Critique de film

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Fantôme de la momie (Le)

"The Mummy's Ghost"
affiche du film

Yousef Bey a été désigné par le dernier grand prêtre d'Arkam pour ramener en Égypte la dépouille de la princesse Ananka acquise par le musée Scripps, en Nouvelle-Angleterre. Il sera aidé dans sa tâche par Kharis, la momie vivante. Professeur d'égyptologie à l'université de Mapleton, Matthew Norman est étranglé par Kharis, qu'il a malencontreusement ramené à la vie en brûlant les feuilles d'une plante sacrée de l'Ancienne Égypte. Amina, une jeune Égyptienne courtisée par Tom Hervey, est victime d'une crise de somnambulisme chaque fois que Kharis sort de sa tombe.

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Trailer - Le fantôme de la momie (1944)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Fantôme de la Momie - La meilleure des séquelles
Par : Fred Pizzoferrato
Tags : Momies

Le fantôme de la momie continue la saga initiée une dizaine d’années plus tôt par la Universal sans apporter beaucoup d’innovations à un concept très mince. Mais, par sa durée réduite, l’ensemble demeure agréable pour les nostalgiques invétérés de l’épouvante rétro. Le métrage débute dans une salle de classe où un distingué professeur nommé Norman rappelle à ses étudiants les événements tragiques vus précédemment dans La tombe de la momie. Ensuite, le métrage nous ramène traditionnellement en Egypte, dans la tombe de la princesse Ananka, où le Grand Prêtre Andoheb (toujours joué par George Zucco oubliant qu’il a été abattu dans La main de la momie et est mort de vieillesse dans l’épisode précédent !) donne ses instructions à son successeur. Celui-ci est Yousef Bey, incarné par un John Carradine qui, déjà dans les années 40, semblait courir le cachet sans beaucoup se soucier de donner la moindre cohérence à sa carrière. La mission de Yousef Bey n’a pas changé : il doit retrouver le corps de la princesse Ananka, emmenée en Amérique par d’ignobles archéologues infidèles, et la ramener en Egypte pour qu’elle y trouve le repos éternel.

Dès son arrivée à Mapleton, Massachussetts, le Grand Prêtre décide d’utiliser les fameuses 9 feuilles de tanna lui permettant d’animer et de contrôler la momie de Kharis (Lon Chaney Jr reprenant le "rôle" une nouvelle fois). Dans le même temps, le professeur Norman parvient à percer le secret de ces mêmes feuilles de tanna et découvre qu’il peut ainsi réanimer les morts. Tout foufou, notre enseignant fait bouillir 9 feuilles et attire ainsi la momie, laquelle ne tarde pas à tuer ce pauvre Norman. Mais l’expérience a d’autres répercussions inattendues, provoquant une crise de somnambulisme chez une belle demoiselle d’origine égyptienne, Amina. Bien sûr il n’est pas compliqué de comprendre qu’Amina est en réalité la réincarnation de la princesse Ananka et ce sera à son petit copain Tom de la protéger des mains de Kharis…
Ce quatrième épisode de la série "La Momie" reprend une recette maintenant bien connue et place tous les éléments attendus aux bons moments : passage de pouvoirs entre le grand prêtre et son disciple, petite incursion égyptienne et retour aux USA, momie revenant à la vie pour se venger, etc. L’idée de la réincarnation (que l’on trouvait dans La momie mais pas dans les deux premières séquelles) est aussi de la partie, avec cette jeune femme traquée par une momie se rappelant de son amour défunt. Lon Chaney Jr, quoiqu’il ne prononce toujours aucune parole, parvient cette fois à communiquer une certaine émotion à son personnage, allant de la soumission à la tristesse en passant par la colère. Une évolution notable par rapport aux deux précédents métrages où la momie ne semblait être qu’un pantin manipulé par un grand prêtre tout puissant.

Le ton de ce Fantôme de la momie s’avère donc un peu plus dramatique et sérieux que celui de La main de la momie et de La tombe de la momie, retrouvant en partie le côté tragique du premier film avec Boris Karloff. L’humour, (trop) présent dans les deux précédents volets, a ici totalement disparu et on devine Reginald Le Borg soucieux de son sujet, qu’il traite avec sérieux en insistant davantage sur l’émotion. Reginald Le Borg, handicapé par un scénario pas vraiment passionnant et sans doute déjà trop encombré de clichés, parvient malgré tout à emballer efficacement l’ensemble et à lui insuffler un certain rythme qui en rende la vision agréable. La mise en scène, très correcte, tire le meilleur parti d’un budget restreint en grande partie investi dans les décors réussissant, presque à eux seuls, à conférer une atmosphère prenante à ce Fantôme de la momie. Enfin, le final, situé dans les marais, offre une véritable originalité au métrage en le concluant avec panache. A noter d’ailleurs que La malédiction des pharaons de Terence Fisher reprendra une idée semblable mais sans oser une conclusion aussi pessimiste.

Si le métrage peine à peu à s’élever au-dessus de son statut de série B de série aux ambitions limitées, sa durée réduite (une heure pile poil), son rythme alerte et son final efficace permettent heureusement à l’amateur de ne pas s’ennuyer. Le tout se laisse donc voir sans vraie passion mais avec un certain plaisir légèrement distancié. Ce n’est déjà pas si mal !


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