Critique de film

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Frayeurs

"Paura nella citta dei morti viventi"
affiche du film

Annonciateurs de sombres évènements, d’étranges phénomènes se produisent à Dunwich après le suicide d’un prêtre.

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Trailer - Frayeurs (1980)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Frayeurs - Quand Fulci rencontre Lovecraft
Par : Chroniqueurs
Tags : Lovecraft

Par Frank Black

Frayeurs est le deuxiéme opus de la série des morts vivants, tourné après L’enfer des zombies et avant L’au delà. Dans la droite lignée du premier, Fulci signe un poème macabre et terrifiant sur le thème des zombies.
Cependant, le fond du film diffère sensiblement de L’enfer des zombies. En effet, le scénario se démarque du mythe vaudou pour s’approcher davantage du fantastique lovecraftien. Fulci multiplie ainsi les références pour rendre hommage à cet immense écrivain. Ainsi, la ville de la nouvelle Angleterre où se déroule les évènements se nomme Dunwich, bien connue des amateurs du maître de Providence. Aussi, la composition du groupe de personnages principaux réunissant une médium, un reporter et une psychologue rappelle immanquablement les équipes d’investigateurs chères à Lovecraft.

Tout ceci ne serait que des clins d’oeil pour aficionados si Fulci empruntait le même chemin que George Romero. Or, ses zombies à lui ne reviennent pas d’entre les morts parce qu’il n’y a plus de place en enfer, mais parce qu’ils refusent d’y rester. Et au vu des stigmates qu’ils portent suite à leur bref passage en bas, ça se comprend. La thématique des forces surnaturelles sur Terre trouve alors pleinement sa place dans un récit d’une morbidité assumée, où les cadavres réanimés reviennent hanter et massacrer les vivants. En faisant de cette porte des enfers un passage entre la dimension (comprendre monde parallèle) des morts et des vivants, Fulci fait d’une pierre deux coups : il inscrit définitivement son film dans la mythologie lovecraftienne, tout en s’éloignant de l’archétype du zombi, tel qu’il fut dépeint à l’époque. Il n’en oublie pas pour autant certaines constantes de son cinéma, comme la place peu envieuse de la religion dans son oeuvre (ici, les évènements sont déclenchés par le suicide d’un prêtre, le père Thomas, les victimes pleurent des larmes de sang).

Mais Fulci ne serait pas Fulci s’il ne faisait pas dans la démesure. Frayeurs offre de purs moments d’angoisse, avec effets gore et visqueux à souhait. Alliés à la dimension métaphysique du récit, leur impact est garanti. Les perles en la matière sont sans conteste la séquence réaliste ou Bob se fait percer la tête avec une foreuse, et celle, vomitive, ou une demoiselle régurgite ses boyaux devant son fiancé médusé. Parfois gratuites mais sans réellement sortir de la trame scénaristique du film, elles demeurent aujourd’hui encore impressionnantes. Le réalisateur livre bien d’autres séquences aux allures de poésie macabres, comme celle de la (trop) courte scène où l’enfant est poursuivi par les revenants, ou ce superbe dénouement dans le caveau du prêtre. Même les compositions de Fabio Frizzi sont à la hauteur, bien loin des insupportables exagérations de synthétiseurs que l’on retrouvera ultérieurement dans ce type de cinéma.
Pourtant, le film n’évite pas les quelques écueils propres au genre, comme le jeu des acteurs assez bas de plafond ou certains dialogues involontairement comiques (comme le commissaire effaré devant une flaque de sang et quelques asticots qui souffle : "c’est effrayant, ça dépasse notre imagination.")

Armé d’un scénario au-dessus de la moyenne pour l’époque, Fulci livre un classique du cinéma d’horreur, qui a acquis avec le temps le statut de film culte, sans pour autant accèder à celui de chef d’oeuvre, la faute à une direction d’acteurs médiocre. Mais au delà de ce constat, le film propose la rencontre entre deux maîtres du fantastique horrifique : Lucio Fulci et H.P Lovecraft. Alors, amateurs de l’indicible horreur, ne boudez pas votre plaisir et allez ouvrir la porte des enfers !


Critique de Frayeurs - Des frayeurs savamment distillées...
Par : Damien Taymans

Un an après son fameux Enfer des zombies, Lucio Fulci revient aux commandes du film de zombies pour nous livrer sa propre vision des morts-vivants grâce à Frayeurs. Une vision nouvelle et personnelle qui se rattache autant à d’illustres auteurs qu’elle ne se détache de la branche romérienne à la mode. Car, pour Fulci, les zombies ne sont que les dignes représentants de l’enfer, assemblages immondes de leur ancien corps et de la putréfaction mortuaire, véritables créatures répugnantes qui déambulent davantage à la recherche d’âmes que de cervelle.

Fidèle à son habitude, le réalisateur intègre directement une ambiance particulière à son métrage et ce, dès la première scène. Symbole d’une religion vacillante incapable d’expliquer certains phénomènes, déclencheuse de l’apocalypse toute proche, tout commence par le suicide d’un prêtre dans un cimetière qui va permettre aux portes de l’enfer de s’ouvrir pour libérer des âmes damnées. En parallèle, nous suivons cette même vision faite lors d’une séance de spiritisme, parallèle ingénieux qui permettra de suivre simultanément l’action dans deux endroits distincts (New York et Dunwich), permettant de creuser le nerf de l’enquête qui suivra. Mais, à force d’effectuer des va-et-vient incessants, le réalisateur ne peut s’empêcher de se montrer confus dans sa mise en scène et de perdre ses spectateurs. Un savoir-faire qui montre toutes ses limites d’autant que Fulci se plaît à multiplier les points de vue pour donner plus de consistance à son scénar mais, dans le même temps, il épaissit trop peu chacune de ces strates et ne livre que des épisodes lacunaires.

Hormis cette erreur de construction et quelques moments tirés en longueur, le film ne souffre d’aucun défaut et fait même montre d’une indéniable qualité artistique. Mêlant savoureusement photographie sublime et séquences crades, faisant coexister beauté et putréfaction, Fulci parvient à sublimer son œuvre en même temps que cette dernière dégoûte par le réalisme de ces émulsions sanguines. Une femme crachant ses boyaux devant son petit ami, des apparitions multiples de la part des créatures hideuses, le tour est joué pour susciter l’effroi. Bien loin de s’arrêter à ces seules données macabres, le réalisateur instaure un climat pétrifiant dès le début de son œuvre et parvient à créer une ambiance étouffante, anxiogène à renfort d’obscurité, de brouillard, de sang et de lieux morbides. Car le film, une fois rentré dans cet univers funèbre, ne le quittera plus et toutes les actions des personnages se dérouleront dans des lieux obscurs et ténébreux comme le cimetière, la salle d’embaumement, la morgue, … Cette dimension renforcée par la musique magnifique de Fabio Frizzi (qui opérera également sur L’enfer des zombies) qui signe un chef-d’œuvre acoustique lors de la dernière scène où il constitue à lui seul une marche funèbre du meilleur acabit.

Réussite majeure de la part de Lucio Fulci qui s’avère annonciatrice du magnifique L’Au-delà qui suivra un an après…

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