Festival Offscreen

EVENTS - OFFSCREEN 2014

The Image et Misty Beethoven : soumission et Art du 5 à 7

Le Offscreen Film Festival n’a lieu que depuis 6 jours, mais il est déjà l’heure de faire ses adieux au maître de l’érotisme Radley Metzger, après un dernier double programme : The Image (L’esclave, 1975) et The Opening of Misty Beethoven (1976). Toutes les bonnes choses ont une fin…

Fort heureusement pour nous, le cycle Metzger de ce Offscreen 2014 se concluait par deux œuvres imparables et The Image ouvrait le bal. Radley Metzger, qui n’en était pas à sa 1ère tentative (il a souvent travaillé sur base d’écrits préexistants), y adapte un des grands classiques de la littérature rose : L’Image de Catherine Robbe-Grillet (signé du pseudo Jean de Berg). Il en conserve la structure en chapitres, pour aboutir - comme prévu - à un résultat raffiné et esthétisant, contrastant avec la dureté de façade du rituel SM.

Marilyn Roberts a les yeux revolver...

Comme le cinéaste l’a judicieusement rappelé hier, les enjeux narratifs du film ne reposent pas sur de la maltraitance envers autrui (on avait osé le lui reprocher après une projection du film), mais sur des rapports librement consentis et un jeu de rôles formant le socle du BDSM. The Image voit ses enjeux narratifs conditionnés par la relation ambivalente entre 3 personnages : un homme (Carl Parker, déjà à l’affiche de Score dans la peau du dépanneur débonnaire à la casquette rouge) s’immisce dans la relation sadomasochiste très poussée entre une de ses anciennes amies (Marilyn Roberts, très convaincante en domina) et une jeune esclave (la blonde à l’allure virginale Mary Mendum, connue sous le nom de Rebecca Brooke et que l’on reverra dans Laura’s Toys du pionnier de la sexploitation Joseph W. Sarno).

Dans sa version uncut, le film outrepasse son statut de softcore, en se complaisant dans des actes fellatoires et uros non simulés. Un caractère explicite qui pourrait choquer, mais n’est guère étonnant quand on resitue le chef-d’œuvre vénéneux de Metzger ; The Image succédant en effet à ses deux premiers hard (The Private Afternoons of Pamela Mann et Naked Came the Stranger). L’œuvre alterne entre séduction et répulsion, excitation et brutalité, formant un alliage aux nombreux et sombres reflets. Le résultat est remarquable à plus d’un titre, soufflant le chaud et le froid, en digne reflet de la « doctrine » BDSM. Tout simplement.

Du rire à l’orgasme

The Opening of Misty Beethoven - LE chef-d’œuvre porno d’Henry Paris (pseudo habituel de Metzger lorsqu’il s’adonne au hardcore) - mettait un terme à la soirée. Il peut-être considéré comme un des rares avatars de films pour adultes à l’humour juif décalé et sarcastique (Radley Metzger ne s’en était rendu compte que sitôt le montage terminé), qui lui ménage une place à part dans la production explicite de l’époque.

Le Dr. Seymour Love (Jamie Gillis, parfait), sexologue des plus réputés, s’y octroie le rôle de pygmalion d’une prostituée (Constance Money, qu’on retrouvera dans le Maraschino Cherry de Metzger), qu’il se met en tête de coacher pour qu’elle devienne le meilleur coup au monde. Une fois de plus, l’ex-théâtreux off-Broadway qu’était Gillis a saisi sa chance : celle de prouver l’étendue de sa palette d’acteur, alors que beaucoup en circonscrirait volontiers le talent à son seul chibre dodu…

Constance Money perfectionne sa technique !

Les scènes de baise de cette version coquine de My Fair Lady, loin d’être à unique visée branlatoire, catalysent les affects des personnages et font évoluer l’intrigue. Ces péripéties sont mises en valeur par des décors finement travaillés, entre stylisation (mobilier design et géométrique) et opulence de la bourgeoisie (le domaine du Docteur, où se passe une bonne partie du film).

Ce ne sont pas les seuls mérites de Misty Beethoven, qui a le bon goût de réunir le couple mythique du somptueux The Story of Joanna (Terri Hall et Jamie Water Power Gillis) et d’avoir révélé Gloria Leonard. Cette dernière deviendra rapidement une des grandes stars du hard US de l’Âge d’Or (70’s-early 80’s) et une personnalité-phare du féminisme au pays de l’Oncle Sam. Entre autres choses, on se souviendra aussi que le film offre un coït entre Calvin Culver (alias Casey Donovan) - cowboy gay de Score (1974) - et Constance Money, ainsi qu’un plan à trois où Ras Kean (Ras King, vu dans Candy Lips) entreprend Gloria Leonard, tout en se faisant visiter l’entrée des artistes par un strap-on…

Gillis, le seul, l'unique...

A cette époque, un esprit libertaire planait dans l’air et il n’était pas rare de retrouver des scènes homos (masculines, le saphisme étant une figure presque imposée-ndr) au sein d’une production hétéro, à l’exemple du majordome Zebedy Colt gratifiant son patron Jamie Gillis d’une gâterie dans The Story of Joanna (1975). Ce serait impensable de nos jours, où les pratiques et tendances sexuelles sont sagement compartimentées en niches…

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