Critique de film

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Face à la mort 4

"Faces of Death 4"
affiche du film

Séquences trashs en pagaille...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Face à la mort IV - Mondo dingo !
Par : Fred Pizzoferrato

Conan Le Cilaire, alias John Alan Schwartz, a connu la célébrité avec Face à la mort, nauséeuse compilation de scènes horribles authentiques, issues de diverses archives, entrecoupées de passages recréés devant la caméra. Ne pouvant se résoudre à laisser mourir une profitable saga, le « cinéaste », aidé de Susumu Saegusa et Andrew Theopolis, revient avec un quatrième volet construit exactement de la même manière que les trois précédents.

Toutefois, plus encore que Face à la mort III, ce nouvel épisode repose essentiellement sur les séquences truquées, les rares images authentiques, souvent percutantes ou choquantes, provenant des actualités ou des archives de la police. Enfin, quelques saynètes sont réelles mais modifiées par le montage ou les commentaires afin d’en accroitre la portée « choquante ». Par exemple, le climax de Face à la mort IV dépeint l’écroulement d’une scène durant un concert de musique classique. Le résultat fut des blessures légères mais le narrateur affirme, lui, que les musiciens sont morts d’horrible manière.

Comme d’habitude, le long-métrage s’affranchit d’un scénario pour proposer plusieurs dizaines de « sketches » courts (quelques secondes à deux ou trois minutes) liés par une narration soi-disant savante.

Le docteur Francis B. Gross a sombré dans la folie suite à ses recherches intensives sur la mort et cède la place à un nouveau soi-disant spécialiste, Louis Flellis (joué par un habitué de la série, James B. Schwartz, le propre frère du réalisateur). Ce-dernier cabotine incroyablement et ressemble davantage à un tueur en série échappé d’une série Z qu’à un authentique médecin. Son commentaire sentencieux, typique du « mondo », alterne conseils idiots et remarques inintéressantes, vaguement réactionnaires, dans le seul but de nous convaincre de l’authenticité des images proposées.

James B. Schwartz se révèle d’ailleurs si mauvais comédien que sa prestation arrache quelques sourires aux plus conciliants. Ses interventions, placées à intervalles réguliers, détendent ainsi l’atmosphère entre deux scènes d’archives consacrées à des accidents de circulation ou des cascadeurs qui ratent leurs exploits. John Alan Schwartz a, une nouvelle fois, puisé dans cette manne bon marché afin de choquer le spectateur par différentes morts, souvent brutales et spectaculaires. Les personnes sensibles sont donc priées de s’éloigner de l’écran sous peine de rendre leur quatre heures et leur midi aussi.

Cependant, les nombreuses scènes médiocrement truquées occupent l’essentiel du temps de projection. Un homme à la jambe sectionnée par une voiture et nous assistons aux efforts désespérés des secouristes pour le sauver. En pure perte, nous apprend le sinistre docteur Flellis. Le film nous permet également de voir à l’œuvre un magicien qui accompli quelques illusions dans un théâtre minable occupé par une dizaine de spectateurs assoupis. Risible. Le segment (bien trop long) s’achève par la tentative du prestidigitateur de s’extirper d’une camisole avant que son crane ne soit broyé par une masse garnie de piques acérées. En réalité, une tête en plastique ridicule est écrasée dans un flot de sang lors d’une séquence aux maquillages grossiers qui parait issue du classique Wizard of Gore.

Un étudiant calcule mal la longueur nécessaire à son saut à l’élastique (il n’avait pas prévu l’absence d’un treizième étage et le câble était par conséquent trop long !...Gag !) et s’écrase sur le bitume comme une crêpe. Des baigneuses « belles et pleines de vie » exhibent leur poitrine puis sont victimes d’un accident de ski nautique suite à une consommation excessive de bière (« l’alcool est un poison » rappelle le sarcastique Flelis).

Le médecin insiste ensuite sur le rôle néfaste des jeux vidéo, lesquels accroissent l’agressivité. Puis, il présente un homme coupable d’avoir oublié de payer une taxe équivalente à 18 dollars dans un pays d’Europe de l’Est non identifié. Le fautif est condamné à l’écartèlement entre quatre chevaux, « la plus douloureuse des morts », dans une scène qui semble, cette fois, tout droit sortie de 2 000 Maniacs.

Un gangster est asphyxié par d’autres criminels et sa mort est filmée (en noir et blanc). Un mariage est transformé en carnage suite à une fusillade, heureusement « la police mène l’enquête »…et découvre au final que plusieurs policiers sont eux-mêmes complices des meurtriers. Un braqueur de banque drogué tue le directeur de l’établissement puis suffoque dans une chambre forte. Heureusement les caméras de surveillance sont témoins de sa lente agonie. Dans un remake de la scène la plus fameuse du premier Face à la mort, le film détaille une exécution sur la chaise électrique assez piteuse.
Cela ne coupe aucunement l’appétit du docteur Flelis, lequel se goinfre de viandes en dégustant un verre de vin. Après quelques piques sympathiques à l’encontre des végétariens, les vignettes reprennent sur le thème de la pyramide alimentaire, illustrée par un tigre dévorant un soigneur. « Ces choses arrivent, c’est la nature de ces gros chats, ils ne faut pas leur en vouloir » affirme une autorité scientifique. Nous passons ensuite à la taxidermie et les différentes manières d’épargner aux cadavres la décomposition, quoique certains préfèrent incinérer le corps de leur animal de compagnie décédé. Nous restons en compagnie du « meilleur ami de l’homme » pour un peu de cruauté animale gratuite qui débute par la préparation d’un plat vietnamien typique à base de viande canine.

L’argument écologique est évoqué lors de l’attaque d’une demoiselle en maillot de bain par une sangsue géante créé par la pollution industrielle. Un segment rigolo au cours duquel Face à la mort IV perd ce qui lui restait de crédibilité pour sombrer dans l’abîme du Z le plus outrancier. Sans doute pour rendre hommage aux « grands anciens » du mondo, le film verse dans l’ethnologie avec de soi-disant rituels primitifs et une cérémonie d’extraction du coeur manifestement sous l’influence de Bruno Mattei. Enfin, le docteur Flelis, inspiré, termine cette compilation d’atrocités en dédiant à de grands musiciens décédés dans l’effondrement d’une salle de spectacle une incroyable chanson, jouée au piano, intitulée « Facec of death ». Du pur foutage de gueule, encore savoureux au deuxième degré, à l’image de Face à la mort IV dans son ensemble.

Entre les passages reconstitués en studio, Face à la mort IV propose des images d’archives souvent de qualité discutable et probablement enregistrées sur un camescope par des amateurs. Le tout reste néanmoins perturbant, en particulier à cause des commentaires dénués de la moindre empathie du narrateur, souvent associés à une musique voulue humoristique ou, au contraire, exagérément sinistre.
Loin du « sérieux » des deux premiers films (qui essayaient, vaille que vaille, de dépasser leur statut d’exploitation et se voulaient – du moins en théorie - de véritables documentaires sur la place de la mort dans nos sociétés),Face à la mort IV se limite à une succession de scènes « choc » souvent tirées en longueur et mal jouées par des acteurs de troisième zone.

Le tout ressemble d’ailleurs davantage à un petit budget gore ringard (à la manière d’Hershell Gordon Lewis ou Andy Milligan qui sont sans doute les principaux inspirateurs du « cinéaste ») qu’à un véritable mondo tel que les Italiens concevaient le genre.

Au second degré il est donc possible d’y prendre un certain plaisir pervers à condition d’avoir l’estomac bien accroché. Et de tolérer toute cette stupidité voyeuse.


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