Critique de film

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The Eye

"The eye"
affiche du film

A la suite d'une transplantation de la cornée, une violoniste dénommée Sydney Wells est assaillie d'étranges visions. Afin de comprendre ces troubles, elle se lance la piste du précédent propriétaire de ses yeux.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The eye - Ils l’ont puisé à l’encre de leur yeux...
Par : Damien Taymans

En 2006, les réalisateurs David Moreau et Xavier Palud nous avaient régalés avec leur fameux Ils, prouvant du même coup qu’il n’était pas besoin de disposer de tonnes d’euros pour arriver à faire peur et que le cinéma français ne se portait pas si mal que ça en la matière. Bien entendu, de nombreux réals tricolores l’ont appris à leurs dépens, il n’est pas aisé de faire son beurre dans la patrie de la comédie franchouillarde où l’on toise de haut (peut-être encore davantage que dans les autres pays) les créations touchant au monde du fantastique. Alexandre Aja l’a compris et a émigré aux States tout comme Eric Valette pour One missed call. C’est également le cas de nos deux bonhommes qui firent un long voyage pour flatter quelque peu l’oncle Sam…

Le cas Aja est à part. Le remake du métrage La colline a des yeux de Wes Craven a marqué les Américains (bien qu’il ne m’ait pas moi complètement convaincu) au point que notre cher Alexandre a été propulsé sur le remake de Into the Mirror, film coréen et serait pressenti pour le remake de Piranha de Joe Dante. L’expérience de Moreau et Palud, également aux prises d’un remake d’un film asiatique (The eye des frères Pang), a pris une tournure un peu plus dramatique. Ecartés du tournage pour cause d’un montage peu enclin à faire bander les Amerloques, les deux trublions sont remplacés sur le champ par un jeune réal (Dracula 2000, La voix des morts 2) et monteur Patrick Lussier qui dut s’employer à refaire intégralement le montage en y incluant deux ou trois nouvelles scènes.

Réaliser un remake n’est pas toujours évident. D’un côté il s’agit d’une tâche moins ardue que les autres puisqu’il suffit de reprendre les éléments d’une autre œuvre pour les réimplanter temporellement (La maison de l’horreur, La colline a des yeux) ou géographiquement (le métrage qui nous concerne). D’un autre côté, le remake induit implicitement l’obligation de le comparer à l’œuvre dont il s’inspire. Dès lors, les spectateurs envisagent le remake comme un pillage prémédité et les critiques comme une facilité qu’il faut détruire. Quoi qu’il en soit, il n’est jamais évident d’être tout à fait objectif lorsqu’on regarde un film pareil car il faut se dénuer de tout apriori, mission impossible vous en conviendrez.

Personnellement, marqué par la réussite du film originel des frères Pang, je ne peux m’empêcher d’effectuer des comparaisons incessantes entre les deux œuvres qui, selon moi, doivent s’éclairer mutuellement pour livrer une chronique complète. Moreau et Palud n’ont pas réellement effectué de choix entre les deux solutions qui se présentaient à eux : ou bien faire un copié/collé pur et simple ou bien amplifier l’œuvre en lui donnant un ton propre et personnel. Ainsi, dans ce métrage, de très nombreuses scènes sont de profondes imitations au plan près du film originel (la scène de l’hôpital) tandis que quelques ajouts viennent agrémenter le tout (la surprise de l’appartement).

Scénaristiquement, le film tient la route puisqu’il suit exactement la trame de l’œuvre dont il s’inspire. Quelques ajustement profondément américains viendront parsemer le tout (la donneuse de cornée n’est pas en province asiatique bien sûr mais au Mexique) pour rendre le film plus digeste et légitimer la création de ce remake inutile.

Cependant, le film ne brille pas par son efficacité, la faute à certains choix un peu étonnants qui me font invariablement préférer le film des Pang à celui-ci. Et ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Il est clair que Jessica Alba ne brille pas dans ce film (loin s’en faut) mais l’échec de l’œuvre ne repose pas sur ses épaules. Les raisons de ce ratage viennent plutôt des réals qui ne savent pas sur quel pied danser et reprennent la trame des Pang en se débarrassant de l’âme même de l’œuvre. The eye était à la base un concept certes effrayant mais également romantique, poétique, nous projetant dans le désarroi de cette héroïne qui recouvrait la vue et découvrait avec émerveillement la beauté du monde des vivants tout en étant confrontée au monde terrifiant des morts. Cette donnée est certes toujours présente dans le présent film mais elle est traitée de manière trop concrète, éloignée de toute considération métaphysique, à des kilomètres du traitement lyrique de l’oeuvre source. Moreau et Palud restent pleinement ancrés dans la réalité et ne permettent pas à l’histoire de prendre de plus jolis atours, la condamnant à la pâle froideur des jardins hivernaux. De même, en transposant cette histoire dans la patrie du Pepsi et des Burgers, les réals ont dénaturé l’œuvre en ignorant son contexte inspiré d’une tradition ancrée jusqu’aux racines dans les pensées et coutumes asiatiques. Les explications métaphysiques livrées à la fin du film originel sont ici difficilement transposables en raison d’une mentalité occidentale moins crédule et plus cartésienne.

Dommage pour Moreau et Palud que j’aimais beaucoup mais The eye ne sera pas le tournant de leur carrière (ou alors un virage négatif). Le film a beau avoir été remonté par une tierce personne, il n’en reste pas moins inconsistant et ne ressemble que de très très loin au métrage flamboyant qu’il entend imiter à la perfection.


Critique de The Eye - Le mauvais oeil...
Par : Gore Sliclez

Il fallait s’y attendre quand, il y a deux ans, Xavier Palud et David Moreau offraient à la France un film d’angoisse digne de ce nom que l’hexagone n’avait plus l’habitude de voir au cinéma, une œuvre au succès critique important qui ne pouvait pas rester sans suite. Ils, puisque c’est de ce film qu’il s’agit, renouait avec l’efficacité des films d’angoisse d’antan qui faisaient la part belle à la tension extrême et aux jeux d’acteurs.

Victimes de budgets trop étriqués et de producteurs frileux, les réalisateurs français, dans un exode créatif obligatoire, traversent donc l’Atlantique, accueillis les bras ouverts par des Américains plus ambitieux. C’est là que le couple de réalisateurs se voit recevoir l’opportunité de réaliser le remake des frères Pang The Eye. Passons le pourquoi d’un tel projet pour se focaliser plutôt sur cette expérience américaine intrigante et risquée pour les deux frenchies.

Ne tournons pas trop longtemps autour du pot, le film est malheureusement une déception. La question est de savoir quelle était réellement la liberté d’action des deux réals dans le choix du casting (et allez qu’on nous refile la Jessica !) et dans le choix créatif de certaines scènes. Difficile de reconnaître dans ce film la patte de Palud/Moreau qui dans leur premier film parvenaient pourtant à créer une atmosphère terrifiante et ce avec peu de moyens. Rien de tout cela ici, The Eye aurait pu être réalisé par n’importe quel réalisateur abonné aux films fabriqués, commandés et destinés à un public plus large et plus convenu.

Les rares moments angoissants proviennent de scènes plutôt bien réussies et parfois même impressionnantes même si manquant d’originalité. Comme si l’utilisation d’effets spéciaux numériques rendaient mal-à-l’aise les deux français peu habitués jusque là dans leur carrière. On a bien des bouh, des grrrr et une musique crispante pour saupoudrer le tout d’artifices mais rien n’y fait…

Jessica Alba est égale à elle-même c’est-à-dire peu convaincante et victime malgré elle de sa (très belle) plastique, ce plaisir des yeux faussant la donne quelque peu. Avec elle, Alessandro Nivola (Pollux Troy dans Face/Off) lui aussi peu crédible dans le rôle d’un ORL mais si mignon aux bras de la belle c’est tout bénef pour la prod.


Déception donc pour ceux qui, comme votre chroniqueur, attendait beaucoup de cette aventure américaine. Entre City Lights et le 6ème Sens, le film The Eye est trop gentillet, trop prévisible que pour atteindre son but. À la copie, préférez donc l’original…


Oeuvres liées :

The eye (2002)
The eye 2 (2003)
The eye 3 (2005)

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