L’Etrange Festival de Paris

FOCUS - Otto ; or Up with dead people de Bruce LaBruce

Homosexual zombie movie

Photographe, pornographe, Bruce LaBruce appartient à ces artistes rétifs à un catalogage facile. Sa filmographie, ardemment homosexuelle, aurait sans conteste sa place dans des centres d’Art Contemporain. Sa dernière réalisation, entre politique, expérimentation et pornographie lorgne du côté des films de zombies. Aux antipodes d’un Romero, LaBruce livre un OFNI esthétique, dérangeant, bref un vrai film de l’Etrange.

Otto, ado paumé et zombie, n’a aucun souvenir de sa vie de vivant. En errance dans Berlin, sa route croise celle de Medea, réalisatrice lesbienne qui l’engage pour jouer son propre rôle dans Up with Dead People, un film porno zombie.

Sur cette trame quelque peu elliptique, LaBruce étonne par sa maîtrise cinématographique. La mise en abîme du film dans le film n’est qu’une facette des qualités indéniables de ce long métrage. On oscille entre noir et blanc (les passages de film de Medea) et couleurs (la vie d’Otto), entre modernisme (Berlin, ses graffs et la communauté gay) et Ancien Temps (Hella, la petite amie de Medea est un personnage de films des années 20 dont les apparitions font soudainement basculer le film dans un sépia daté, saccadé, abîmé et muet). La sexualité (ultra présente dans les films de genre mais expulsée des films de zombie) trouve ici une expression débridée. Des scènes d’orgie masculine, de coïts et de fougueuses embrassades scandent la narration tandis que certaines séquences (de nombreux corps sont éventrés et leurs tripes dévorées) replongent le film dans le gore. Allant même jusqu’à mêler relation sexuelles et carnage, Bruce exorcise les tabous d’un cinéma qui use du cul comme un entertainment, en lui dérobant trop souvent son caractère subversif.

Parfois trop arty et poseur, Otto n’en demeure pas moins une expérience visuelle alléchante et troublante. Le discours s’étiole dans les symboliques associées de l’homosexualité et des zombies (rejet par la société, acceptation de ses pulsions, violence des échanges), pourtant on accroche à cet étrange objet cinématographique, qui pour mêler réalité et fantasme va jusqu’à renier l’appartenance de son personnage au règne des morts. Otto n’est sans doute pas un film de zombie classique mais la variation que propose LaBruce sur les affres de cette « communauté » mérite le détour.

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