Critique de film

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Edmond

"Edmond"
affiche du film

La voyante l'avait prévenu : 'Vous n'êtes pas à votre place.' Edmond Burke, cadre supérieur policé et marié, réalise alors qu'il a toujours mené une vie banale et monotone. Sous le choc de cette révélation, il quitte l'ennui rassurant de son foyer pour les bas-fonds de la ville, un monde brutal dont on ne ressort pas indemne. Edmond n'a toujours pas trouvé sa place - si ce n'est une place en enfer...

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Trailer - Edmond (2005)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique d’Edmond - Chute libre
Par : Damien Taymans

Le rendez-vous d’Edmond est postposé à 1h15. En passant dans la rue, il aperçoit le numéro 115 et, suivant sa destinée, atterrit chez une cartomancienne qui, après avoir examiné son tarot, lui lâche un cinglant mais révélateur : « Vous n’êtes pas à votre place ». Edmond décide alors de quitter sa vie routinière et ennuyeuse pour faire le grand saut et découvrir quelle est sa véritable place au sein d’une société qu’il exècre de plus en plus. Il quitte sa femme en lui déclarant froidement qu’il ne l’aime plus et s’enfonce dans l’inconnu : la ténébreuse Big Apple et ses recoins sombres, son marché sexuel, ses dealers et ses criminels…

Le Lovecraftien Stuart Gordon (Re-Animator, Dagon), vieux complice du dramaturge David Mamet et accessoirement scénariste théâtral pour la Chicago’s Organic Theater Company, écope de la réalisation de cette adaptation de la pièce en un acte de l’auteur. Dévoilant petit à petit la descente aux enfers d’un citoyen lambda, Edmond se pose comme une parfaite illustration des amours précoces du dramaturge pour les scénarii retors et manipulateurs qui dévoient les spectateurs en compilant des séquelles de faux-fuyants et de rebondissements. Laissant sa caméra se balader dans les ruelles sombres de New York, Gordon dote son métrage de la cohérence narrative simpliste de l’œuvre originale en même temps qu’il cultive l’imprévisibilité de chaque séquence subordonnée aux agissements incontrôlables de son personnage central. Edmond entre dans les tréfonds de sa propre désillusion en tentant de se libérer et, au fil des mésaventures auxquelles il est confronté, virevolte et volète sans dessein fixe pour tantôt déverser sa haine xénophobe sur le monde tantôt s’enfoncer dans la nef d’une église pour y témoigner de son accomplissement. Des errements narratifs qui interdisent toute classification d’une œuvre qui n’appartient à aucun genre existant en ce sens qu’elle est assujettie aux excentricités de son anti-héros et suit les louvoiements découlant des nombreux heurts et souffrances qui le frappent.

Décrivant le suicide social d’Edmond Burke, l’œuvre s’apparente aux After hours, Chute libre et autres Taxi driver qui proposent une autodestruction similaire de l’individu citoyen (l’homme « mécanique ») au profit de l’homme primitif (l’homme « réel »). Une libération parsemée d’un nombre incalculables d’embûches qui trouve un cadre privilégié dans l’Amérique nocturne dominé par de puissants démons comme la drogue, le sexe, l’alcool et l’argent qui, derrière leurs façades aguichantes, revêtent une réalité bien plus sombre, aliénant chaque individu qui s’enfonce dans le stupre et la fornication. Edmond, dans sa quête, reste harnaché par le poids des traditions et par les leçons apprises. De ce fait, il ne peut pleinement se libérer, se réaliser, se laisser aller, conscient que chaque aventure qu’il vit est un nouveau leurre qui façonne sa désillusion profonde. Une désillusion froide et noire contrebalancée par une nocturne américaine surdominé par les couleurs criardes de néons provocants émanant des discothèques et des peep shows. L’excellent William H. Macy, soutenu par un cast féminin détonant (les sublimes Mena Suvari, Bai Ling et Denise Richards), se montre tour à tour cinglant et corrosif puis frêle et apeuré, symbolisant la délicate condition que l’individu déplacé et abandonné dans un milieu qui n’est pas le sien. Effectuant des allers et venues incessantes au sein de sa propre personnalité, Edmond Burke est à ce sens un miroir parfait de l’œuvre qui se cherche souvent pour se trouver parfois, ternie par une intrigue linéaire aux détours périphériques trop nombreux.

Miné par une prépondérance dialoguée s’assimilant souvent à des verbiages pompeux dont le réalisme avéré ne sert qu’à choquer, Edmond se pose cependant comme un petit frère honorable du cinéma de Scorsese.

Commentaires sur le film

4 etoiles

Ce n’est peut-être pas un chef d’œuvre en termes de réal, mais "Edmond" aurait tout de même mérité une petite sortie dans nos salles car il aborde de manière couillue des thèmes particulièrement essentielles...

27 décembre 2008 à 22:12 | Par rock

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