting tout bonnement incroyable, preuve que son aura va grandissant à Hollywood, James Gunn pourra s’appuyer sur une brochette d’artistes tous plus géniaux les uns que les autres : Rainn Wilson, qui incarnera Frank d’Arbo, Ellen Page, qui endossera le rôle de Boltie, Kevin Bacon, transformé pour l’occasion en revendeur de drogue, ou encore Liv Tyler, autant de grands noms du cinéma contemporains prêts à en découdre dans une action qui se voudra volontairement échevelée.

Entiché de Lloyd Kaufman, patron de Troma et grand habitué des caméos savoureux, qui, pour l’occasion, incarne 911 Man, ce casting de folie devrait permettre à l’œuvre de squatter les premières places du box-office américain en ce mois d’avril qui verra sans aucun doute Super asseoir définitivement la réputation d’un des cinéastes les plus doués de sa génération.

Le programme de demain

14h00

Rammbock

Réalisé par Marvin Kren

Avec Michael Fuith, Anka Graczy, Theo Trebs

Hors compétition


16h00

Strayed

Réalisé par Akan Satayev

Avec Tyngishbay Al-Tarazi, Andrey Merzlikin

Compétition internationale


18h00

One day

Réalisé par Chi-Jan Hou

Avec Bryan Shu-Hao Chang, Nikki Hsin-Ying Hsieh, Gwen Yao

Compétition 7è parallèle


20h00

Super

Réalisé par James Gunn

Avec Rainn Wilson, Ellen Page, Kevin Bacon

Hors compétition


22h00

13 assassins

Réalisé par Takashi Miike

Avec Koji Yakusho, Takayuki Yamada, Yusuke Iseya

Hors compétition


00h00

Prey

Réalisé par Antoine Blossier

Avec Bérénice Bejo, Grégoire Colin, François Levantal

Compétition européenne

Image du jour

Récentes critiques

affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016