Festival Offscreen

EVENTS - OFFSCREEN 2013

This Filthy World, Polyester (en Odorama !) et master class de John Waters

Samedi soir, sur le coup de 20h00, John Waters s’imposait en véritable rock star, régalant de son one-man-show This Filthy World la faune bigarrée présente au Bozar et toute acquise à sa cause.

Doté de talents dignes d’un comique de stand-up, le pape du trash s’est emparé du micro pendant un peu moins d’1h30 et n’a pas failli à sa réputation. Son débit mitraillette a fait merveille, soliloquant avec la prestance distanciée qu’on lui connait sur des sujets aussi variés que son enfance (parcours scolaire marginal), l’amour indéfectible qu’il éprouve pour son fief Baltimore, les titres absurdes de films pornos dont il se délecte, les dangers du fist anal, le blanchissement des poils du cul, divers fétichismes cocasses (ces hommes préférant la masturbation à tout acte sexuel “collectif” et qui sont véritablement amoureux de leur main !), son soutien aux communautés transgenres ou encore… sa passion envers Justin Bieber !

Dans un même mouvement, John Waters en profita pour parler des jalons de sa carrière (Pink Flamingos, Female Trouble, Hairspray, Cry-Baby, …) - anecdotes truculentes à l’appui (tel ce tournage improvisé dans l’immonde élevage de porcs d’un fermier baltimorien) - et réaffirma sa profonde admiration pour l’artisan du B William Castle, ainsi que pour l’OFNI belge Vase de noces (Thierry Zéno, 1975) ou l’éprouvant Irréversible (2002) de Gaspar Noé.

Et que dire de la somptueuse tenue du maestro, débarquant sur scène vêtu de son plus beau costard rose…

Ensuite, après une séance de dédicace bondée (j’ai personnellement jeté l’éponge…), la soirée continuait de plus belle avec la projection de Polyester (1981), assorti du procédé Odorama : une carte avec 10 cases à gratter (des signaux retentissant pendant le film), exhalant des parfums divers, du plus agréable (la senteur d’une rose) aux plus déstabilisants (pets et odeur de brûlé).

Ceci rendit l’expérience encore plus ludique et amusante, bien que l’œuvre se suffise en elle-même.

Polyester est un renversement en règle des valeurs de l’american way of life, via sa famille white trash des plus dégénérée. Le père (David Samson) est un pornocrate de bas étage, qui trompe sa femme alcooliquo-dépressive (Divine, impérial(e)) avec sa secrétaire bien gaulée. Les enfants ne valent pas mieux ; la fille (Mary Garlington) gesticule constamment comme un ouistiti “coké” et sort avec un loubard de bas étage (le chanteur punk Stiv Bators), tandis que le fils (Ken King), défoncé à l’angel dust, fantasme sur les pieds féminins portant escarpins ou talons hauts, puis devient une sorte de “sérial piétineur” de petons (!).

Polyester est d’un mauvais goût réjouissant et se pare d’un humour grinçant pour effleurer des débats encore d’actualité (opposants à l’avortement, croisés anti-porno, …), qui secouent encore le pays de l’Oncle Sam. Tournant au bordel généralisé et foutraque, le film écorne joyeusement l’image proprette des suburbs, plongée dans un bain de trash attitude. Et Dieu, que c’est bon…

Ce dimanche, la petite salle de la Cinematek était pleine à craquer et John Waters combla l’assistance, répondant à leurs questions avec sa suavité légendaire. Il énuméra les circonstances dans lesquelles ses œuvres furent financées, adressa de nombreux clins d’œil et conseils aux réalisateurs en herbe. Une occasion supplémentaire de découvrir la gouaille du bonhomme et d’apprécier ses dons d’orateur. Un esprit brillant et tellement anticonformiste…

John Waters est grand !

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