PIFFF

EVENTS - Le PIFFF 2011

En plein dans le Pifff

Une idée un peu folle qui se transforme en franc succès. C’est un peu le résumé qu’on peut tirer des cinq jours qu’ont duré cette première édition d’une longue série (on l’espère) du Paris International Fantastic Film Festival. Dans vingt ans, fièrement on pourra dire « Le premier PIFFF ? J’y étais, gamin. » L’idée de base est de replacer Paris sur la carte mondiale des festivals au cinéma fantastique dominée par des villes comme Bruxelles, Toronto, Londres ou Sitges. Le succès, c’est qu’en cinq petits jours, l’équipe d’organisation, coachée par Cyril Despontin, Gerard Cohen et Fausto Fasulo, a prouvé que c’était possible. Et de fort belle manière.

Mercredi 23 novembre 2011 : Le Premier Jour du Reste de Ta Vie.

C’est avec envie et excitation que je me rends en plein centre de Paris, local parmi les touristes pour enfin poser mes fesses dans les sièges douillets de la grande salle du Gaumont Opera Capucines. Mais avant de m’asseoir, je prends le temps de voir du monde, de (re)voir des têtes connues et de constater que le tout Paris du cinéma de genre est présent. Déjà, quand on sort du métro et qu’on déboule Place de L’Opera, on se dit que « merde ça a de la gueule quand même ». Je serre quelque pinces, je claque quelques bises, je prends des nouvelles de gens que je ne croise qu’en ce genre d’occasions. Puis je remarque que pour cette ouverture, il y a une belle foule de passionnés, d’habitués et aussi de curieux se mêlant à la foule de clients « normaux » du cinéma venus voir les derniers succès du moment. On rentre tôt dans la salle histoire d’être bien placés et on attend en s’imprégnant un peu de l’atmosphère même si, on va pas se mentir, l’ambiance festival ne se fait pas sentir, on a juste l’impression d’être dans une salle de cinéma pour une séance lambda. Il faut attendre l’arrivée des organisateurs et du jury suivis des speechs de rigueur pour enfin entrer en mode festival. Première bonne surprise, moi qui habituellement ne suis pas friand du cinéma de Balaguero, Malveillance passe tout seul et plutôt bien, voire très bien par moment. Une belle ouverture donc qui met le PIFFF sur de bons rails. En fin de séance, on profite des avantages de la salle pour aller manger quelques petits fours en compagnie de Gaspar Noé et du who’s who de la cinéphilie fantastique parigote. Ouais, ça fait pas de mal de se la raconter un peu.

Jeudi 24 novembre 2011. Le Jour d’Après.

Hier, c’était l’ouverture mais aujourd’hui, c’est le vrai début du festival, c’est-à-dire un enquillement de films et plus question de petits fours ni de champagne, on est là pour le cinéma et rien que le cinéma. Deux films au programme : A Lonely Place To Die et Blind Alley. J’attendais le premier de pied ferme et je n’avais jamais entendu parler du second au préalable : au final, je sortirai déçu du premier et agréablement surpris par le second. J’arrive un peu en avance histoire de trainer mais, à part zoner devant le cinéma ou prendre un café au Starbucks d’en face, y a pas vraiment grand-chose à faire. C’est le principal défaut du PIFFF, ne pas avoir de vrai lieu lui étant totalement dédié comme c’est le cas pour le BIFFF par exemple où, dès qu’on pose un pied à Tours et Taxis, on est dans l’univers festivalier.

Je retrouve mes compagnons de festival pour voir A Lonely Place To Die, présenté par son réalisateur Julian Gilbey. Si le début du film est directement excitant avec ses décors majestueux et son ton sec et rugueux, passé la première demi-heure, la déception prend le pas et on sort frustré et déçu. Du coup, c’est chafouin qu’on va voir Blind Alley qui s’avérera plutôt réjouissant avec un esprit Contes De La Crypte et un côté pulp parfaitement assumé. Un petit film à la cool pour finir le dyptique de la journée ça fait toujours plaisir.

Vendredi 25 novembre 2011 : El Dia De La Bestia.

Deuxième vrai jour et tout le monde trouve son rythme de croisière et ses petites habitudes. Après quelques petits tâtonnements, l’organisation de l’événement roule parfaitement. On va récupérer ses places presse en deux coups de cuillères à pot, les bénévoles sont bien rodés et les organisateurs sont bien plus à la cool que lors du premier jour. Tout roule quoi. Le programme du jour n’était, sur papier, pas des plus alléchant avec une comédie fantastique espagnole (Extraterrestre) et un thriller paranoïaque angliche (Retreat).

Extraterrestre, pourtant, se révèle être une bonne surprise. Un film enlevé, drôle, touchant et remarquablement bien écrit et interprété. Pas un grand film mais un bon petit film qui fait office de vraie bouffée d’oxygène dans le monde de la S-F. Après un petit passage dehors pour prendre un peu d’air frais, direction Retreat qui me laissera totalement indifférent et que je recevrai avec un ennui poli. Un thriller paranoïaque reprenant la vieux schéma du Théorème de Pasolini. Un casting solide sauve les meubles mais le reste sans le vu et le revu à plein nez. A la sortie, on pend conscience d’un des points forts du PIFFF, l’accessibilité des invités et des membres de l’organisation. On va leur parler très aisément à la fin des séances ou entre deux films pour échanger des avis sur les œuvres présentées ou des banalités sur le cinéma. Je discuterai cinéma martial et sport de combats avec Julien Sévéon avant que nous ne dissertions ensemble sur « les charmes » de ma belle ville de Charleroi. Rencontrer et discuter avec un de ses modèles, voilà un des nombreux petits plaisirs qu’offre le PIFFF. Puis ça permet de rentrer chez soi en se disant que finalement, on a encore passé une bonne soirée malgré la déception Retreat.

Samedi 26 novembre 2011. A Better Tomorow.

Arrivé dès potron-minet pour le premier gros marathon de cette première édition du PIFFF. Enfin 10h30, c’est pas vraiment l’aube pour les gens normaux mais pour les festivaliers, c’est plus que tôt. On voulait être là pour témoigner de la qualité des courts métrages français sélectionnés par Erwann « R-One » Chaffiot qu’on espère au moins aussi bonne que celle des courts internationaux choisis par Benjamin Leroy. Et la qualité était au rendez-vous pour une grosse majorité des dix films présentés. Inventivité, style, humour, fantastique, la sélection est aussi éclectique qu’originale et qualitative. Le milieu du court français se porte bien si on se fie à cette compétition. Parmi mes favoris, je retiendrai On Braque Pas Des Banques Avec Des Fourchettes En Plastique, Jusqu’Au Cou et Tous Les Hommes s’appellent Robert. On notera aussi la diffusion du Peter adapté de Régis Loisel qui fait montre d’une remarquable qualité technique et d’un casting digne d’un long métrage.

Un bel amuse bouche donc suivi d’une belle surprise. Je n’étais pas censé voir The dead vu que mon éminente collègue Maureen n’a pas pu se rendre à la séance pour une raison que je ne dévoilerai pas afin de conserver intacte sa réputation, c’est moi qui m’y suis collé avec le plus grand plaisir. La surprise sera double puisque The dead sera finalement mon film préféré de ce festival. Un zombie flick à l’ancienne avec une ambiance désenchantée et putride made in Italy et une mise en scène et des zombies à la Romero. Vraiment une grosse surprise même si le film divisait le public présent dans la salle. En plus, les frères Ford venus présenter le film sont prolixes et bavards, accentuant encore le retard pris par l’organisation. Mais tout festival digne de ce nom se doigt d’accumuler un retard conséquent. C’est comme ça.

On enchaine avec The Innkeepers de Ti West précédé d’une réputation flatteuse de film à l’ancienne à l’esthétique années 80. C’est exactement ça. West prend le temps de présenter ses personnages durant une longue exposition rythmée par un duo de comédiens vraiment attachants. Une relation qui fonctionne parfaitement et porte le film sur ses épaules. Le final recèle en outre de quelques belles montées de tension. Là encore un bon film qui se place dans la liste des petits favoris du festival. On fera l’impasse sur The ward (déjà vu et pas envie de le revoir) pour aller se faire un bon resto japonais donc le quartier regorge. La panse bien pleine on s’installe pour Cassadaga du réalisateur de Dread. Douche froide. Un gros retard déjà accumulé plus le bide plein de tofu ajouté à l’heure tardive et à la qualité médiocre du film, autant de facteurs qui me font sombrer dans le sommeil après une très longue première heure de métrage. J’émerge trente minutes plus tard pour me rendre compte que la fin est encore pire que le début. Bref, la première vraie mauvaise surprise du festival. Vu que j’ai dormi, je garderai mon vote pour moi et ne le glisserai pas dans la petite urne prévue à la fin de chaque séance afin de rassembler le vote du public. Anéanti de fatigue, je fais l’impasse sur The violent kind que j’avais pourtant très envie de voir mais le retard accumulé m’empêchera de chopper le dernier métro pour rentrer chez moi à la fin du film des Butcher Bros. Je préfère donc m’en passer. A regret. C’est dans un demi-sommeil que je regagne mes pénates.

Dimanche 27 novembre 2011. Last Days

Pour cause d’obligation familiale, je loupe les deux premiers films du jour. Masks et Bellflower. Ca tombe bien, ces deux films vont rafler tous les prix…Bref, j’arrive devant le cinéma vers 17h30 et on tape la discute avec Gilles Esposito avant de rentrer bien au chaud pour découvrir le dernier Abel Ferrara, le film que j’attendais le plus de toute la sélection. Avant ça, j’apprends qu’un gros cafouillage a parasité la séance de The violent kind… ça n’était pas encore arrivé, cette fois, ça y est, le traditionnel incident technique sans lequel un festival de cinéma n’est pas un vrai festival de cinéma. La première demi-heure de 4 :44 fut d’une pénibilité sans pareil. Ferrara sombre dans tous les clichés du film bobo branchouille new-yorkais avec son couple de bourgeois bohèmes artistes, ex junkies et bouddhistes qui vivotent dans leur loft alors que l’Apocalypse s’apprête à frapper. Puis, imperceptiblement, une atmosphère se pose, une ambiance étrange enveloppe tout ça et Ferrara retrouve son mojo dès que Willem Dafoe quitte son loft pour arpenter les rues de New York et retrouver l’appartement de ses anciens potes, là on retrouve la patte du réalisateur et la folie qui hantait ses films par le passé. Le film se termine d’une bien meilleure manière qu’il n’avait commencé. On craignait le pire et, au final, on a le meilleur film de Ferrara depuis un moment même si évidemment, on reste loin des chefs-d’œuvre de son auteur.

Nouveau problème technique qui met une heure dans la vue de la cérémonie de clôture. Mais, beau joueur, l’orga offrira une entrée gratuite pour la séance de notre choix dans n’importe quel cinéma Pathé-Gaumont. La cérémonie de clôture se passe dans un très bon esprit avec une équipe bien plus détendue que pour l’ouverture, la remise des prix se fera dans la bonne humeur avec un jury expliquant ses choix via son porte parole Christophe Gans. Le quatuor récompensera Masks et Bellflower pour les longs métrages et A Function et Hope pour les courts-métrages. Le prix du c ourt métrage français victorieux sera quant à lui décerné à Jusqu’au cou. Le film de fin débute, ça s’appelle Détention et c’est réalisé par Jospeh Kahn réalisateur du nanardesque Torque. Bon je ne vais pas m’éterniser et je me contenterai de dire que j’ai détesté chaque seconde de ce film. Mais, ce soir, l’essentiel était ailleurs. Dans la mine réjouie des organisateurs et des festivaliers et dans l’annonce d’une deuxième édition du PIFFF encore meilleure. Bref, on va remercier l’organisation pour une sélection très homogène qualitativement, variée et originale même si on aurait souhaité plus de fantastique pur, de nombreux films ne faisant qu’effleurer le genre ou ne le prenant que comme prétexte de départ. On aimerait aussi plus de radicalité dans le choix des films proposés avec des films extrêmes, des films qui divisent, etc etc…Le festival a manqué de l’une ou l’autre vraie grosse claque mettant tout le monde d’accord. Mais on mettra ça sur le compte d’une première édition qui aura autant servi à tâter le terrain qu’à installer le nom de l’évènement. Il reste du travail à accomplir de la part de l’équipe d’organisation et du public aussi mais le bébé marche à peine, on ne va pas lui demander de courir.

Bilan chiffré

Nom Note / 5
Malveillance 4
A lonely place to die 2
Blind Alley 3
Extraterrestre 3
Retreat 2
The dead 4
Innkeepers 3
The ward 2
Cassadaga 1
4:44 Last day... 3
Detention 1

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