Critique de film

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L'Etrange créature du lac noir

"Creature from the black lagoon"
affiche du film

Une équipe de paléontologues traque une étrange créature en Amazonie jusqu'au fond du lagon où elle vit.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de L’étrange créature du lac noir - Vive les monstres Universal !
Par : Quentin Meignant
Tags : Monstres, Aventure

Dans le panel glorieux des monstres créés par les studios Universal (L’homme invisible, Le loup-garou, la créature du Dr. Frankenstein, Dracula,…), il en existe un qui a moins marqué les annales du cinéma que ses immenses prédécesseurs. Il s’agit de L’étrange créature du lac noir qui vit le jour en 1954, après le véritable âge d’or des monstres en tous genres. Le postulat de départ du métrage, fortement influencé par les découvertes biologiques de l’époque (la découverte du coelacanthe que l’on croyait disparu depuis des millénaires), a pourtant de quoi interpeller. La découverte du fossile d’un homme poisson, véritable cousin de l’homme, pousse des scientifiques à s’engager en pleine jungle. Ils sont loin de se douter qu’une autre créature, bien vivante, les guette et tombe peu à peu amoureuse de l’une des aventurières.

Ce scénario, largement inspiré de La belle et la bête et du mythe fantastique de King Kong, revisite donc les plus grands succès du cinéma fantastique d’un autre temps en les plaçant dans un décor exotique hautement appréciable. Le dépaysement est de mise dès les premiers instants du film par le biais d’une photographie de qualité, objet de toute l’attention de William E. Snyder. Nous proposant un lac noir d’une beauté sans pareil et une grotte dépouillée de tout élément mettant en valeur la puissance de la créature, ce dernier offre au réalisateur, Jack Arnold, tout le loisir de nous offrir une œuvre d’exception.

Et c’est donc sans aucun problème que le cinéaste s’exécute. Alternant entre de majestueux plans larges et des gros plans déroutants de la main du monstre tentant de s’emparer des humains, Arnold parvient à ménager surprises et sursauts sans aucun problèmes. Sans nous dévoiler de suite la physionomie de son monstre, il parvient d’emblée à le rendre effrayant. C’est ainsi que, lorsqu’on découvre la créature tout entière (un homme dans un costume de monstre très basique), on se rend compte que la puissance qui se dégage de celle-ci est bluffante. Les gestes du monstre et la capacité d’Arnold à nous proposer un montage rythmé permettent au film à ne pas sombrer dans un ridicule pourtant presque inévitable.

Mais en plus de ces énormes qualités scéniques, les thèmes abordés par le réalisateur viennent encore ajouter de la profondeur à l’œuvre. Les intrications entre le romantisme transpirant de la pellicule dès les premiers moments et la thèse écologiste se révèlent alors. Tout en gardant son statut de monstre, la créature devient émouvante jusqu’à un final grandiose à la mise en scène exceptionnelle.

Suivant une ligne de conduite plutôt originale, L’étrange créature du lac noir monte en puissance pour s’imposer comme le chef-d’œuvre qu’il est. Rarement dans l’histoire du cinéma une créature avait autant ému. Avec ce film Jack Arnold a créé un véritable mythe, hélas trop souvent éclipsé par les autres légendes des studios Universal.


Critique de L’étrange créature du lac noir - Universal redécouvre les fonds aquatiques
Par : Damien Taymans

À l’origine inspiré d’une légende urbaine concernant un homme-poisson vivant en Amazonie, L’étrange créature du lac noir témoigne avant tout de la volonté des studios Universal de redonner un nouveau souffle à une filiale horrifique qui s’épuise. Lasse des cross-over et des parodies douteuses mettant en scène momie, vampire, loup-garou et créature de Frakenstein, la compagnie explore les tréfonds marins à la recherche d’une créature préhistorique, espérant exploiter un filon remis à jour par Le monstre des temps perdus un an plus tôt.

Pour sa deuxième réalisation (deux ans après Le météore de la nuit), Jack Arnold opte donc pour une créature moins opulente que la pieuvre titanesque inspirée des récits de Jules Verne et reprise dans Le monstre vient de la mer mais mise au contraire sur un chaînon manquant entre homme et poisson. Créature amphibie, le monstre du lac noir possède une stature anthropomorphe et ressent des émotions humaines à l’égard de la sublime Kay qu’il entreprend de ravir et de ramener dans son antre souterraine. Proche du traitement de King Kong, le script de L’étrange créature du lac noir tourne essentiellement autour de ces altercations entre l’équipe de scientifiques, dirigés par le désir de gloire ou le simple intérêt de la découverte, et une bête asexuée, désireuse de caresser de ses doigts gourds et palmés le corps alangui de la belle étrangère, qui se cache dans l’ombre et ne se montre qu’avec parcimonie dans un premier temps, avant d’éclater au grand jour et de susciter l’effroi de l’équipage.

Tourné en trois dimensions et distribué de manière restreinte en version « polarisée », le métrage capitalise essentiellement sur ses sublimes séquences subaquatiques magnifiées par la mise en scène toute en légèreté d’Arnold et les chorégraphies lascives des cascadeurs emmaillotés dans des combinaisons de plongée. La créature, quant à elle, bénéficie de deux interprètes qui ont l’honneur d’enfiler le légendaire costume écaillé selon que les séquences sont terrestres (Ben Chapman) ou aquatiques (Ricou Browning qui aura le privilège de la camper dans les deux suites).

L’étrange créature du lac noir, considéré aujourd’hui comme un classique du cinéma d’épouvante, parvient aisément à rendre digeste les multiples redondances de son script filiforme. Progressivement, la tension s’installe, suivant les apparitions de la créature qui se veut de plus en plus menaçante et entreprenante au fil des minutes, au point de chercher l’affrontement continuel avec les intrus qui violent son territoire (autre filiation avec King Kong). Prenant le parti de sa « bête » dont les mésaventures seront surtout déclinées dans l’opus suivant, Arnold crée une œuvre touchante et captivante, émaillée de séquences artistiques (les ballets subaquatiques) et de moments de terreur parfaitement maîtrisés.

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