Critique de film

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Une Epine d'amour

"Une épine d'amour"
affiche du film

Ce film raconte les déboires et les problèmes familiaux d'une fille Lysa, la trentaine fatiguée, droguée, de son ami d’enfance Jack, un dealer et de Chris, un être cher à Lysa, policier dans le Marseille du début des années 2000, où beaucoup de personnes se droguent encore, à l’abri des regards dans les vieux quartiers de Marseille. Il est inspiré d’une histoire vraie, d’un récit biographique d'une amie d’enfance au scénariste et d’un sujet malheureusement devenu intemporel.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Une Epine d’Amour - The French deconnection
Par : Wizzdumb

Victime de l’audace mégalo propre aux premières galettes des réalisateurs fauchés, Ludovic Bornes loupe complètement le coche avec Une Epine d’Amour. Et ce, pour une raison bien simple : plutôt que de privilégier un scénario bien travaillé avec une approche plus sobre – pour ne pas dire humble – et plus en adéquation avec les moyens dont il disposait, il a essayé de se frotter en bon fanboy aux références du film noir. Seulement voilà, on ne rentre pas dans cette arène ingrate cul nul : encore faut-il une idée extrêmement originale pour pallier un budget qui couvrirait à peine les frais de bouche trimestriels de Luc Besson, sinon c’est la curée assurée. Et là, Bornes vient de se faire bouffer tout cru…

Formellement, Une Epine d’Amour est confus, décousu et manque cruellement de lisibilité. Pour tout dire, d’un point de vue sémantique, c’est tout simplement la foire au n’importe quoi : plutôt que de travailler en amont sur l’identité visuelle du film afin de déterminer les enjeux narratifs et instaurer la vitesse de croisière, on a droit à un patchwork inégal et embrouillé qui – au niveau du rythme – ne ferait même pas d’ombre à un lama que l’on fouetterait au son de la Macarena. Aucun moment d’accalmie, juste de la shaky-cam ponctuée de travellings (apaisants) et de plans fixes parfois réussis (la scène du bar, notamment) parfois pas (la scène de la caravane, aveu plus qu’évident des moyens limités). Certaines scènes auraient pu être résumées en quelques plans bien choisis – l’overdose, par exemple – mais cette dernière, à l’instar de beaucoup d’autres, se perd dans une multiplication d’angles inutiles, une absence totale d’ellipse qui aurait pu rajouter un peu de subtilité et se coltine un cameraman farceur (en l’occurrence, monsieur Bornes) qui joue avec le point d’une façon tellement frénétique qu’on se demande presque s’il n’est pas en train de masturber l’objectif.

Alors bon, vous me direz, enfoncer le clou sur l’aspect technique d’un film qui a coûté un peu plus de 5.000€, c’est aussi facile et mesquin que de frapper un homme à terre. Certes. Mais ce n’est pas tant l’avarie de moyens qui est mise en cause que l’utilisation abusive d’un montage cut et aléatoire aussi inutile sur l’écran que prétendument branché sur le story-board.
Et, justement, qui dit story-board dit scénario. Alors, qu’en est-il ici ? Vendu comme un plaidoyer à charge contre la drogue et inspiré d’une histoire vraie (celle d’une amie proche au scénariste – acteur – musicien Jean-Claude Schembri), Une Epine d’Amour est trop inconsistant pour dire qu’il est affligeant. L’intention était peut-être tout autre sur papier, mais le résultat est sans appel : incapable d’installer l’histoire dans sa dimension humaine, Bornes se contente d’enquiller les scènes convenues avec des personnages aussi épais que du papier Kraft, réduits à des stéréotypes grossiers et servis par des dialogues dignes du mode d’emploi de mon dernier grille-pain. Au final, on se fout comme d’une guigne de l’histoire, l’empathie envers les personnages frôle le zéro absolu (et on ne parle plus en Celsius mais en Farenheit), on s’amuse à comparer le personnage de Jean-Claude Schembri à Jean Valjean (version Didier Bourdon), on cherche à comprendre la plus value qu’est supposé apporter Ambroise Michel (Rudy dans Plus Belle la Vie, et mondialement connu dans la région Paca), puis on assiste au coup de grâce : le caméo de Daniel Beretta – voix française officielle de Schwarzie – qui joue le rôle (téléphonique) du capitaine Schwarzenegger, dont les appels sont matérialisés par une sonnerie qui reprend le thème de Terminator. Alors là, WTF ??? Autant imaginer le Pape raconter une blague de cul au balcon du Vatican, tant qu’on y est !

Bref, en l’état, ce scénario ne mérite pas un format de 63 minutes. Preuve en est, l’incapacité chronique du réalisateur à se focaliser sur des scènes importantes (rester dans l’humain et creuser cette densité ne coûte rien), son insistance à privilégier des scènes d’exposition inintéressantes (au choix : le manuel du petit chimiste toxicomane, le périph’ la nuit, les déambulations solitaires dans un hall de gare etc…) et sa volonté de multiplier les lieux de tournage comme s’il voulait faire croire que son plaqué or était un lingot pur. Sauf que cela ne sert à rien de soigner l’enveloppe si l’on n’a pas de lettre à mettre dedans.

Une Epine d’Amour oublie les trois choses essentielles pour réussir son film : un bon scénario, un bon scénario et un bon scénario. En privilégiant l’esbroufe et les pirouettes techniques comme cache-sexe d’une histoire inexistante, le film a l’intensité d’un inconnu armé d’un filtre Melita qui s’approche d’un percolateur. Si Ludovic Bornes a juste l’intention d’en faire une carte de visite pour faire de la vacuité pyrotechnique chez Europacorp, il est sur la bonne voie (en plus, il a partage les mêmes initiales que le big boss). Mais ça serait con de passer pour un analphabète de l’image quand toute une équipe s’est mobilisée pour faire ce film-guérilla. Au moins ont-ils le mérite d’avoir été jusqu’au bout. Espérons maintenant qu’ils apprendront de leurs erreurs. Parce que là, franchement, on a envie de revoir le film avec un bon pétard…


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