Critique de film

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Entretien avec un vampire

"Interview With the Vampire"
affiche du film

A San Francisco de nos jours, le journaliste Malloy est intrigué par l'attitude d'un homme étrange, Louis, qui affirme être un vampire sévissant depuis deux siècles. Durant toute la nuit Malloy enregistre, incrédule, le récit de la vie du prétendu vampire. A la Nouvelle-Orléans en 1791, Louis tentait d'oublier dans le jeu et l'alcool le chagrin causé par le décès de son épouse. Attiré par son désespoir, Lestat, un vampire cruel et raffiné, le mord et lui propose de devenir à son tour un vampire.

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Trailer - Entretien avec un vampire (1994)
Par : Damien Taymans


Entretien avec un vampire
Bande annonce vost publié par CineMovies.fr - Les sorties ciné en vidéo

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Entretien avec un vampire - Once Upon a Time in America
Par : Alan Deprez (Vivadavidlynch)
Tags : Vampires

Suite du cycle Vampires de la Cinematek, qui nous propose un saut dans le temps ; du classicisme gothique du Dracula de 1931 (Tod Browning) au romantisme décadent d’Entretien avec un vampire. L’occasion de (re)découvrir ce qui reste comme le meilleur film de son auteur sur grand écran, toujours dans le cadre accueillant du site historique de Flagey et son Studio 5.

Réalisé par Neil Jordan (La compagnie des loups, The Crying Game) et adapté par la romancière Anne Rice (The Vampire Lestat, The Queen of the Damned), auteur culte des « loligoths » de moins de trente ans, d’après son propre bestseller, Entretien avec un vampire se pose comme un jalon incontournable du genre et une éclatante réussite. Une œuvre à la distribution « de luxe » - qu’il serait bien difficile de rassembler aujourd’hui au vu de l’inflation des salaires : Brad Pitt (Seven, The Tree of Life) et Tom Cruise (Cocktail, Minority Report), notre scientologue préféré, se partagent la tête d’affiche, aux côtés de Christian Slater (Le nom de la rose, True Romance), d’Antonio Banderas (Matador, Attache-moi !), de l’excellent Stephen Rea (Prêt-à-porter, Stuck), Thandie Newton (M-I:2, Les chroniques de Riddick) et d’une toute jeune Kirsten Dunst (Small Soldiers, Virgin Suicides).

Entretien avec un vampire s’avérera comme l’unique œuvre à rendre justice aux écrits sulfureux d’Anne Rice, se révélant extrêmement fidèle dans son érotisme mortifère (cette séquence tétanisante de sacrifice humain « on stage », nous offrant la nudité généreuse de la française Laure Marsac) et un romantisme exacerbé. Visuellement, c’est un festin de chaque instant. Le grand production designer Dante Ferretti (Les contes de Canterbury & Salo ou les 120 journées de Sodome de Pasolini, Casino de Scorsese) érige des décors grandioses, tout en démesure, tandis que Philippe Rousselot (Les liaisons dangereuses de Stephen Frears, Big Fish) nous régale d’une direction photo néo-classique, apparentant les plans à des toiles de grands maîtres (on songe à Vermeer, au Caravage et à bon nombre de peintres italiens de la Renaissance, tel Piero della Francesca). Des images soutenues par la belle ampleur de la BO aux accents lyriques d’Elliot Goldenthal (Alien 3, Demolition Man, Heat), qui accompagne merveilleusement celles-ci.

Grande révélation du film, Kirsten Dunst s’y révèle proprement étonnante et d’une maturité insoupçonnée pour son âge, incarnant le personnage le plus ambigu (osé) du film (on pense par moments aux gamines du magnifique/terrassant Mais ne nous délivrez pas du mal de Joël Séria). Il n’est pas dit qu’il serait encore possible à l’heure actuelle de placer une enfant dans pareilles situations « explicites », en regard de la frilosité des producteurs et de la morale bien pensante caractérisant notre société moderne…

Le film dans son entièreté adopte un sous-texte « crypto-gay » prégnant et peut d’ailleurs s’envisager comme une grande histoire d’amour (avec ses hauts et ses bas) entre Lestat (Tom Cruise) et Louis (Brad Pitt). L’autre doit être possédé et ce besoin irrésistible assouvi dans une urgence « charnelle » (c’est aussi les cas des victimes, vidées de leur sang, bien souvent des catins ramassées à la faveur de la nuit). Armand, personnage profondément ambivalent incarné par Antonio Banderas, se montre très clair sur ce point ; il désire que Louis soit sien et n’hésitera pas à trahir ses amis supposés (Santiago/Stephen Rea et sa troupe de saigneurs artistiquo-bourgeois) pour parvenir à ses fins. Divers aspects qui expliquent le retentissement du film dans la communauté gay, encore toute émoustillée par la vision de ces adonis aux cheveux longs et aux tenues échancrées… On se souvient de l’habileté de Neil Jordan à illustrer le sous-texte sexuel et psychanalytique de La compagnie des loups (1984) ; une démarche peu éloignée du traitement d’Entretien avec un vampire (il est vrai aidé par l’œuvre originale d’Anne Rice). Ce n’est donc guère surprenant de constater que ce sont là ses plus grands films…

Entretien avec un vampire est définitivement un must-see ! Surtout pour ceux qui ne l’auraient pas visionné à la puberté via le magnétoscope familial…

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