PIFFF

EVENTS - Le PIFFF 2011

La sélection des courts français

Les organisateurs du PIFFF se sont fait fort de mettre l’accent sur le format court hexagonal en lui réservant toute une séance, le samedi matin à 10h45. Malgré l’heure tardive, il était agréable de constater que la salle était bien remplie et que le public s’était déplacé pour se repaître de fantastique inédit, novateur et inventif. Focus.

ON BRAQUE PAS LES BANQUES AVEC DES FOURCHETTES EN PLASTIQUE de Julien Paolini

Un de mes petits préférés de cette sélection qui marque d’emblée des points grâce à une vraie imagerie urbaine, une image granuleuse en noir et blanc qui rappelle Tetsuo et Pi couplés à une bonne atmosphère post-apocalyptique et des plans assez stupéfiants d’une région parisienne vidée de toute vie. Un film qui rappelle La Route ou Le Livre d’Eli de par son sujet et ses héros, un père et son fils qui doivent survivre dans un Paris dévasté et soumis à mille dangers. Le réalisateur confère une vraie identité visuelle et conceptuelle à son film. Le casting est lui aussi remarquable et ramène quelques têtes connues comme Christophe Salengro (le fameux président de Groland  ») et Anthony Sonigo (Kamel dans Les Beaux Gosses). Un très bon court métrage donc, pas exempt de défauts pour autant, mais qui possède énormément de personnalité et de vie malgré son sujet.

SCYLLA De Aurélien Poitrimoult et Jean Charles Gaudin

On est ébloui par la beauté des images et la technique digne d’un long métrage utilisée par le duo de réalisateur. On reste ébahi devant la créature créée par Jérémie Caravita, qui est tout simplement sublime. La créature, pas Jérémie Caravité. Par contre, on est beaucoup moins séduit par le reste. L’ensemble du film rappelle fortement les mauvais slashers des années 90 comme Promenons-nous Dans Les Bois avec sa bande de jeune ados assez insupportables, sa mise en scène incroyablement datée et sa bande-son beaucoup trop imposante. Les comédiens ne sont pas excellent eux non plus et apportent même une petite touche nanar involontaire au film. Pourtant, la créature est formidable et les deux réalisateurs parviennent à la mettre très bien en valeur. On a l’impression qu’ils ont bâclé tout ce qui ne conservait pas la créature. Dommage car le thème était intéressant et les effets spéciaux impeccable mais l’écriture et la mise en scène laisse vraiment à désirer avec ses airs de slasher de série B nineties.

DES TROUS DANS LE SILENCE de Vincent Lebrun

Des Trous Dans Le Silence aborde un fantastique plus feutré et psychologique à la Polanski en racontant la calvaire d’une femme dont l’appartement jouxte celui d’un couple en éternelle dispute. L’histoire prend le temps de poser ses bases : un immeuble, une femme seule dans son appartement et le bruit d’une dispute qui ne cesse de la troubler. Puis, imperceptiblement, les choses changent et une atmosphère pleine d’étrangeté se développe, entrainant son actrice, et le spectateur par la même occasion, au limite de la folie. Le concept est très intéressant mais malheureusement le film est trop long, aléatoire au niveau de l’écriture, dès les première minute on se demande pourquoi la femme ne va pas voire ce qui se passe dans l’appartement du haut. Le « twist » de fin est un peu téléphoné et pas forcément bienvenu lui non plus. Tout ça donne un court-métrage honnête possédant une belle ambiance et quelques bons moments mais l’ensemble n’est pas assez maitrisé que pour vraiment convaincre.

PETER de Nicolas Duval

Voici « le blockbuster » de la sélection. Le film de Nicolas Duval est déjà connu des gros amateurs de fantastique puisqu’il s’agit de l’adaptation du Peter Pan de Regis Loisel et on peut dire qu’il y a mis les moyens. Effets spéciaux et mate paintings incroyables, casting quatre étoiles (François Levantal, Jules Sitruk, Michel Muller,…), mise en scène pleine d’ampleur et de maitrise presqu’à l’américaine. Peter bénéficie d’un écrin à tomber mais, mais on ne peut s’empêcher de trouver cette démo technique un peu vaine et sans vie malgré la qualité et le professionnalisme du truc. Peter ressemble plus à un début de long métrage, ce qu’il aimerait être semble-t-il, qu’à un vrai court métrage construit et conçu en tant que tel. On souhaite bonne chance à Nicolas Duval pour la suite et on reste ébahi devant la beauté des images mais voila, en tant que court-métrage, la mayonnaise ne prend pas et on reste sur sa faim.

DEADLINE de F. Manga

Un homme, en proie à la folie, est barricadé dans son appart abandonné, apparemment entouré de créatures étranges. Une fois de plus, le court-métrage prend place dans un univers post-apocalyptique, cette fois réduit à un simple appartement, et à un héros aux portes de la folie et de la schizophrénie. Le réalisateur use et abuse des ficelles grosses comme des cordes et multiplie les effets faciles pour simuler l’état mental de son personnage. L’ensemble sonne de manière trop amateure et se retrouve déjà daté par de nombreux effets, pour la plupart ratés. C’est dommageable parce que le comédien est convaincant et l’idée de base n’est pas mauvaise mais le traitement est beaucoup trop imparfait que pour donner un vrai socle esthétique et technique à cette histoire.

CTIЙ ! de Cyrille Drevon

Le film se place lui aussi dans un univers d’anticipation, très à la mode cette année et marche en plein sur les plates bande des univers de Brazil et du Festin Nu mâtiné d’une touche de Caro/Jeunet pour le style de mise en scène et l’esthétique. L’histoire fait rappelle celle de la scène du diner de « Massacre a la Tronçonneuse » version Gilliam, décors foutraque, casting de gueule hallucinante et ambiance de folie furieuse chapeautée par un médecin fou sur fond d’expérience génétique au fin fond de l’Ukraine. Un univers dont je l’avoue, je ne raffole pas mais il faut remarquer l’énorme travail de maquillage et de déco effectué par l’équipe du film qui crée un univers crédible et dérangeant, surtout pendant la scène de repas qui résonne d’une folie douce. La partie « médicale » est moins convaincante et reflète trop les influences du réalisateur. Une grosse réussite esthétique mais qui ne convainc qu’a moitié, la faute à un manque de véritable personnalité.

BLOCK 66 de Patrice Gablin

L’heure est plus grave avec ce film qui prend place dans un camp de déportés au début des années 40. La reconstitution est simple et efficace, la seule vue des costumes rappelle bien évidemment tout un pan d’une Histoire qu’on aimerait oublier. L’histoire, tragique et pleine de tristesse, n’a rien de fantastique au départ : on y découvre la détresse d’une femme enceinte piégée dans l’un des sinistres campements bien décidée à survivre avec l’enfant qu’elle porte. Puis, peu à peu, l’atmosphère se fait plus inquiétante, plus onirique et le fantastique se dévoile par petites touches, à la fois espagnoles et asiatiques. Le fameux Block 66 nous révèle toute son histoire et toute son âme via le spectre de ses anciens occupants. Le film est de très belle facture, très sombre et très classique au niveau de sa réalisation et de son esthétique. Un poil plombant d’ailleurs et peut-être top classique et impersonnel mais l’excellent travail de reconstitution est à souligner.

JUSQU’AU COU de Morgan S. Dalibert

Un autre des courts-métrages les plus intéressants de cette sélection et d’ailleurs doublement récompensé par le jury du festival. Jusqu’Au Cou est un modèle du genre. Une bonne idée, un concept exploité jusqu’au bout de manière inventive et originale. Le concept est très simple : dans un univers post-apo, un homme est enseveli dans le sol juqu’au cou et seul sa tête dépasse, un visiteur débarque et le dialogue s’installe. Une des forces du film est le naturel des deux comédiens et la force des dialogues naviguant entre gravité et humour, les deux comédiens se répondent du tac au tac. Le déco est dépouillée mais crédible, la mise en scène, simple, efficace, classique et sans chichis sied parfaitement à ce genre d’histoire courte. Jusqu’au bout, on ne connait pas la chute et on voit peu à peu la solution évoluer. On peut aussi y voir une petite critique sociale et une petite touche de politique dans l’attitude du personnage. Bref, du grand art et un modèle de film court. Un double prix bien mérité.

TOUS LES HOMMES S’APPELLENT ROBERT de Marc Henri Boulieri

Ce film suit les traces de Jusqu’Au Cou et part du même postulat de départ, un postulat de départ intriguant, un homme nu et couvert de blessures court à travers une forêt. Un déroulement malin distillant les informations au compte-gouttes, l’arrivée de personnages secondaires iconiques à souhait magnifiquement costumés et maquillés et enfin un twist formidable de finesse et d’intelligence. La mise en scène haletante et rythmée entretient le mystère, la photographie tire à fond parti des décors naturels pour mêler à le fois fond et forme dans six petites minutes exploitées à 100%. Une des autres excellentes surprises de cette sélection. Malin, maitrisé et parfaitement conscient de son potentiel, Robert s’avère être un des fleurons de cette sélection.

KANGOOTOMIK de Frédéric Gousset

Un kangourou humanoïde comme personnage principal d’une histoire ? Quelle drôle d’idée. Pourtant, ça fonctionne du tonnerre car d’une part le comédien, malgré le costume, parvient à donner une vraie personnalité au personnage du kangourou et d’autre part, la mise en scène est enlevée, rythmée et presque punk, ce qui sied parfaitement à l’histoire racontée. Celle d’un kangourou qui vit sa vie sur une planète désolée et vidée de tous ses habitants. On pense souvent à du Spike Jonze pour le côté bricolo/système D de l’ensemble et pour la mise en scène qui fait la part belle à la camera portée. Le film se fend d’un bel hommage à Massacre A La Tronçonneuse et le kangourou est formidable et se rend attachant et intriguant en cinq petites minutes rythmées par une excellente chanson déclinée façon karaoké. A la fin du film, on ne demande qu’une seule chose : la suite des aventures de ce kangourou ! Et vite.

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