Critique de film

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Forbidden Zone

"Forbidden Zone"
affiche du film

La famille Hercules s'installe dans sa nouvelle demeure californienne et decouvre dans la cave une porte qui donne acces a la sixieme dimension, un univers lubrique peuple de personnages complètement loufoques: un roi nain, une reine jalouse, des courtisanes en bikini et Satan en personne

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Trailer - Forbidden zone (1980)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Forbidden Zone - Bienvenue dans la 6ème Dimension !
Par : Romain Mollet
Tags : Musical

Quand on vous parle de Comédies Musicales, il vous vient généralement à l’esprit des chefs-d’oeuvre tels que Chantons sous la pluie, West Side Story ou encore High School Musical 3 (désolé, c’était plus fort que moi)... Et pourtant, l’oeuvre la plus originale, entrainante et terriblement décalée de ce (vaste) genre n’est autre que ce film encore trop méconnu de Richard Elfman. Certes, passaient peu de temps avant lui les tout aussi géniaux Phantom of the Paradise et The Rocky Horror Picture Show, mais Forbidden Zone possède quelque chose en plus, qui fait à la fois toute sa singularité et tout son charme : une touche de débrouillardise réellement hallucinante et un sens du... non-sens surdéveloppé.

Dans une Californie dessinée vit la petite famille Hercules, dont la demeure abriterait, parait-il, un monde dangereux où les "jolies filles sont torturées", et où Renée, un travesti, aurait disparu. Après avoir fuit son école (vous ne verrez plus jamais les cours comme avant !), la jeune "Frenchy" (Marie-Pascale Elfman, femme de l’époque du réalisateur) à l’accent français fort prononcé, décide, par curiosité, d’entrer dans ce monde surréaliste et prohibé qui se terre dans le grenier. Là-bas, elle découvrira un monde à la fois joyeux et pervers, peuplé d’étranges personnages, comme un Homme-Grenouille nommé "Froggy" (un vrai, hein !) ou encore deux huluberlus qui ne parlent que par onomatopées et autres sons étranges. Ce monde est régi par le Roi nain Fausto (le génial Hervé Villechaize, dont le rôle passerait presque pour un cliché au sein de cet univers fantastique... ceux qui connaissent Ca tourne à Manhattan comprendront parfaitement ce que j’entends par là) et sa femme tyrannique la Reine Doris (l’impressionnante Susan Tyrrell). D’abord prisonnière dans la cellule des préférées du Souverain, elle commence à attirer celui-ci de plus en plus, tandis que la Reine devient jalouse et se révèle prête à tout pour la descendre aussi vite qu’elle a débarqué dans son Royaume. Cependant, dans le monde "réel", ses frères Gramps (un ancien lutteur juif qui ne connait qu’une chose : cogner !), Flash (héroïnomane gaffeur et libidineux) et son ami Squeezit Henderson (frère jumeau du travesti prisonnier) partent à sa recherche.

Voilà pour le bref aperçu de ce qui vous attend s’il vous vient un jour la lubie de rentrer dans le monde étrange concocté par les Frères Elfman. Le culte suscité par ce film au fil des ans est dû à plusieurs de ses aspects marquants. Tout d’abord, le faible budget de cette production indépendante oblige un certain minimalisme dans les décors : ainsi tout le film, même l’extérieur et la Zone Interdite, n’est constitué que de décors expressionnistes en carton-pâte et de grands papiers modulés à volonté. Le résultat en ressort autant intriguant qu’efficace à l’écran, conférant au film un certain aspect théâtral, confirmé par le jeu parfois surjoué des acteurs. Et ce n’est pas un hasard, puisque Forbidden Zone est avant tout le film des Mystic Knights of the Oingo Boingo, orchestre dirigé par le metteur en scène et son petit frère, le grand Danny Elfman, tout jeune à l’époque. Avant même de passer derrière la caméra, ce groupuscule de mélomanes possédait déjà un grand sens de l’espace scénique, chacune de leur représentation relevant du spectacle-cabaret. D’ailleurs, hormis Villechaize, Tyrrell, les délirants Kipper Kids, Viva (égérie de Andy Wharol) et Joe "Maniac" Spinell (en père indigne), tous les personnages secondaires viennent de la troupe, Danny s’octroyant même le rôle de Satan en personne, poussant la chansonnette en reprenant le rythme endiablé de "Minnie the Moocher" de Cab Calloway, son idole. Au rythme d’une bande-son à la fois rock, jazzy et électronique, l’inventivité débordante de toute cette joyeuse troupe emmène le spectateur dans un véritable trip visuel, accentué notamment par les nombreuses séquences animées de John Muto, au style influencé par les cartoons à la Betty Boop tout en rappelant les animations des Monty Python, et qui relève du génie dans certaines scènes, comme le passage du monde réel à la Zone Interdite, symbolisé par un grand labyrinthe gastrique et mécanique (d’ailleurs, chaque nouvel arrivant semble sortir d’une porte-anus !), une hilarante explosion de centrale chimique, ou encore la transition inattendue du filmé à l’animé lors de la chanson "Witch’s Egg".

Mal accueilli par la critique à sa sortie, souvent accusé à tort de racisme (quelques personnages noirs sont joués par des blancs, comme à l’ancienne) et d’antisémitisme (les Juifs sont souvent les cibles de stéréotypes hilarants et pas si choquants que ça), le film connaîtra pourtant au fil des années le statut qu’on lui connait aujourd’hui : une oeuvre drôle et déroutante dont il est carrément impossible de se lasser, autant de l’oeuvre en elle-même que de la géniale bande-originale, qui aura alors permis à Danny Elfman de lancer sa carrière de compositeur, et de recnontrer ensuite un certain Tim Burton, amateur du long-métrage. Alors qu’il vient juste de sortir en Zone 2 aux éditions Le Chat qui fume, un DVD exclusif vient récemment de sortir aux Etats Unis, proposant une version toute en couleur du film. Ce dernier doit sûrement perdre légèrement de sa qualité originale, tant il est évident qu’il était fait pour le Noir & Blanc, mais le résultat est toujours intéressant. Quoiqu’il en soit, n’hésitez pas, et jetez-vous sur cette perle fantastico-mélodique, qui n’est rien d’autre que l’un des meilleurs exemple d’un cinéma indépendant que l’on pourrait qualifier d’"étrange". Hi De Hi De Ho !

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