Critique de film

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Epouvante sur New York

"Q"
affiche du film

A Manhattan règne la panique, causée par d'étranges autant qu'atroces morts. Les policiers chargés de l'enquête, Shepard et Powell découvrent que selon un rite aztèque, la peau et le cÅ

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Trailer - Epouvante sur New York (1982)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Epouvante sur New-York - La vengeance du serpent à plumes
Par : Damien Taymans
Tags : Animaux-tueurs, Monstres

Après avoir réalisé son subversif Meurtres sous contrôles et le deuxième volet de sa trilogie des enfants-monstres avec It lives again, Larry Cohen effectue une véritable traversée du désert cinématographique. La comédie Full Moon High surfant sur la vague du Loup-garou du campus ne le satisfait pas complètement et le projet de J’aurais ta peau tombe à l’eau. Pour contrecarrer les échecs qui s’entassent, Cohen décide de reprendre les choses en main avec la ferme volonté de tourner dans n’importe quelles conditions.

Epouvante sur New-York est l’occasion de faire un film à peu de frais avec le soutien de Samuel Z. Arkoff, producteur habitué au cinéma de genre (Amityville, L’abominable Docteur Phibes). Pourtant, le sujet choisi par Cohen n’est pas des plus simples puisqu’il traite d’un monstre volant qui terrorise la bonne vieille Big Apple en bouffant à l’envolée des Américains lambda. Mais, Cohen n’est pas né de la dernière pluie et, par le biais de louvoiements, le cinéaste parvient à créer un vrai film de monstre sans pour autant vider les caisses de la compagnie…

Contrairement aux films de monstres traditionnels, Epouvante sur New-York ne se borne pas à montrer sous tous les angles sa bête gigantesque pour colmater les brèches d’un scénar trop peu passionnant. Le réalisateur doit justement équilibrer ces apparitions afin de ne pas exploser les moyens rachitiques qu’on met à sa disposition. Dès lors, le filou décide e déployer son intrigue en trois sous-intrigues qui, si elles évoluent indépendamment durant la première partie du métrage, finissent par se recouper pour s’auto-légitimer de la plus belle des manières. A côté du monstre ailé baptisé Quetzalcoalt, analogie de la divinité mexicaine qui réclamait maints sacrifices, subsistent deux trames n’entretenant en apparence aucun lien avec les méfaits de la créature. Quinn, braqueur du dimanche, s’échappe afin de ne pas être appréhendé par la police après un hold-up à l’issue défavorable et, à force de s’élever dans les airs, le bougre découvre le nid du redoutable oiseau. Parallèlement, la police tente difficilement de mettre la main sur un tueur sanguinaire qui s’amuse à écorcher des victimes consentantes en vue de sacrifices pour une divinité obscure.

Ruse adroite que celle utilisée par Cohen pour ne pas trop mettre en exergue sa créature en pâte à chou qui rendrait le métrage ridicule. Dès lors, le métrage aborde de front trois intrigues différentes qui engluent rapidement le spectateur en lui proposant une foule de situations incohérentes qui ne trouveront leur point d’appui que lors de la deuxième partie de l’œuvre. En attendant, il devra se sustenter des brèves scènes jouissives (la pluie de sang, le laveur de vitres décapité, les écorchements, …) et de la prestation étonnante de Michael Moriarty qui signe une prestation cinq étoiles dans la peau de cette petite frappe maladroite, sorte de Stallone incarné par Pierre Richard.

Epouvante sur New-York reste endommagé par les prises de risque du réalisateur qui, à trop s’éparpiller, livre une œuvre parfois incompréhensible, et par le ridicule des effets spéciaux utilisés. Il n’en reste pas moins qu’on passe un agréable moment en compagnie de ce Quinn à l’initiale identique de celle du monstre et qu’on apprécie le tonus de l’œuvre et l’humour décapant de son réalisateur.

Critique d’Epouvante sur New York
Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)

Sorti en 1982, Q - The Winged Serpent (alias Epouvante sur New-York) prend place entre deux œuvres plus méconnues du Larry Cohen-cinéaste : le thriller sur fond de « detective stories » See China and Die (1981) et l’horrifique Special Effects (1984), qui pratique avec brio la mise en abîme (un réalisateur base le scénario de son nouveau film sur un meurtre qu’il a lui-même commis !), offrant au passage le rôle principal à la vénéneuse Zoë Lund, junkie notoire (elle mourra d’une OD à Paris le 16 avril 1999) et brillante collaboratrice d’Abel Ferrara (L’ange de la vengeance, Bad Lieutenant).

A l’époque, Larry Cohen s’est déjà frotté à la blaxploitation (Black Caesar, Hell Up in Harlem, 1973, véhicules pour Fred Williamson), a livré avec succès les deux premiers opus de sa « trilogie des monstres » (Le monstre est vivant, Les monstres sont toujours vivants, 1974 & 78) et le joyau de sa filmo, l’anxiogène Meurtres sous contrôle (God Told Me To, 1976).

Epouvante sur New-York est la seule incartade de Cohen, maître ès scénarios alambiqués, sur le territoire casse-gueule du film de monstre géant. Prudemment, il se protège en mettant en avant des trognes de caractère comme on les aime : David Carradine (immortel Kwai Chang Caine de la série Kung Fu), Richard Roundtree (l’icône black Shaft en personne !) et l’excellent Michael Moriarty, serial killer de la dernière réalisation en date de Larry Cohen : l’épisode Pick Me Up (2006) de la saison 1 des Masters of Horror.

Il confie aussi la création de son reptile ailé (oui, une sorte de dragon…) aux magiciens des VFX David Allen (Hurlements, Ghostbusters II), Randy Cook (The Thing) et Peter Kuran (La guerre des étoiles, Le dragon du lac de feu, Beetlejuice). De quoi donner de la superbe à cette charmante bestiole…

On top of the world

Q démarre fort, par la décapitation d’un laveur de vitres dragouilleur. Shepard (David Carradine, dans un rôle que voulait tenir Bruce Willis, alors peu bankable) et Powell (Richard Roundtree) enquêtent sur l’affaire, mais restent interloqués : comment cela a-t-il pu arriver et où diable est passée la tête de l’infortuné ? Leurs questions restent en suspens et le « dragon » (dont on entraperçoit la gueule) ne tarde pas à faire une deuxième victime. En fin connaisseur, il jette son dévolu sur une donzelle, dévorée en pleine bronzette topless à la cool (la délicieuse Bobbie Burns, que l’on retrouvera en secrétaire dans The Stuff). Son sang éclabousse les passants de la Grosse Pomme, qui cèdent à l’hystérie... Pendant ce temps, un raté, Jimmy Quinn (incarné avec fièvre par Michael Moriarty), piètre musicien et criminel à la manque, s’échappe du casse d’une bijouterie et découvre le nid de la créature en tentant de fuir l’agent de sécurité du Chrysler Building (c’est en l’admirant que le Larry Cohen eut l’idée du film).

Sitôt ces événements ficelés, les attaques du monstre seront de plus en plus soutenues. Mais le réalisateur a l’intelligence de ne nous dévoiler son bébé qu’assez tard dans la narration, ne laissant la plupart du temps voir que des bribes de son anatomie ou son ombre menaçante sur les gratte-ciel new-yorkais. Une solution sans doute pas étrangère au modeste budget du film (estimé à 1 200 000 dollars)…

L’essentiel de Q - The Winged Serpent, tourné à Manhattan, réside dans des prises de vues aériennes de la ville - presque documentaires - et magnifiant son architecture, doublées de plans filmés sur le vif dans la rue, parmi les badauds. Des caractéristiques qui ne font que renforcer l’impact et l’étrangeté des assauts du « dragon », en complet décalage par rapport aux décors naturels de NYC.

Plus original, la créature s’avère selon toute logique (sic) une incarnation de la divinité aztèque Quetzacoatl (le « serpent à plumes », d’où le titre Q), issue d’un sacrifice rituel où un prêtre mexicain a revêtu la peau - fraîchement prélévée - d’un pauvre hère écorché vif… mais consentant ! C’est la théorie à laquelle Shepard sera converti par le responsable d’un musée. D’autres meurtres suivront, dont l’ablation du cœur encore palpitant d’une victime.

Pour le reste, il faut avouer que les conséquences du hold-up manqué impliquant Quinn ne sont guère palpitante, tout comme sa relation un peu caricaturale avec Joan, desservie par le jeu outré de Candy Clark. Mais on s’en contrefout, car les apparitions du monstre font le boulot (ingéniosité du découpage), à l’image de l’art consommé du dialogue Larry Cohenien, culminant lors de cette joute verbale entre Quinn et les représentants de la loi.

Certes, certains pourront chicaner sur le rendu hasardeux de la créature et son animation légèrement maladroite, mais il s’en dégage une poésie rappelant les trucages de Ray Harryhausen. Laissons ces aigris passer à côté d’une série B carrée et bien rythmée, dans le plus pur style de son géniteur - immense Larry Cohen -, que d’aucuns ont une sérieuse tendance à sous-estimer…


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