Critique de film

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Embodiment of evil

"Encarnação do Demônio"
affiche du film

Après des années d'emprisonnement, Zé du Cercueil revient et continue son exploration féminine afin de trouver une femme capable d'enfanter avec lui un enfant pur...

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Trailer - Embodiment of evil (2008)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Embodiment of evil - Papy fait de la résistance
Par : Damien Taymans

Le cinéaste José Mojica Marins, célèbre créateur de Zé du cercueil, l’un des plus populaires personnages de l’horreur brésilienne, clôt avec Embodiment of evil (Encarnação do Demônio en portugais dans le texte ou L’incarnation du démon pour se la jouer franchouillard) sa trilogie plus de quarante ans après l’avoir commencée, suivant une trajectoire similaire à celle des Dario Argento avec Les trois mères et autres Fritz Lang avec le docteur Mabuse. Le parcours de ce fossoyeur au sang impur à la quête de la femme qui puisse lui assurer une descendance parfaite prend sa source en 1964 avec A minuit, je posséderai ton âme, poursuivi trois ans après par Cette nuit, je m’incarnerai dans ton cadavre. Deux œuvres que Marins écrit, réalise et dans lesquelles il incarne lui-même le maléfique fossoyeur. Embodiment of evil est donc le dernier volet d’un triptyque que le cinéaste n’hésite pas à coiffer d’un superlatif, déclarant qu’il s’agit là de sa plus grande œuvre, d’une Bible de la terreur pour toute l’Amérique latine.

Entre la naissance du personnage et la fin de ses aventures, plus de quarante ans ont passé. Pourtant, le scénario du présent opus est rédigé dès 1966, au lendemain du deuxième volet. Une éternité que l’auteur justifie aisément : « Après plusieurs situations imprévues et quelques incidents tragiques (notamment la mort de deux producteurs qui étaient intéressés par le film), j’ai décidé d’attendre. Cependant, durant tout ce temps, je savais dans mon for intérieur que viendrait l’heure de réaliser ce film. » Le script connaît entre temps six remodelages et Mojica Martins attend patiemment que l’heure de clore le chapitre arrive. Au début de l’an 2000, Paulo Sacramento, producteur de la société Olhos de Cão, et Dennison Ramalho, scénariste, décident de s’associer avec le réalisateur le temps d’un projet. Occasion saisie par Mojica pour exhumer le script ensommeillé par tant d’années de repos. D’ailleurs, celui-ci nécessite une ultime adaptation afin de coller au plus près des intérêts cinématographiques et esthétiques actuels. Une tâche à laquelle s’adonnent d’emblée le tandem de scénaristes composé de Martins et de Ramalho, qui prennent soin de fournir une nouvelle version du manuscrit sans pour autant écorner le langage développé par l’auteur pendant sa carrière. En 2006, Gullane Films entre également dans la danse, rejoignant Olhos de Cão pour une co-production destinée à atteindre des objectifs techniques et artistiques à la hauteur des films d’horreur du marché mondial. Une œuvre qui, malgré son enracinement national, s’avère capable de soutenir la concurrence, d’autant que le cinéaste y a intégré les ingrédients élémentaires à tout film de genre digne de ce noms, y injectant une bonne dose de surnaturel, des tortures et du sadisme tout en dépeignant une nouvelle fois le fossoyeur Zé du cercueil qui a depuis quitté le patrimoine national pour se bâtir une réputation aux quatre coins du globe. Un exode qui trouve une réalité dans le métrage puisque le meurtrier émigre de sa contrée obscure pour hanter maintenant les rues de Sao Paulo.

Les déambulations de Coffin Joe sont, à l’image du personnage, un peu bancales. Grisonnant sur les tempes et atteint par une calvitie ravageuse, l’anti-héros vieillit mal et ses espoirs de création d’une descendance aryenne se réduisent à l’état de velléités. Bringuebalant entre des aspirations actuelles et un script soixantenaire, le métrage revêt des allures un peu bâtardes et se perd entre dialogues longuets d’un autre temps et séquences trash fantasmées renouant avec les torture-porn contemporains.

Loin de constituer l’apogée d’une trilogie, Embodiment of evil recycle une histoire vieille de quarante ans et l’enrobe de considérations contemporaines au point de devenir un résidu déstructuré virevoltant sans vergogne entre réalité et cauchemar, au mépris de l’intelligibilité.

Critique de Embodiment of evil - Brazil, a country for old men
Par : Ursula Von Trash

En 1963, avant l’américain Romero et ses zombies, le réalisateur brésilien José Mojica Marins, invente, met en scène et incarne un personnage macabre : le malfaisant et amoral Coffin Joe.
De son « vrai » nom Zé do Caixao, Coffin Joe est un tueur sadique, dont la perversité des crimes n’a aucune limite. Il apparaît comme un Jack l’Eventreur do Brasil, toujours coiffé de son chapeau haut de forme, une cape sur le dos, ses doigts terminés par d’horribles griffes (que Marins fait véritablement pousser pour le film).

Dans At Midnight I’ll take your soul (premier volet de la tétralogie), Coffin Joe, directeur de pompes funèbres, totalement déviant et cruel, n’a de cesse d’essayer de procréer le fils qui lui succèdera dans la tâche difficile de mutiler, martyriser, dépecer d’innocentes victimes. Mais pas de chance, sa femme étant stérile, son projet est avorté. Dans This night I’ll possess your corpse (1966) et Awakening of the beast (1969), le cauchemardesque Coffin Joe court toujours après la femme parfaite qui portera son enfant diabolique, éradiquant au passage des kilos de chair humaine.

Devenu le Pape brésilien de l’Horreur, Marins ranime en 2008 son célèbre personnage (dont la mythologie a engendré des émissions télé, des bandes dessinées et même des chansons populaires), avec Encarnaçao do Demonio (Embodiment of Evil).

Le film débute dans une prison où après trente ans d’incarcération, Coffin Joe est sur le point d’être libéré. Les griffes du tueur, toujours en quête d’une génitrice, vont pouvoir reprendre du service. Film d’un vieux réal (80 ans au compteur) incarnant un vieux tueur, Embodiment of Evil n’en claque pas moins le museau à une jeune génération de metteurs en scène pour qui le calcul et la prise de risque minimum ont remplacé l’impulsivité et la grandiloquence. Séquences de torture édifiantes (un rat dévore le vagin d’une victime, on crucifie, on démembre…), critique acerbe d’une police violente et corrompue, portrait au vitriol d’une Eglise catholique revancharde, personne n’est épargné.

Sorte de dernière variation sur le thème, le film est parsemé d’extraits des trois volets (intercalés en noir et blanc dans le récit comme autant de flashbacks nostalgiques du vieux tueur). Film d’horreur réflexif sur le passage de flambeau générationnel, film de réal sur la vieillesse, Embodiment of Evil joue avec sa mythologie sans parodie ni effets faciles.

Parfois drôle dans ses excès, toujours malin dans ses crimes,Embodiment of Evil pêche malheureusement par une réalisation un peu datée, sans vision cinématographique novatrice. N’empêche, il ne faut pas bouder son plaisir à la vue de ce facétieux Coffin Joe, décalé dans une époque qu’il ne connaît pas, faisant la seule chose qu’il sait faire de façon malsaine et donc incroyablement réjouissante. Comme quoi à 80 piges on peut encore produire un cinéma subversif, sale et content de l’être. Avis aux amateurs.

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