Cinemafantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Le quotidien de jeunes lycéens marginaux martyrisés par certains camarades plus populaires. A l’occasion d’une soirée costumée, ces jeunes persécutés décident de se venger, violemment...
La génération dorée des sixties s’est définitivement éteinte, George Lucas enfonçait encore un peu plus le clou au début de la décennie suivante. Depuis, la jeunesse américaine porte d’ineffaçables stigmates. Déracinée, l’adolescence se veut de plus en plus gang-rénée par les effets de meute, l’ostracisme devient la principale loi de ces clans trouvant leur origine dans les larges corridors des lycées. La caméra de Gus van Sant voltige d’ado en ado pour capter le malaise Columbine tandis que celle de Murali K. Thalluri s’attache à six marginaux pour éclaircir (et par la même occasion épaissir) une mystérieuse tragédie. Sur les tablettes du cinéma d’horreur, l’adolescence subit un sacrifice similaire ; réduite à quelques silhouettes récurrentes (le gothique, le nerd, l’accro au sexe, le footballeur au sourire Pepsodent, la garce number one), elle souffre le martyre face à des sadiques encapuchonnés ou affublés d’un masque de hockey. Le slasher glisse progressivement vers l’inéluctable : le tortionnaire lui-même est un mouton galeux dont les exactions se révèlent cathartiques face à l’homogénéisation de l’adolescence. Les néo-slashers des années 90 s’invitent dans cette voie et comptent encore aujourd’hui quelques dignes représentants (qu’on pense à Action ou vérité ou à la brillante déconstruction opérée par Joseph Kahn dans Detention).
A ce jeu, Joey Stewart, ancien témoin privilégié des kicks en santiags de Chuck Norris dans Walker Texas Rangers, s’en tire avec les honneurs. Le jeu de miroir orchestré par le scénariste Jason Kabolati inverse la tendance : bourreaux et séquestrés échangent les rôles le temps d’une orgie de la souffrance en pleine campagne texane. Cinq ados, têtes de turc le jour et fanatiques de films d’horreur la nuit, décident de se retourner contre leurs tortionnaires. Ces derniers, enchaînés les uns aux autres, portent ensemble la responsabilité du calvaire vécu par leurs geôliers et sanglotent à la vue du couperet qui menace de briser leur nuque : la bimbo sans cœur est badigeonnée d’une crème corrosive, un trouduc de première classe devient le cobaye d’une nouvelle méthode d’acupuncture quand les plus chanceux à qui est offerte une chance de fuir, ils doivent encore mesurer chacun de leurs pas pour ne pas poser le pied dans un des pièges à loup qui tapissent le sol aux alentours.
Paradoxalement, l’empressement des créateurs de pénétrer le cœur du sujet parasite considérablement toute tentative d’identification et, par extension, l’inversion des rôles patine. Le club des cinq est contraint à l’anonymat (l’usage de déguisements aussi typés n’est pas anodin) et leurs motivations sanguinaires reposent au final sur du vent (quid de l’encadrement familial à peine brossé ?). Enfin, si c’est approuvé par le Bon Dieu himself, on devrait normalement s’incliner et accepter cette offrande un brin plus originale que les traditionnelles galettes DTV de l’After Dark...
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