Critique de film

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Fantôme de l'opéra (Le)

"The Phantom of the Opera"
affiche du film

Un fantôme au visage masqué hante les coulisses de l'Opéra de Paris. Amoureux d'une jeune cantatrice, il la séquestre dans l'espoir de susciter son amour.

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Trailer - Le fantôme de l’opéra (1925)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le fantôme de l’opéra - Conte gothique
Par : Damien Taymans

Depuis quelques temps, des choses étranges se produisent à l’Opéra Garnier. Un mystérieux individu surnommé Le Fantôme, au centre d’une légende tenace, envoie des lettres de menace aux directeurs de l’Opéra leur demandant instamment de laisser Christine Daaé interpréter le rôle titre de la représentation. Qui est ce fantôme ? Celui-là même qui débourse mensuellement 20000 francs pour obtenir la loge n°5 à l’intérieur de laquelle personne n’ose entrer ? Caché dans les soubassements de l’opéra, le Fantôme hante les lieux, errant à la recherche de celle qu’il aime…

Tiré du roman éponyme de Gaston Leroux dont l’inspiration lui vint après avoir contemplé l’opéra Faust au sein de l’Opéra Garnier parisien, Le Fantôme de l’opéra de Rupert Julian est la deuxième version cinématographique, la première étant signée en 1916 par l’Allemand Ernst Matray. De nombreuses autres versions verront le jour ensuite avec notamment l’oscarisée d’Arthur Lubin en 1943, celle de Dwight H. Little en 1989 et, plus récemment, le goresque épisode de Dario Argento (1998) et l’opéra musical de Joël Schumacher (2004), sans oublier la sublime variation de Brian De Palma avec son Phantom of the Paradise (1974). De toutes ces versions, la plus fidèle au roman du Français reste incontestablement celle-ci qui reprend scrupuleusement point par point les éléments de son intrigue, permettant ainsi à Universal de tenter une deuxième transposition d’un roman hexagonal suite au succès du Bossu de Notre-Dame en 1922.

Dans la peau de Quasimodo, Lee Chaney, acteur habituellement utilisé par la MGM qui passe chez l’opposant pour l’heure, afin de signer une deuxième monstruosité inoubliable. Chaney, fils de parents sourds-muets, développe durant son enfance une incroyable appétence physique due aux pantomimes auxquels il est contraint d’adhérer pour communiquer, une particularité qui épaula incontestablement ses interprétations dans le cinéma muet. Passé maître dans l’art du déguisement, « l’homme aux mille visages » épate par l’étendue de sa palette artistique, capable d’interpréter aussi bien un bandit patibulaire qu’un gentleman amène. Contorsionniste en diable, l’acteur terrifie le public en se glissant dans la peau d’infirmes devenus célèbres : cul-de-jatte dans Satan, bossu dans l’adaptation hugolienne, il connaît avec Le Fantôme de l’opéra sa plus étonnante métamorphose. Sous le masque, un visage brûlé, torturé qui est dévoilé lors d’une scène intense simultanément à Christine, son aimée, et aux spectateurs, externes à l’histoire pour le coup.

Au centre de l’intrigue, un triangle amoureux rendant impossible toute échappatoire romanesque. Le fantôme, confiné depuis des lustres dans les soubassements du théâtre, Christine, cantatrice sur la touche qui trouve en Erik un admirateur et un maître et le vicomte Raoul de Chagny, amant de Christine. Une trame conventionnelle sublimée par l’interprétation de Chaney d’une part et par la gradation des rapports qu’entretiennent les personnages d’autre part. Les courtisans de Christine sont perçus à travers un prisme manichéen trompeur : le vicomte, être rustre rendu détestable et Erik, silhouette furtive aux desseins altruistes, acculé dans ses sous-sols par des hommes xénophobes à l’égard de l’ « autre ». Une dichotomie simpliste et démagogique qui s’épaissit progressivement pour finalement s’inverser au point de montrer Erik sous un nouveau jour, celui de la bête sauvage qu’il est devenu depuis le rejet dont il fut victime, une bête capable d’ôter la vie s’il n’obtient pas ce qu’il veut, quitte à se débarrasser de la sienne dans un geste de folie puérile. De la balade romantique dans les sublimes décors des soubassements de l’opéra (la traversée du lac évoquant les gondoles vénitiennes) accompagné de sa dulcinée aux récitals mortuaires qu’il lui joue, le Fantôme s’est peu à peu transformé pour glisser du statut de victime à celui de menace au destin funèbre, apanage des plus grandes tragédies frappées de fixisme et d’universalisme.

Transposition classique et fidèle du roman de Gaston Leroux, Le fantôme de l’opéra version 1925 en sublime les propos grâce à des décors à la fois enchanteurs et lugubres et à l’interprétation magistrale de Lon Chaney.

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