Critique de film

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Frankenhooker

"Frankenhooker"
affiche du film

Pour ressusciter sa fiancée déchiquetée par une tondeuse à gazon, Jeffrey Franken, un jeune scientifique bien azimuté, procède à la plus macabre des reconstitutions chirurgicales. Il récupère les abats et organes des prostituées qu’il assassine pour reconstruire le corps de la défunte autour de sa tête récupérée lors du drame. Opération délicate qui se solde par la naissance d’une créature incontrôlable avide de sexe et de sang…

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Trailer - Frankenhooker (1990)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Frankenhooker - La prostituée de Frankenstein
Par : Samuel Tubez
Tags : Comédie, Savant fou, Trash, Frankenstein

Entre Basket case 2 et 3, Frank Henenlotter s’attaquait en 1990 au célèbre mythe de Frankenstein en se penchant du côté de sa célèbre fiancée, ici constituée de morceaux de prostituées défoncées au crack ! Depuis ce Frankenhooker (traduisez littéralement « Frankenpute »), Mary Shelley n’a pas cessé de se retourner dans sa tombe !

Après Basket case et Brain Damage, Frank Henenlotter marque une fois de plus les annales du cinoche fantastique avec un sujet aussi déjanté que subversif. Transformant une gentille garden party en bain de sang dès son ouverture, le réalisateur ne cessera durant le long métrage de plonger de plus en plus dans le trash et le loufoque. Le héros, Jeffrey Franken (!), ayant perdu toute notion du bien et du mal suite au décès de sa dulcinée Elizabeth Shelley (!!), va basculer dans l’univers underground de sa ville (juste par-delà le pont qui sépare les beaux quartiers de ceux mal famés) et ainsi définitivement en faire partie (voir la transformation finale). Dès lors, la drogue, les prostituées et les macs ne cesseront d’envahir l’écran, jusqu’à littéralement nous exploser à la face ! Il faut voir cette scène où les péripatéticiennes, complètement défoncées au crack spécial de Jeffrey, explosent dans la chambre d’un hôtel complètement miteux pour le croire ! Frankenhooker, c’est comme cela tout du long, un film fou voguant constamment entre comédie et horreur. Appuyé par des environnements naturels (la 42ème rue, ses magasins, ses Sex shops et son ambiance glauque à souhait !) ou factices (le labo du jeune savant) du plus bel effet ainsi que par des maquillages rocambolesques signés Gabe Bartalos (Brain Damage, Leprechaun), le spectacle est volontairement moins grave et donc plus délirant que sur les précédentes œuvres d’Henenlotter. Néanmoins, le cynisme ambiant est toujours bel et bien présent et le réal n’hésite jamais au passage à régler ses comptes avec une Amérique trop clean (la scène d’introduction en étant l’exemple le plus flagrant, mais aussi ses plongées effroyables dans les recoins les plus sombres où l’on baise et se défonce au crack). Une récréation joliment trash et totalement réjouissante donc, pour le réalisateur issu de l’underground new-yorkais qui réalisait à l’époque son film le plus aisé, financièrement parlant. Depuis, Henenlotter n’a plus retrouvé de telles conditions et a amèrement accouché d’un Basket case 3 pitoyable. Mais son come-back avec l’audacieux Sex addict est là pour nous prouver que le réal possède toujours une verve provocatrice des plus tranchantes.

Le roi du gore underground se lâche dans ce délire loufoque rendant un hommage on ne peut plus déviant au mythe créé par Mary Shelley. Baignant dans le mauvais goût et la bouffonnerie assumée, Frankenhooker est une de ces bandes rares appartenant à son époque qu’il faut réhabiliter d’urgence, sous peine de passer à côté de ce qui se faisait de mieux quand les vrais auteurs de bis underground avaient encore droit de cité au sein du genre qui nous intéresse ici.


Critique de Frankenhooker - LA créature d’Henenlotter
Par : Quentin Meignant
Tags : Monstres, Comédie

1990 fut l’année la plus intéressante de la filmographie du fort peu prolifique mais très talentueux Frank Henenlotter. En effet, le cinéaste, souvent peu servi en budgets, eut l’occasion d’offrir en cette même année une suite à son fameux Frères de Sang, aka Basket Case, mais aussi, et surtout, l’œuvre phare de sa carrière, Frankenhooker. Réputé comme l’un des réals les plus trashes de sa génération, Henenlotter offre avec ce métrage un film curieux au pitch pour le moins démentiel, s’inspirant largement du mythe de Frankenstein. C’est ainsi que l’on retrouve Jeffrey Franken, jeune savant fou de son état, qui fait des recherches sur le cerveau humain et sur les connexions nerveuses. Lors de l’anniversaire de sa fiancée, la tondeuse automatique qu’il a fabriquée se met malencontreusement en route et réduit sa tendre et chère en charpie. Ne parvenant pas à se remettre du décès de celle-ci, Jeffrey tente de lui redonner vie grâce à la tête qu’il a précieusement gardée. Les prostituées de la grande ville serviront à fabriquer le corps parfait de la nouvelle Elizabeth.

Si l’aspect fauché arboré d’emblée offre à Frankenhooker une sympathie hors du commun rappelant des œuvres jubilatoires telles que Bad Taste, Henenlotter s’engage dès l’entame à rendre au mieux le délire vivant qu’est son héros. Ce dernier triturant un cerveau sanguinolent dans le but de faire bouger un œil, le métrage verse directement, et avec bonheur, dans le thème du savant-fou. Contrairement à la plupart des films mettant en scène ce type de personnages, l’œuvre d’Henenlotter parvient à démontrer la dangerosité d’un tel individu tout en lui conférant un caractère de sympathique paumé.

Faisant directement référence au mythe de Frankenstein (jusque dans le nom de l’héroïne/créature, Elizabeth Shelley), Frankenhooker s’avère être un hommage assez irrévérencieux que pour se montrer percutant. Dès lors, la promenade du héros dans les bas quartiers d’une grande ville fait en grande partie oublier les problèmes directement liés au budget. Ceux-ci se traduisent notamment par l’entremise d’effets spéciaux particulièrement bâclés et ringards, se limitant à l’explosion de quelques mannequins là où des make-up FX apposés à de vraies actrices eurent été idéaux. Qu’à cela ne tienne, conscient du manque de moyens, Henenlotter mise tout sur le délire et donne naissance à une créature d’un laideur et d’une vulgarité incroyables. Dès lors, les problèmes techniques font place à des séquences hilarantes qui, de bout en bout, mettent à l’honneur un humour grinçant et un brin grivois.

Jamais en manque de bons mots, Frankenhooker demeure à l’heure actuelle l’une des œuvres comico-trashes les plus réussies. Avec un budget plus important, Henenlotter aurait sans doute pu monter un spectacle d’une toute autre facture mais il parvient néanmoins à tirer du manque de moyen un allié important qui rend son œuvre instantanément culte.


Critique de Frankenhooker - Putain de bon film
Par : Seb Brunclair

Jeffrey Franken est désespéré. Sa dulcinée, Elizabeth Shelley, est passée de vie à trépas à la suite d’un terrible accident de tondeuse à gazon survenu durant une fête d’anniversaire. Bien décidé à retrouver l’amour de sa vie, il s’improvise savant fou et entreprend de la reconstruire à l’aide de la tête de la pauvre jeune fille, prélevée sur son cadavre. En manque de pièces détachées nécessaires à l’accomplissement de son puzzle morbide, le brave Jeffrey rassemble ses petites économies et, armé d’un "super crack" aux effets explosifs, s’en va dans les tréfonds de New York récolter quelques morceaux bien choisis auprès de filles de joie…

Hommage déjanté et direct (il suffit de jeter un œil aux noms des héros du film) au mythe de Frankenstein, Frankenhooker est l’œuvre de Frank Henenlotter, célèbre pour sa trilogie Basket Case. Fidèle à ses habitudes, le cinéaste mêle le cinéma d’exploitation et l’humour, qui prend une place considérable dans le film. En effet, la violence est systématiquement dédramatisée par une avalanche d’idées grotesques et furieusement drôles, les explosions provoquées par le « super crack » en tête (à ce titre, la scène où Jeffrey joue au docteur avec des prostituées dans une chambre d’hôtel restera longtemps gravée dans les esprits).

Aussi étonnant que cela puisse paraître étant donné le concept du film et le passif du réalisateur, le gore est globalement absent de Frankenhooker, achevant de donner aux scènes de violence un aspect cartoonesque et bon enfant accentuant toujours un peu plus la volonté de proposer une vraie comédie, où l’horreur ne joue qu’un rôle secondaire. Bien aidé par les épatants maquillages (à la fois cheap, de mauvais goût et parfaitement dans le ton) de Gabriel Bartalos, collaborateur régulier du cinéaste ayant œuvré entre autres sur Brain Damage et sur Basket Case 2 (sorti la même année que Frankenhooker), Henenlotter donne tout ce qu’il peut avec un budget assez réduit. En conséquence, il délaisse en grande partie le tournage en studio au profit des rues glauques de New York, donnant une grande partie de son charme au film.

Les acteurs, quant à eux, s’en donnent à cœur joie dans le cabotinage jamais pesant (mention spéciale à Patty Mullen, excellente en poupée de chair désarticulée) et la motivation de toute l’équipe, palpable et contagieuse, fait de Frankenhooker un film qui colle instantanément la banane, au rythme décollant progressivement pour se terminer sur un final d’anthologie culminant dans un dernier plan fabuleux.

Drôle, généreux et trash , Frankenhooker fait figure d’excellente comédie fantastique, qui donne envie de se plonger dans la filmographie, malheureusement très peu fournie (6 longs-métrages, si l’on excepte un documentaire sur Herschell Gordon Lewis), de ce grand malade qu’est Frank Henenlotter. Reviens, Frank, tu nous manques !

Commentaires sur le film

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2 etoiles

Avec le recul, le film a trop vieillit même si l’ensemble reste attachant.

31 août 2009 à 21:08 | Par Isokilla

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