Critique de film

pub

Edge of sanity

"Edge of sanity"
affiche du film

Henry Jekyll passe ses journées à tenter de multiples expériences liées à sa consommation de cocaïne. Il finit par perdre totalement le contrôle et se transforme alors en une hideuse créature, Jack Hyde. Il parcourt alors les rues de Londres en quête de proies aux abords des maisons de plaisir et des fumeries d'opium.

pub


Trailer - Edge of sanity (1989)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Edge of sanity - Les jours et les nuits de Mr Hyde
Par : Fred Pizzoferrato

Métrage curieux adaptant librement le roman « Dr Jekyll & Mr Hyde « de Robert Louis Stevenson, Edge of sanity aligne un générique particulièrement surprenant qui l’élève immédiatement au rand de curiosité même si le produit fini ne répond pas vraiment à nos attentes.

A la production, nous retrouvons le nom familier de Harry Alan Towers (1920 – 2009), producteur anglais associé avec des métrages variés et souvent assez racoleurs. Dans les années ’60, Towers lance par exemple une saga consacrée à Fu Manchu (interprété par Christopher Lee) avant de s’en prendre à divers classiques littéraires qui, pourtant, ne lui avaient rien fait. Pour une Ile au trésor réputée avec Orson Welles, Towers produit des adaptations érotico-intellectuelles des œuvres de Sacher Masoch ou du Marquis de Sade, comme Venus in fur ou Eugenie, souvent signées Jésus Franco. Towers adapte aussi Agatha Christie (Dix petits nègres), Oscar Wilde (Dorian Gray), Bram Stocker (Les nuits de Dracula), H.G. Wells (Alerte dans le cosmos)…Au début des années ’80, le producteur se spécialise dans l’érotisme avec Fanny hill, Black Venus, Christina, Lady libertine,…puis revient à ses premiers amours en alternant adaptation de romans et nouvelles réputés (Phantom of the opera, Buried alive, Mask of the red dead) et bisseries assumées (American ninja 3, Delta force 3, Hurlements IV). Edge of sanity constitue une sorte de digest des diverses facettes du producteur puisqu’il s’agit à la fois d’une adaptation d’un roman célèbre et d’un métrage racoleur ne lésinant pas sur le gore et l’érotisme. Guère étonnant lorsqu’on découvre à la mise en scène le célèbre pornocrate français Gérard Kikoïne, lequel, en une dizaine d’années et une trentaine de long-métrages (dont les quasis classiques Bourgeoise et pute, Prison très spéciale pour femmes et La clinique des fantasmes) s’est imposé comme un des meilleurs cinéastes français du X avant de se tourner vers le cinéma traditionnel pour une fin de carrière sans beaucoup d’éclat. Autre figure marquante de l’érotisme et de l’exploitation, Jésus Franco (l’homme aux deux cents films !) co-signe le scénario de ce Edge of sanity sous le pseudonyme de J.P. Félix… c’est du moins la théorie communément admise même si cette information n’est pas vérifié.

Enfin, le rôle principal est confié à Anthony Perkins, lequel, déjà fortement marqué par la maladie (il décéda du Sida quelques années plus tard), effectue une performance mémorable et outrée s’inspirant à la fois du Norman Bates de Psychose, du prédicateur obsédé des Jours et les nuits de China blue et d’une rock star défoncée à la Iggy Pop.

L’intrigue de Edge of sanity, pour sa part, se révèle assez classique. Le docteur Henry Jekyll tente diverses expériences sur la drogue, entre autre la cocaïne, afin de progresser dans sa pratique médicale. Un jour, un chimpanzé de laboratoire déclenche involontairement une réaction chimique aboutissant à un nouveau composé dont la propriété est de libérer les émotions réprimées. Jekyll se laisse ainsi envahir par la personnalité de son alter-égo, Mr Hyde, qui, la nuit, erre dans les quartiers mal famés de Londres et sème la terreur chez les prostituées…
Mixant le roman de Stevenson avec les faits réels de Jack l’Eventreur, Edge of sanity constitue surtout une production racoleuse se parant d’alibis intellectuels pour justifier de nombreuses séquences d’érotisme déviant et de gore gratuit. La mise en scène efficace quoique tape à l’œil, élève cependant quelque peu le propos, de même que des « productions values » de qualité, notamment en ce qui concerne les costumes et décors, plutôt soignés. L’utilisation des couleurs et des angles de caméra révèlent aussi l’application du cinéaste à livrer un produit bien léché et d’une bonne tenue visuelle, voire inventif, même si cet esthétisme a depuis été largement pillé par des direct to dvd et autres téléfilms pseudo audacieux de seconde partie de soirée.

Malheureusement, plus porté sur le gore et les scènes sexy que sur les implications morales sous-jacentes à l’œuvre de Stevenson, Gérard Kikoïne survole son sujet et n’approfondit pas le débat entamé via l’une ou l’autre répliques prometteuses. Le cinéaste se contente de livrer, entre les séquences chocs, de brèves considérations vaguement philosophiques sur le Bien, le Mal, les pulsions, les normes sociales, etc. Néanmoins, et en dépit du manque d’originalité des discours énoncé, cela suffit à rendre le métrage un poil plus intéressant qu’un banal slasher en costume d’époque.

Anthony Perkins, pour sa part, livre une performance mémorable et excessive, un numéro de cabotinage en roue libre n’évitant pas toujours le ridicule mais suffisamment déjanté pour retenir l’attention. Traumatisé par sa jeunesse (vue lors de l’ouverture du métrage), Perkins incarne un voyeur frustré à la sexualité déviante aimant par exemple masturber des prostituées à l’aide de sa canne. D’abord horrifié par sa propre violence, Jekyll / Hyde finit par en jouir sans entrave, l’acteur se lâchant totalement dans son interprétation excessive. A côté de Perkins, le reste du casting apparaît malheureusement sans saveur et les personnages, à peine caractérisés, ne possèdent pratiquement aucune épaisseur et versent souvent dans le manichéisme.

Moins mauvais que sa réputation le laisse supposer, Edge of sanity constitue un divertissement pas très réussi mais sauvé de la médiocrité par un Anthony Perkins mémorable et une mise en scène versant effrontément dans l’exploitation. Sanglant et sexy, Edge of sanity s’apprécie comme une petite curiosité plutôt ratée mais pas désagréable à suivre pour les plus pervers.


Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Galerie photos

photo 20338 photo 20339 photo 20340 photo 20341 photo 20342
Voir la galerie complète

Récentes critiques

affiche du film
Jessie
2017
affiche du film
The Babysitter
2017
affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017
affiche du film
Pirates des Caraïbes : La vengeance de Salazar
2017
affiche du film
The End
2016

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage