Critique de film

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Gangs of Wasseypur - Part 1

"Gangs of Wasseypur"
affiche du film

Wasseypur, Inde. La ville voit s'affronter trois générations de gangsters, héritiers de deux clans. Celui de Shahid Khan, qui le premier se lança dans le pillage de trains britanniques, contre celui de Ramadhir Singh, au pouvoir sans partage sur la région. Devenu paria, Shahid Khan est contraint de travailler dans la mine de son pire ennemi. Sardar Khan, fils de Shahid et coureur de jupon invétéré, a juré de rétablir l'honneur de son père en devenant l'homme le plus redouté de Wasseypur.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Gangs of Wasseypur - Slumdogs Millionnaire
Par : Seb Lecocq

On a tous tout un tas d’images d’Epinal qui nous viennent à l’esprit sans crier gare lorsqu’on évoque le cinéma indien. Danses, chansons, chorégraphies, extravagances, durée fleuve, mélodrame, naïveté, kitscheries, costumes chatoyants, Sharukh Khan et Aishwarya Rai. Entre autres. J’aime parler de « cinéma total » pour qualifier le cinéma indien. Et bien, un jeune réalisateur de 39 ans, au passif déjà bien chargé, Anurag Kashyap s’est mis en tête d’envoyer bouler tout ça et de présenter une autre des facettes, beaucoup plus méconnue, du cinéma de son pays. Car on le sait peu mais l’Inde possède une grande tradition du cinéma d’action et du polar. Toujours « à l’indienne » certes mais malgré tout le public local en est friand. En Occident, on a pu apercevoir ce côté sombre via le classique des classiques Sholay ou le plus récent Shakti – The Power. Le réalisateur de Gangs Of Wasseypur n’est pas un inconnu et s’est taillé une réputation de franc tireur, chef de file d’une nouvelle vague de jeunes réalisateurs locaux biberonnés aux cinémas américain, hongkongais et coréen. Kashyap, puisque c’est de lui qu’il s’agit s’est distingué en signant les films Paanch, censuré en Onde en raison de sa violence, et Black Friday basé sur les attentats dont fut victime Bombay en 1993. On est bien loin des mariages arrangés et autres amours impossibles même s’il en est aussi question dans Gangs Of Wasseypur.

Le film, diffusé en 2 parties, prend le pari de raconter, via la destinée de quelques personnages se débattant dans une ville minière, Wasseypur, plus de 70 ans de l’histoire de l’Inde. De 1941 à aujourd’hui. En 1941, Sahidd Kahn, bandit romantique au grand cœur, héros du peuple et détrousseur de trains anglais, s’attire les foudres de Ramadhir Singh, despote local. Devenu un riche propriétaire de plusieurs mines de charbon suite à l’indépendance du pays quelques années plus tard, il engage puis fait assassiner Sahidd Kahn. Échappant au massacre, son jeune file Sardar Khan crie vengeance et s’est juré de provoquer la perte de Singh devenu entre temps un des plus grands chefs maffieux de la région. Le cycle infernal de la vengeance est en marche.

Une des grandes forces du film est de parvenir à mêler petites histoires et histoire avec un grand « H ». Le destin des personnages principaux est étroitement lié aux circonvolutions historiques d’un pays en pleine maturation. Chaque fait historique, chaque décision de politique nationale ou régionale aura un impact sur l’histoire locale. Afin de respecter scrupuleusement la véracité des faits, le réalisateur s’est adjoint les services d’un scénariste natif de la ville de Wasseypur. Scénaristiquement, le film est riche, complexe mais jamais nébuleux même s’il faut s’accrocher durant une première demi-heure nous présentant tout un tas de personnages, d’interactions entre eux, de lieux et d’événements marquants. Passé cet écueil, tout est clair et on peut vraiment vivre le film et s’impliquer dans cette histoire aux nombreuses ramifications mais qui s’avère finalement assez classique. On est dans la chronique maffieuse pure et simple comme l’ont définie Coppola et Scorsese même si, dans Gangs Of Wasseypur, la famille tient un rôle prépondérant et se trouve au centre de pratiquement tous les conflits. Pas de doute, il y a aussi du James Gray là-dedans. Gangs Of Wasseypur aborde aussi la thématique des conflits religieux entre majorité hindoue et minorité musulmane. La religion a aussi son importance à Wasseypur, tout autant que la politique.

Dans la forme, le film de Kashyap n’a pas non plus à rougir de ses modèles. On est plongés directement dans le bain via une scène d’action en plans-séquences des plus réussie. Ironiquement, le réalisateur choisit d’ouvrir son film sur un poste de télévision diffusant un film typique du cinéma local avant de dynamiter tout ça via un commando venu dégommer un certain Faizal Khan à coup de kalachnikov et de bazooka. Une façon pour lui de montrer qu’on n’est pas là pour déconner. Kashyap s’inspire bien évidemment du cinéma américain dans sa mise en scène, son montage et sa photographie. Le film est sombre, relativement violent et riche en moments de bravoure. Le réalisateur ne filme aucune scène de danse digne de ce nom mais utilise, sous forme de chœur antique, quelques chansons venant illustrer ou expliciter les intrigues présentes à l’image. Au niveau mise en scène pure, l’influence est clairement américaine même si, on ne se refait pas, le film comporte quelques sous-intrigues typiquement indiennes (mariages arrangés, conflits familiaux,…), des passages mélodramatiques et quelques ruptures de ton assez déconcertantes pour le spectateur novice (un humour parfois un peu gras ou gentiment absurde).

Durant près de trois heures (cette première partie dure deux heures quarante), on suit l’escalade de la violence entre plusieurs familles, l’ascension de plusieurs protagonistes, la mue d’un pays, le désir de vengeance qui se creuse, les familles qui s’agrandissent et, au milieu de tout ça, il y a l’escalade de la violence. On commence par se battre à coups de pierre, on finit par se tirer dessus à coup de lance-missiles. Mais heureusement, à Wasseypur, existe aussi une place pour l’amour. Des femmes, de sa famille. Et du pouvoir.
La deuxième partie du film est prévue en salles pour la toute fin d’année.


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