L’Etrange Festival de Paris

FOCUS - Moon

Giant steps are what you take, walking on the moon…

Quand on découvre le pitch de Moon, on peut rester circonspect : un homme, un robot, une station lunaire en quasi huis-clos.
Premier film, petit budget, grandes ambitions, Duncan Jones a mis la barre très haute.

Sam Bell (l’excellent Sam Rockwell) en mission lunaire d’extraction d’une nouvelle énergie propre, est à quinze jours de son retour sur Terre où l’attendent sa femme et sa fille. Il est impatient, et on le comprend. Cela fait bientôt trois ans que le bonhomme travaille seul dans la station Sarang. Son unique compagnon, Gerty, est un robot (Kevin Spacey lui prête sa voix) dont les émotions transitent sur écran via un smiley.
Lors d’une sortie banale, son module lunaire est accidenté. Sam se réveille alors dans l’infirmerie de la station, Gerty à son chevet. Désireux de comprendre les raisons de cet incident, il retourne sur les lieux et découvre dans le véhicule, un homme en costume d’astronaute. Il est alors face à son double.

Impossible d’en dire plus sans déflorer le film (j’aime spoiler mais cette fois je me retiens). Sam Rockwell se donne la réplique une heure trente durant, on se prend à s‘attacher à un robot non anthropomorphe, bref Moon surprend. La station lunaire, minimaliste, immaculée, sorte d’Open Space où trône un vieux fauteuil anglais résume à elle seule l’ambiance du film. Sous ses atours de modernité (matériel high-tech, écrans d’ordi…), Moon est empreint de nostalgie. Pas une nostalgie vécue (Jones est né en 1971), mais fantasmée. Le lieu unique, certes technologique, n’est pas sans rappeler les vaisseaux très sixties d’un Star Trek ou les images inconsciemment inscrites dans nos mémoires des missions Apollo. Les véhicules, les costumes d’astronautes, tout ressemble à 1969. Et pour cause, la Lune ne fut finalement visitée qu’une fois et ces souvenirs sont les seuls repères mentaux et imaginaires que nous ayons.

Mais la machine à remonter le temps ne s’arrête pas. Sam regarde sur son moniteur des épisodes de Ma sorcière bien-aimée. Son robot, intelligence artificielle parfaite, par le biais de ses smiley évoquent l’enfance (sans doute celle de Jones), l’innocence, la candeur.
Duncan Jones, de son vrai nom Zowie Bowie (si le patronyme vous dit quelque chose c’est normal), offre un film de fan de SF, un film d’adulte rêvé par un gamin. Un gamin bercé par Space Oddity, qui a dû tripper devant 2001, et qui à 37 ans réalise son premier film, personnel, intimiste. Servi par une musique stratosphérique, aussi discrète qu’émouvante composée par Clint Mansell (Pi, Requiem for a Dream), produit par Mme Sting herself, Moon se déguste comme une madeleine de Proust, qui en parlant de demain vous invite à regarder la Lune comme un gosse. « Mon Dieu, c’est plein d’étoiles » disait Kubrick. C’est dans les yeux de Duncan Jones qu’elles doivent briller.

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