Critique de film

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Eden Lake

"Eden Lake"
affiche du film

Jenny est maîtresse d'école. Elle et son petit ami quittent Londres pour passer un week-end romantique au bord d'un lac. La tranquillité du lieu est perturbée par une bande d'adolescents bruyants et agressifs qui s'installent avec leur Rottweiler juste à côté du couple d'amoureux. A bout de nerfs, ces derniers leur demandent de baisser le son de leur radio. Grosse erreur ! Qui ose dire quoi que ce soit aujourd'hui à une bande de jeunes qui se conduisent mal ? Qu'arrive-t-il à ceux qui osent ? Quel poids les adultes ont-ils sur ces jeunes ? Les parents n'auraient-ils pas finalement les enfants qu'ils méritent ?

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Trailer - Eden lake (2008)
Par : Damien Taymans


EDEN LAKE : BANDE-ANNONCE VOST par baryla

Les critiques à propos de ce film

Critique de Eden Lake - Délinquance juvénile
Par : Romain Mollet
Tags : Survival

Le cinéma de genre britannique regorge de metteurs en scène à suivre. Des noms ? Edgar Wright, Neil Marshall (que l’on salue, ainsi que sa marraine de femme), Paul Andrew Williams ou encore Christopher Smith. Et il faudra désormais ajouter James Watkins, auteur de ce surprenant survival aux relents de drame social, qui nous plonge dans une brousse anglaise assez dépaysante.

Steve et Jenny, un joli petit couple campé par les excellents Kelly Reilly (bavez messieurs) et Michael Fassbender (bavez mesdames), décident de passer un week-end tranquille dans un petit coin de paradis devenu résidence pour personnes aux revenus moyens. Une fois sur place, tout serait parfait s’il n’y avait pas une bande d’adolescents impolis et grossiers (bref, des sales djeunzs) menés par un leader sadique. Après un dérapage de trop de la part des deux adultes, la bande fera tout pour avoir leur peau.

Certes, les films où des mineurs veulent massacrer des adultes ne sont pas nouveaux, on compte parmi eux des chefs-d’oeuvre comme Les Révoltés de l’An 2000 ou Class of 1984, mais Eden Lake ne ressemble à aucun de ces derniers et se pose davantage du côté d’un Délivrance. Dès le début du film, Watkins nous fait partager sa vision sur le sujet de la délinquance juvénile de plus en plus fréquente outre-Manche (alors que son scénario fut écrit 3 ans avant les incessantes bagarres à l’arme blanche dont raffolent les médias). Selon lui, la violence d’un enfant est justifiée par l’autorité parentale, et ce sujet confère une dimension psychologique au film qui le rend immédiatement dérangeant. D’autant plus que ces jeunes "Tony Montana" n’ont aucune pitié et que les sévices sanglants (bravo à l’équipe des maquillages et effets spéciaux !) dont ils sont responsables, filmés via un téléphone portable, sont atroces de sadisme, à tel point qu’ils peuvent paraitre exagérés.

Mais Watkins distille d’abord la peur par petites touches, de façon efficace, usant d’idées plus originales les unes que les autres (vous avez déjà sursauté à la vue d’un molosse qui aboie ?) et du score qui soutient la réalisation maitrisée de bout en bout. Très peu d’effets stylistiques inutiles, mais une véritable personnalité cinématographique où il utilise son décor comme une menace à part entière, aussi dangereux que les esprits rebelles qui le parcourent en BMX. Ainsi, alors qu’elle s’enfuit, la résistante Reilly s’enfonce une pointe dans le pied, et dans un effort surhumain, tente de le retirer. C’est l’une des nombreuses souffrances physiques que le réalisateur n’hésite pas à filmer au lieu de suggérer, de même que les plaies de son fiancé ou encore la furtive "punition" déchirante d’un des enfants causée par l’évasion de la martyre. Le métrage permet également d’admirer les performances de jeunes comédiens, dont la coqueluche de This Is England, Thomas Turgoose, ou encore Jack O’Connell, le tyrannique et dérangé chef de bande.

Eden Lake est un premier film barbare et puissant, un voyage en spirale au bout de la peur, comme le prouve une fin aussi émouvante que traumatisante, concluant parfaitement le sujet que le metteur en scène à su développer avec intelligence, le classant ainsi parmi les meilleurs films de genre de ces dernières années. Alors, on en vient déjà à demander du nouveau de la part de Watkins, dont on réentendra parler l’année prochaine avec The Descent 2 dont il est scénariste et assistant directeur, et bientôt avec un thriller fantastique dont on ignore tout pour le moment... mais on peut d’ores et déjà affirmer que c’est une nouvelle figure virtuose.


Critique de Eden Lake - Les enfants flattent quelquefois les vieillards, mais ils ne les aiment jamais (Jean Jacques Rousseau)
Par : Seb Lecocq

De qui se moque-t-on ? Les autorités nous affirment que la crise de la vache folle est définitivement morte et enterrée et que le bœuf anglais est de nouveau prêt à venir garnir nos assiettes ? Ah bon ? Comment expliquer ce qui se passe en Angleterre dans ce cas ? 28 Jours Plus Tard, Dog Soldiers, The Descent, Creep, Wilderness, Outpost, Severance, Shaun Of The Dead, Hot Fuzz et maintenant Eden Lake ? Hormis les conséquences d’une trop grande ingestion de bœuf foldingue, je ne vois pas comment de tels films ont pu fleurir en Angleterre en si peu de temps. Des films fous, justement, violents, sans compromis ni concessions commis par une génération de talentueux réalisateurs britons élevés au Burger King « 100% pure beef ». Non la maladie de la vache folle n’est pas éradiquée, oui de nombreux humains ont été contaminés mais bon relativisons, si cette maladie permet de créer de telles œuvres, finalement, on peut se dire que la vache folle, ça a du bon.

Après les confirmations de Christopher Smith et Neil Marshall, c’est maintenant James Watkins qui se lance dans la bataille avec son Eden Lake et ses ados turbulents. « Dès demain, on va nettoyer au Kärcher la cité des 4.000. On y mettra les effectifs nécessaires et le temps qu’il faudra, mais ce sera nettoyé. » « Vous voulez qu’on vous débarrasse de ces racailles ? Et bien on va vous en débarrasser. » Ces deux déclarations fracassantes sont le fait du président français Nicolas « Tony Montana » Sarkozy, A n’en point douter ces deux phrases choc ont dû influencer James Watkins lorsque, seul dans sa petite chambre de bonne londonienne, il écrivit le scénario de ce qui allait devenir Eden Lake. Car assurément son métrage nous parle de racailles, de petites frappes à l’accent cockney, de jeunes désabusés qui ne respectent rien ni personne. Des ados à qui une bonne fessée ne ferait pas de mal, comme vous dites ma bonne dame. Et cette charmante pensionnée qui arpente son trottoir dès cinq heures du matin pour le rendre plus gris que gris de seriner sempiternellement son : de mon temps, les jeunes c’était autre chose, savez vous…

Vous l’aurez compris, Eden Lake parle d’enfants, d’ados turbulents et violents. Le film de James Watkins est avant tout un film de genre pur et dur qui se base sur un postulat de départ très simple. Un couple bien sous tous rapports parti camper dans la campagne anglaise se fait prendre en grippe et traquer par une bande de sales gamins. Pitch simple comme bonjour certes, mais toujours garant d’une efficacité à toute épreuve. Un survival ? Oui mais pas que... car le film se fait aussi l’écho de la recrudescence d’agressions à l’arme blanche par de jeunes ados à peine sortis de l’enfance innocente et du récent phénomène du happy slapping (des agressions filmées par téléphone portable). On y retrouve une dimension sociale mêlée à l’angoisse et à l’horreur. Watkins commence par décrire ce gentil couple d’Anglais moyens et distille son angoisse via un crescendo qui trouvera son point culminant dans le climax du film. D’une musique au volume trop élevé au rottweiler trop envahissant jusqu’aux animaux torturés. De quoi faire flipper le petit bourgeois qui sommeille en chacun de nous. Watkins maîtrise suffisamment son écriture que pour nous pondre des personnages plus vrais que nature aux réactions tellement naturelles que c’en devient déroutant. On aurait tous réagis comme Steve. Tous. Et comme lui, personne ne se serait douté des proportions que cette histoire allait prendre.

Après avoir franchi le point de non-retour, Steve se voit obligé de faire face aux ados aux réactions disproportionnées. Pour le chef de la bande, la vie d’une chienne équivaut à celle d’un être humain (euh, pour Brigitte Bardot aussi ! - ndlr). Désormais, pour lui ce sera une vie pour une vie, répondant à la lettre à la célèbre loi du talion, ni plus ni moins. C’est dans cette escalade de la folie que nous plonge Watkins. Ayant bien assimilé les codes du survival, il livre rapidement Steve aux petites mains boudinées de notre bande d’enfants pour s’intéresser à sa compagne Jenny (stupéfiante Kelly Reily). Celle-ci, adepte de la non-violence et de la pédagogie enfantine, va devoir réveiller ses plus bas instincts pour délivrer son compagnon et fuir le plus loin possible. Une attitude toute féminine en comparaison à celle de Steve qui directement fonce vers l’affrontement, tenu en laisse par son ego viril. Bien vite dépassée et horrifié par l’absence de limites des jeunes, Jenny va devoir passer à l’action elle aussi. Moment choisi par Watkins pour transformer son métrage en un Vengeance d’une blonde façon The Descent. Et en fait non… Watkins opte pour un chemin différent en vue de surprendre le spectateur. Est-ce réussi ? Oui et non...

Oui car effectivement les actions de Jenny troublent le spectateur habitué à découvrir des héroïnes plus bad-ass qu’humaines, prêtes à se remonter les manches pour aller botter des culs. Watkins opte pour des chemins détournés, pour finir sur, peut-être, une note moins attendue et plus perverse. A la fois plus sombre et plus timorée, comme si son auteur n’avait osé s’attaquer frontalement à l’un des derniers tabous du cinéma d’horreur pour mieux surprendre le spectateur et affirmer le coté « critique sociale » de son œuvre. A savoir : Il n’y a pas de mauvais enfants, il n’y a que de mauvais parents.

Non car Watkins, en se dégonflant sur la fin, nie les envies et les attentes du spectateur. Pour une fois, je sors de mon devoir de réserve de rédacteur pour donner mon opinion personnelle. J’attendais, je voulais voir Jenny botter les fesses de ses sales jeunes, de ses p‘tits cons. Oui je voulais que Jenny leur rende la monnaie de leur pièce, quitte à sacrifier l’humanité de son personnage sur l’autel d’une surhumanité toute cinématographique. Oui je voulais que Jenny se transforme en ange vengeur, froid et déterminé à la Charles Bronson. Watkins après avoir fait monter la sauce me prive de la conclusion que j’attendais.

Eden Lake est certes un bon film, très bien mis en scène, même si certains plans pompent allègrement The Descent de Marshall, interprété avec une force et une justesse peu commune par Kelly Reilly et Jack O’Connell, les deux stupéfiants dans leurs rôles respectifs. Watkins prépare un excellent repas durant une petite heure et demie mais foire son dessert en beauté ce qui laisse, en conclusion, un goût légèrement amer en bouche.


Critique de Eden Lake - Lake of Hell
Par : Quentin Meignant

Le cinéma de genre est devenu au fil des années une valeur sûre en Angleterre. Si le pays a connu une grosse crise horrifique après la disparition de la mythique firme Hammer, celle-ci semble désormais totalement révolue. De comédies hilarantes (Hot Fuzz, Shaun of the Dead) en films de trouille (The Descent) en passant par les œuvres zombiesques (28 jours plus tard), les réalisateurs anglais ont su se renouveler et surprendre sans cesse leur public. Au milieu des Marshall, Wright et Boyle, certains cinéastes inconnus commencent à montrer le bout de leur nez. Si Paul Andrew Williams avait surpris avec son savoureux Bienvenue au cottage, la révélation anglaise de 2008 est à n’en point douter Eden Lake, première réalisation de James Watkins, qui avait déjà participé à l’écriture du très piteux My Little Eye. Eden Lake narre l’histoire de Jenny, une maîtresse d’école, qui quitte Londres avec son petit ami pour passer un week-end romantique à la campagne. La tranquillité des lieux est troublée par une bande d’ados mal élevés qui font du bruit et s’amusent avec un rottweiler. C’est à cet instant que la vie des amoureux, qui se sont risqués à faire une remarque aux jeunes gens, bascule dans l’horreur.

Après avoir jeté les bases de son histoire en procédant à une présentation fort succincte de ses deux protagonistes principaux, James Watkins entre directement dans le vif du sujet en mettant en scène le départ des amoureux vers des lieux plus sereins. Dès cet instant, le réalisateur offre un magnifique aperçu de ses qualités par le biais d’un score agréable et l’emploi d’une photographie magnifique. La beauté de ces séquences contraste totalement avec une intrigue qui, petit à petit, offre une certaine tension à l’ensemble. Ainsi, dès l’apparition des tortionnaires, alors encore assez calmes, Watkins instille, avec un certain génie, une ambiance qui tend vers l’anxiogène. Très vite, l’angoisse et le rythme effréné tant attendu prennent le pas sur toute autre considération, ne laissant que peu de temps mort à une aventure haletante à la mise en forme toujours parfaite.

Dès lors, même si un classicisme un peu trop évident vient entacher l’ensemble, l’aventure se déroule avec un sens incroyable du rythme. Dotée d’une certaine forme de sadisme, l’œuvre se laisse alors apprécier grâce à quelques scènes véritablement malsaines, à défaut d’être copieusement gores. La tension montant en parallèle avec véritables coups de boutoir instaurés par Watkins, ce dernier porte ce que l’on croit être l’estocade finale en opérant un virage à 180°, les tortionnaires devenant les victimes d’une vengeance sauvage. Sans jamais voir son rythme diminuer, Eden Lake offre alors un tableau on ne peut plus réussi de la folie humaine jusqu’à un final… encore plus barré que le reste du métrage.

Watkins réalise donc avec Eden Lake un véritable tour de force, transformant un banal survival en œuvre choquante et malsaine. Si le classicisme adopté par le réalisateur irrite à certains moments, le film en lui-même est un produit complètement ébouriffant et s’avère être un véritable modèle du genre. Eden Lake a sans aucun doute sa place parmi les meilleurs survivals jamais vus et fait office de véritable ovni dans le panorama du cinéma de genre contemporain.

Commentaires sur le film

Eden Lake

5 etoiles

Un survival exemplaire et original. Bien filmé, très bien joué, le film nous amène dans un monde violent (et nous confronte par la même à ce que l’on ne veut pas voir). Le récit est limpide et c’est surtout son pessimisme voire son nihilisme qui marque profondément. Excellent.

1er mai 2012 à 15:05

0 etoiles

28 août 2014 à 10:08 | Par islam mebarki

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