Festival Offscreen

EVENTS - OFFSCREEN 2015

Tribute to ABC Cinema

John Leslie et Desiree West dans "SexWorld".

Au Offscreen Film Festival, le soir du vendredi 20 mars 2015 était placé sous le signe du sexe et de l’hédonisme. Le cinéma ABC (mythique cinéma porno bruxellois fermé en 2013 et sis au boulevard Adolphe Max-ndr) y avait les honneurs d’un tribute, dans le sillage de sa campagne de sauvetage lancée en mars 2014 par la fondation Cinéact, née des efforts conjugués du Offscreen, du Cinéma Nova et de La Rétine de Plateau. L’objectif était clair : préserver et archiver le matériel disséminé sur place (bobines de films 35 mm, affiches, photos promotionnelles, …) - ce qui a été fait en collaboration avec la Cinematek -, mais aussi maintenir l’affectation de la salle, qui présente un profil architectural singulier et à nul autre pareil dans la capitale belge.

Johnnie Keyes entreprend Sharon Thorpe dans "SexWorld".

L’opération s’est compliquée à la suite du soudain décès du propriétaire des lieux (le mystérieux Monsieur Scott) et pour l’heure, deux procès sont toujours en cours, afin que l’endroit ne se transforme pas en restaurant ou en magasin de vêtements… On se souviendra que les festivités prévues à l’ABC pendant la Nuit Blanche 2014 avaient tourné court, puisque l’équipe du Offscreen s’était retrouvée face à une porte cadenassée ; le fils du propriétaire ayant décidé d’en interdire l’accès et, plus grave, de débuter certains travaux de démolition à l’intérieur, faisant fi des accords que son père avaient passés… Le combat continue et je ne peux que vous enjoindre à faire un tour sur la page de l’ABC Cinema rescue mission.

Par respect pour les donateurs et les nombreux sympathisants du projet, les forces vives du Offscreen avaient donc décidé de postposer ces réjouissances pendant l’édition 2015 du festival. La soirée était hostée par le sémillant Julian Marsh, aussi à l’aise au micro que dans son rôle de fondateur de l’Erotic Film Society (une association de personnes de goût, jetez donc un œil - même deux - à leur site !), et réservait son lot de surprises. En sus des trois films projetés et entrecoupés des shows de striptease de ravissantes créatures (comme à la grande époque du cinéma ABC !), le programme comptait la vidéo d’une visite de l’ABC par trois membres du Nova (visiblement, Gilles Vranckx s’est régalé !), un reportage sur les fidèles spectateurs de l’endroit, ainsi qu’un florilège de trailers hard issus des archives du cinéma (dont celui de Forbidden Pleasures - alias Slips fendus et porte-jarretelles -, avec Marilyn Jess et Jean-Pierre Armand) et un concours de topless hula hoop, pendant lequel un Rémy Satan Legrand en transe a forcé l’accès à la scène, pour finir par s’enfiler une carotte en plastique dans le cul… La consternation du public était grande, pour ceux qui ne connaissaient pas l’énergumène. En voilà un qui ne changera jamais. « L’homme aux seins est dans la salle… fuyez ! »

Ouvrons la boîte à coquineries

Les trois longs-métrages en copies 35 mm, autour desquels s’articulait la soirée, étaient SexWorld (1978), New Wave Hookers (Le diable par la queue, 1985) et Skintight (1981). Déjà chroniqué de long en large par le Loup derrière la Bergerie (pour l’article, c’est par ici), New Wave Hookers marque une nette transition entre le hardcore des 70’s - centré sur les personnages et les situations - et celui des 80’s, ouvertement clinquant (style, coiffures, maquillages, …) et offrant une part plus grande à la performance. L’œuvre de Gregory Dark (qui s’est peu à peu reconverti dans la télé, la pub et les vidéoclips) peut être considérée comme une source d’inspiration à laquelle sont continuellement venus puiser les « éroto-formalistes » Andrew Blake (Night Trips, House of Dreams) et Michael Ninn (Latex, Forever Night).

Premier long-métrage de la soirée, SexWorld est dû à Anthony Spinelli, l’homme derrière le classique pour adultes Talk Dirty to Me (1980), qui offrit sans doute l’un de ses plus beaux rôles à Richard Pacheco, un des hardeurs les plus à l’aise dans la comédie. Dans un même ordre d’idées, puisque SexWorld repose entièrement sur sa galerie de personnages aux profils variés (un businessman macho, une opératrice de téléphone rose aliénée à son boulot, etc.), c’est donc en toute logique que Spinelli avait décidé de ne caster que des personnalités pouvant allier performance sexuelle et acting (sur le plateau, connaître ses dialogues était fondamental). Il a donc porté son dévolu sur la Barbara Broadcast de Radley Metzger : la divine Annette Haven (Desires Within Young Girls, Dracula Sucks, Soft Places), qui se révèle toute en fragilité dans la peau d’une lesbienne sortant d’une histoire d’amour douloureuse et désirant se reconnecter à son hétérosexualité passée.

Les autres caractères sont campés par des visages connus des amateurs : l’omniprésent John Leslie (plus de 300 apparitions dans le genre, de 1975 à 2011 !) prête son charisme à l’homme d’affaires précité, qui s’ébroue en compagnie de la volcanique Desiree West (Devil’s Playground, Love Slaves), une des toutes premières stars afros de la Porn Valley, alors que le reste de la distribution est complété par la craquante brunette Lesllie Bovee (Maraschino Cherry, The Ecstasy Girls), mais aussi Sharon Thorpe (Femmes de Sade - chroniqué dans le CinémagFantastique N°4) - qui se ménage un cinq à sept avec l’étalon black Johnnie Keyes, rendu célèbre par le Derrière la porte verte (Behind The Green Door, 1972) des frères Mitchell - et la pulpeuse Kay Parker, dont la série des Taboo (du roleplay sur fond d’inceste) fera la renommée. SexWorld nous plonge dans les activités d’une société qui propose, durant un weekend, de régler les problèmes de libido de ses clients et d’assouvir leurs fantasmes. Un pitch idéal pour ce mélange entre humour grivois et sexe échevelé, qui nous a été servi en version soft.

Au petit matin, juste après New Wave Hookers (en allemand non sous-titré !), les spectateurs endurants ont pu découvrir Skintight (Ed De Priest, 1981), à la sexualité plus frontale et dont le scénario minimaliste est propice à l’étalage de chair. Il dépeint la vie d’une clinique spécialisée dans les troubles érectiles, où les séduisantes doctoresses (la plus douée ? Annette Haven, alias Samantha) sont prêtes à tous les sacrifices pour guérir leurs patients. Ces professionnelles de la santé - parmi lesquelles on reconnaît la méconnue Maria Tortuga, vue dans Plato’s : The Movie (Joe Sherman, 1980) ou Never So Deep (Gerard Damiano, 1981) - officient sous la direction du Dr. Chambers (la star Paul Thomas) et comptent parmi leurs protégés le musculeux Randy West (Frisky Business, Backside to the Future) et son affreux mulet.

Mais de cette constellation de stars, on retiendra surtout les apparitions fantasmatiques de Lisa De Leeuw (800 Fantasy Lane, Co-Ed Fever, divers Swedish Erotica), chère aux fans pour son appétit sexuel vorace, ses performances anales et ses formes voluptueuses. Cette dernière a connu une fin tragique : après avoir sombré dans la toxicodépendance, elle succomba au sida à l’âge de 35 ans. Elle aurait contracté le virus du fait de son addiction aux drogues dures, bien que certains chuchotent que c’est John Holmes qui l’aurait infectée. Malheureusement, ce genre de destins n’est pas rare dans la galaxie du hard…

La pulpeuse - euphémisme - Lisa De Leeuw.

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