Critique de film

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Le Fils de Frankenstein

"Son of Frankenstein"
affiche du film

Wolf Frankenstein, fils de Henry Frankenstein revient sur les lieux des travaux de son père pour revendiquer son héritage...

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Trailer - Le fils de Frankenstein (1939)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le fils de Frankenstein - Fils indigne
Par : Damien Taymans
Tags : Monstres

Wolf Frankenstein, le fils du baron Henry Frankenstein, revient avec sa femme et son fils habiter dans son village natal à la mort de son père. A son arrivée en gare, il reçoit un accueil des plus hostiles, les villageois préférant repousser cette famille au patronyme maudit. Alors que le baron visite le laboratoire de son défunt paternel, il reçoit la visite d’Igor, un être étrange, qui lui demande de l’aide pour son ami tombé dans le coma. Cet ami n’est autre que la créature mise au point par Frankenstein voici quelques années…

Quatre années après avoir offert une séquelle enchanteresse (La Fiancée de Frankenstein), la Universal produit une nouvelle suite des aventures de la créature du savant fou. James Whale n’étant plus disponible, les studios jettent leur dévolu sur Rowland V. Lee, ancien acteur de l’ère muette reconverti en réalisateur qui oeuvra surtout à ce poste pour les studios Paramount et RKO pour lesquels il signa entre autres Les trois mousquetaires et Le retour du dr Fu Manchu. Karloff incarne pour la troisième et dernière fois la créature inhumaine aux côtés de Bela Lugosi qui campe Igor après avoir été pressenti dans le précédent opus pour incarner le mystérieux docteur Pretorius, rôle qui revint finalement à Ernest Thesiger. Troisième volet de la saga frankensteinienne, le métrage se pose également comme la troisième réunion de ses deux acteurs fétiches après The Raven et The Black Cat. Dans le rôle du baron Frankenstein, Basil Rathbone, qui a déjà tourné sous la coupelle de Rowland V. Lee dans le drame romantique Love from a stranger deux ans auparavant et qu’il retrouvera dans un autre film de genre la même année, aux côtés de Karloff, dans La tour de Londres.

Après s’être entichée d’une femme (expérience infructueuse s’il en est), la créature aurait-elle donc droit à un rejeton ? L’intitulé de l’œuvre se veut équivoque à l’instar du précédent épisode de la franchise, laissant planer un doute sur la véritable identité de Frankenstein (créature ou créateur ?), assimilation raccourcie mise en avant dès l’entame dans un plaidoyer de Wolf arguant que la légende a banni le nom de sa famille en le comparant incessamment au monstre. Et même après éclaircissement, l’intitulé reste obscur puisque le fils peut en l’occurrence désigner autant Wolf, rejeton d’Henry Frankenstein que son propre enfant qui joue un rôle capital dans l’œuvre, à l’image des autres marmots qui attirent plus souvent qu’à leur tour l’amitié de la créature (la petite jetée dans le lac, la fille au ballon dans Le Fantôme de Frankenstein).

Autre changement de cap entamé par la présente œuvre - et pas des moindres, le retour aux racines originelles. Si le Frankenstein original était empreint de part en part d’une esthétique fortement influencée par l’expressionnisme (son entre-deux-âges le légitimant aisément), la séquelle de Whale avait abandonné ce traitement pour se lancer dans un mélange gothico-baroque baigné dans un humour volontaire et très prégnant (au contraire des habituels verbiages à double sens des créations des 30’s). Le fils de Frankenstein revient aux conceptions expressionnistes en appuyant les contrastes aussi bien dans l’éclairage que dans les décors et optant pour des décors picturaux aux architectures improbables sur lesquelles s’inscrivent d’immenses ombres terrifiantes. Un repli esthétique qui trouve une parfaite correspondance dans la créature mise en exergue qui se contente de quelques cris et grognements au détriment de la parole qu’il avait recouvrée dans La Fiancée de Frankenstein. Les écarts entre les deux œuvres sont nombreux, Lee préférant notamment ne jamais évoquer les personnages de la fiancée ni le docteur Pretorius. En lieu et place, le métrage entame un retour aux sources et décentre même son propos pour s’intéresser davantage aux personnages d’Igor, être humain déshumanisé par son statut post-mortem (la pendaison ratée) et par les desseins machiavéliques qu’il nourrit et de l’inspecteur Krogh au bras arraché qui apporte son lot d’ironie noirâtre au sein d’une œuvre sérieuse de part en part en activant machinalement son bras meurtri pour saluer les étrangers, fumer une cigarette ou jouer aux fléchettes.

Avant de se voir transformé en fantôme et de rencontrer le loup-garou et Abbott et Costello, Frankenstein se paie avec ce Fils de Frankenstein un deuxième retour qui se détourne de l’esprit de Whale pour retourner aux sources même du mythe. En résulte une œuvre cadenassée qui s’affranchit quelque peu de ses modèles pour imposer une nouvelle figure, celle de l’inquiétant Igor qui sera réutilisé lors du prochain opus, Le Fantôme de Frankenstein et contrebalancera autant que faire se peut la perte du grand Karloff dans la peau du monstre aux écrous...

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