Critique de film

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Fahrenheit 451

"Fahrenheit 451"
affiche du film

Dans une société dystopique où la connaissance est considérée comme un danger, les livres sont interdits. Le métier de Guy Montag consiste à les repérer et à les détruire par le feu. Mais un jour, sa rencontre avec Clarisse le pousse à remettre son activité en question.

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Trailer - Fahrenheit 451 (1966)
Par : Damien Taymans


Fahrenheit 451 par CinemaMonAmour

Les critiques à propos de ce film

Critique de Fahrenheit 451 - Embrase-moi chérie
Par : Damien Taymans

François Truffaut entend pour la première fois parler du roman de Bradbury chez son ami Jean-Pierre Melville et envisage déjà la possibilité de l’adapter au cinéma. Peu attiré par les excentricités futuristes science-fictionnesque, Truffaut se montre séduit par cette histoire probante de pompiers détournés de leur fonction première pour se livrer à des autodafés dans une société obscurantiste. Les droits du livre son négociés directement avec Bradbury pour une somme qui avoisine les 40 000 dollars. Censé être un métrage franco-français (le cinéaste imagine un temps Jean-Paul Belmondo puis Charles Aznavour dans le rôle du pompier Montag), le projet se tournera finalement en Angleterre sous l’égide du producteur Lewis Allen qui vient de financer une autre adaptation d’un roman populaire, celle de Sa majesté des mouches.

La délocalisation productionnelle entraîne d’autres prérogatives pour Truffaut : le métrage sera tourné en anglais et avec des acteurs américains. La production veut attribuer le rôle de Montag à Paul Newman puis à Terence Stamp qui rencontre le réalisateur à de nombreuses reprises. Linda Montag, l’épouse de l’homme du feu et Clarissa, sa maîtresse, sera quant à elle interprétée par Julie Christie. Peu convaincu par ce choix osé, Stamp renonce finalement en dernière minute et il est remplacé au pied levé par Oskar Werner (le Jules de Jules et Jim, réalisé par Truffaut), censé au départ incarner le capitaine des pompiers, rôle qui échoit finalement à l’Irlandais Cyril Cusack. Atypique dans la filmographie de Truffaut, Fahrenheit 451 est un film baptismal pour le cinéaste aguerri qui tourne pour la première (et seule) fois en langue anglaise, dans un pays autre que la France et qui fait ses premiers pas dans le monde de l’image bariolée avec cette pellicule en Technicolor.

Situé dans un avenir déshumanisé, Fahrenheit 451 dépeint le fonctionnement d’une société totalitaire qui s’est plu à détruire tout produit livresque au motif que l’édification culturelle entraîne des déséquilibres sociaux. Dans ce monde dystopique où l’abrutissement télévisuel règne en masse, les pompiers ne sont plus que des agents chargés de la répression littéraire qui investissent les bicoques des contrevenants et consument les reliquats d’une culture collective séculaire. Très scolaire dans sa forme (mis à part quelques séquences majestueusement orchestrées), le métrage se pose comme une adaptation fidèle du roman éponyme dont il ne s’écarte que pour livrer un dénouement plus lyrique et optimiste (la communauté des hommes-livres que rejoint Montag) que celui du romancier qui l’avait envisagé sous la forme ténébreuse de l’apocalypse. Résolument tourné vers la métaphore politico-sociale, écueil propre au cinéma contestataire de la fin des sixties, Truffaut met en exergue les défaillances de cette structure sociétale stérilisée de tout intellectualisme au gré de scènes volontairement détournées de leur fonction première : ainsi, le dialogue de sourds entre Linda et les deux personnages qui paraissent sur son immense écran de télévision (qui annonce au passage le gigantisme des Plasma actuels) stigmatise l’hypnotisation graduelle des spectateurs et l’inanité des occupations humaines, assujetties au bien commun. En optant quais uniquement pour cette forme pamphlétaire, le cinéaste ruine sa narration en bavardages interminables et se méprend en adoptant un traitement narratif extrêmement naïf.

Fahrenheit 451, œuvre chaotique à l’image de sa production, constitue toutefois une transposition cinématographique fidèle du roman de Bradbury, la seule à ce jour. Emaillée de quelques séquences marquantes (la vieille dame se consumant parmi ses bouquins, l’incendie chez Montag et le final), la pellicule vaut surtout pour son analyse maîtrisée d’une situation future singulière baignée d’évocations au passé (les méthodes hitlériennes de l’autodafé ou de la dénonciation).

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