PIFFF

FESTOCHE - PIFFF 2012

Silent Hill Revelation

Le premier film, signé Christophe Gans, bien que tout sauf honteux, s’était fait houspiller par les fans du jeu lors de sa sortie et avait reçu un accueil mitigé. Pourtant, à la vue de cette suite, le film de Gans devrait bien vite être revu à la hausse. On va le dire tout net, le film de Michael J. Bassett est ce qu’on appelle dans le jargon un beau gros navet tendance nanar. Certes, le film original n’était pas parfait mais avait pour mérite de parvenir à se dépatouiller d’un univers complexe et d’être très correctement emballé. A la vision de sa suite, projetée en clôture du PIFFF 2012, on se rend bien vite compte que son réalisateur, Michael J. Bassett, n’a pas eu voix au chapitre sur le plateau tant le film respire la formule et le film de producteur. S’il y a quelqu’un à blâmer pour le naufrage de l’entreprise, c’est plutôt Samuel Haddida, producteur de la chose.

Dès la première scène, qui présente l’univers du film via un stratagème grossier (la fameuse scène de rêve…), la messe est quasiment dite. Le premier acte suit Heather, une pauvre adolescente au passé compliqué, qui débarque dans une nouvelle ville, un nouveau lycée avec de nouveaux condisciples. Dans ce contexte surgit Vincent, jeune homme tout droit sorti de l’univers Twilight, qui va s’avérer fort utile pour raconter toute l’histoire et éclaircir chaque point de scénario. Une histoire de famille nébuleuse ? Hop voilà Vincent. Une étrange amulette ? Hop voici Vincent. Un lourd secret à expliciter ? Revoilou Vincent. C’est sa seule et unique fonction au sein du récit. Mais au lieu d’éclaircir quoi que ce soit, ce démiurge narratif involontaire met en exergue les failles du scénario et stigmatise l’incohérence de la chose. Finalement, il ne fait qu’embrumer encore plus les affaires. Comme il déclame tout ça le plus mollement possible et que l’ensemble est platement mis en image par un Bassett visiblement peu concerné, le spectateur décroche et peine par la suite à reprendre le chariot en route. Enfin, l’intrigue déboule dans la cité maudite, on va pouvoir un peu s’amuser. Et ben non, même pas…

Si le bestiaire du film est au rendez-vous, la mise en scène ne lui fait absolument pas honneur. Filmés sans la moindre profondeur, les monstres et créatures hantant l’univers de Silent Hill paraissent plus croquignolettes que véritablement flippantes. Le potentiel de chaque créature et de chaque scène de flippe est désamorcé par l’absence de mise en scène et une attitude totalement fantaisiste dans l’écriture et le découpage. Point de finesse, que de la lourdeur. Il n’y a souvent qu’un pas entre le génie et le ridicule et dans Silent Hill 2, ce pas est allègrement franchi, ruinant du coup le potentiel étrange et malsain de certaines scènes. La rencontre avec Malcolm McDowell ou le ballet des infirmières, qui aurait dû être un des temps forts du film, ne véhicule finalement que les frissons de la honte. Au niveau de l’écriture c’est très mauvais et proprement insignifiant. Au niveau visuel, c’est à peine meilleur, le film se payant une vieille tronche de direct to vidéo. Côté 3D, constat identique : la stéréoscopie n’est présente que pour balancer quelques lames ou gerbes de sang dans la face de spectateurs assoupis.

Silent Hill Révélation 3D, malgré une fin plus qu’ouverte, signe la mort de toutes les ambitions artistiques de la saga. Bassett livre une suite inutile, boursouflée, ridicule et visuellement très vilaine. Reste quelques créatures inspirées, un bestiaire riche et varié auquel la mise en scène ne fait jamais honneur. Un beau naufrage artistique qui provoque même quelques rires gênés lors de certaines séquences mais qui a au moins l’honneur, en tant que navet, de contribuer à la campagne cinq fruits et légumes par jour. C’est toujours ça de pris.

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