Critique de film

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Face à la mort 3

"Faces of Death III"
affiche du film

Nouveau tour d'horizon de la mort: suicides, tortures, interventions policières qui tournent mal... Bienvenue dans le monde de Face à la mort...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Face à la mort 3 - La grande escroquerie du mondo movie
Par : Fred Pizzoferrato

Pour la troisième fois, le docteur Francis B. Gross (toujours joué par le cabotin Michael Carr) nous invite à assister aux résultats de ses recherches concernant la mort. Médiocre mondo franchement racoleur, le premier Face à la mort fut néanmoins un grand succès et le cinéaste John Allan Schwarz décida, logiquement, d’exploiter le filon avec un second épisode sorti en 1981. L’appât du gain entraina une nouvelle « suite » en 1985, laquelle débute par une séquence efficace (un montage constituée de personnes dont les yeux sont filmés en gros plans) censé dénoncer le voyeurisme du spectateur et son attrait du morbide.

Les scènes suivantes, elles, se composent, en large part, de faits divers inventés ou reconstitués en studio et de quelques images d’archives (authentiques ?) disséminées dans le métrage pour lui conférer un minimum de crédibilité. Le premier reportage témoigne de cette manière de procéder et intercale quelques plans en apparence tirés d’actualités à des scènes d’accidents d’automobiles clairement fabriqués. Rien d’intéressant ni de particulièrement choquant dans ce premier segment qui s’apparente à un spot publicitaire de la prévention routière. La suite ne sera guère plus intéressante. L’un des reportages traite, par exemple, d’un tueur en série nommé Mike Lorenzo, en réalité une complète affabulation puisque le soi-disant serial killer est interprété par le réalisateur John Alan Schwartz lui-même. Le « sketch » (comment le qualifier autrement ?) s’intéresse aux victimes, à leur entourage et au meurtrier lui-même, le tout entrecoupé d’images gore visiblement fausses mais relativement convaincantes. En tout cas bien davantage que les désastreux acteurs qui déclament maladroitement leurs stupides dialogues.

Face à la mort 3 s’intéresse également au trafic de la cocaïne dans les bayous de Floride, ce qui permet de caser une prudente poursuite en hors bords et de brèves visions de trafiquants abattus. De là, le « documenteur » passe au PCP, une drogue de synthèse aux effets ravageurs. Le style reste identique : des scènes excessivement bavardes, un « expert » qui donne son avis sur une question précise, des témoignages folkloriques, quelques plans (peut-être) authentiques et une suite de saynètes qui tiennent davantage du Grand-Guignol que du documentaire. Cette tendance trouve son paroxysme dans l’hilarante séquence, digne d’un gore de série Z, au cours de laquelle un parachutiste s’écrase dans un étang infesté d’alligators qui s’empressent de le dévorer tout cru. Un suicide est ensuite présenté au spectateur : un homme menace de sauter d’un toit tandis que sa femme tente vainement de l’en dissuader. La police, elle, maintient à distance une foule hilare qui encourage le malheureux à se jeter dans le vide, ce qu’il finit par accomplir. Encore une fois, le segment (une réplique quasi à l’identique d’un passage similaire du premier Face à la mort) apparaît entièrement fabriqué et si mal ficelé qu’il est difficile d’imaginer un seul spectateur pouvant le considérer comme authentique. Une attaque de requins, la torture des prisonniers politiques au Salvador, des chiens déchiquetant un imprudent, un serpent en vadrouille,…tout Face à la mort 3 est trafiqué et truqué de manière grossière.

Le docteur Gross, pour sa part, commente « l’action » de manière ironique et délivre des considérations philosophiques dignes d’un pilier de comptoir. Languissant, le métrage consacre une large partie de son temps de projection à des parlottes sans le moindre intérêt qui permettent seulement d’atteindre la courte durée réglementaire. Les passages, déjà vus et revus mais toujours écoeurants, situés dans les abattoirs, servent sans doute la même fonction et sont les seuls indéniablement « vrais ».

Si le premier épisode de cette nauséeuse saga mélangeait, de manière putassière mais efficace, des séquences reconstituées et de réelles images d’archives en proportion à peu près égale, le second Face à la mort était, pour sa part, quasi entièrement composé de séquences authentiques, ordonnées à la manière des mondo italien des années ’60 et ’70. L’approche de ce nouveau volet surprend donc puisque tout le contenu choquant apparaît fabriqué de piètre manière, ce qu’admet par ailleurs le générique final (« les événements proposés ont été reconstitués à partir de faits réels »). De plus, les commentaires illustratifs sont affligeants de banalité, loin des questionnements, certes rudimentaires mais parfois intéressants, des deux premiers volets, lesquels demeurent, quoiqu’on puisse en penser, nettement plus « honnêtes » dans leur démarche. Ici, difficile de prendre au sérieux les affabulations du faux médecin Francis B. Gross discourant, en souriant, des tortures infligées en Amérique du Sud, un verre d’alcool à la main.

Peut-être lassé de la série, des dérivés qu’elle a initié (Faces of gore, Many faces of death, Traces of death) et des accusations récurrentes d’incitation à la violence, John Allan Schwarz a-t-il volontairement décidé d’orienter ce troisième volet vers une parodie plus ou moins revendiquée ? Toujours est-il que le résultat, incroyablement mauvais, laisse songeur.

Dénué des « moments chocs » ayant fait la renommée de la saga, Face à la mort 3 reste une banale compilation de faits divers horribles, reconstitués de manière approximative et ponctués d’un monologue assommant.

En tant que documentaire « mondo », Face à la mort 3 est affligeant, en tant que film d’horreur, il est risible mais, comme témoignage de l’ingéniosité de John Alan Schwartz à vendre avec succès un produit fini tout simplement désastreux, ce « film » possède un certain pouvoir de fascination. En effet, cette façon cynique et pratiquement punk de se moquer ouvertement du spectateur (« vous voulez de la merde, vous allez en recevoir » semble hurler le réalisateur) confère à Face à la mort 3 son unique (et discutable) qualité, celle d’une grosse blague de potaches élevée au statut de cult movie.

En résumé, une sorte de « great mondo swindle » imbuvable et nullissime mais amusant au Xième degré... à condition, bien sûr, de savoir à quoi s’attendre. ----

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