L’Etrange Festival de Paris

ETRANGE FESTIVAL - Jour 8

Fin du monde et cheveux sales

1. Seb

Une soirée Etrange écourtée pour raison extra-cinéphilique, du coup je loupe DeadBall (arf faich !!) et Take Shelter pour finalement ne voir que Tomie Unlimited que j’aurais bien fait de louper. J’en attendais pas un chef-d’œuvre mais un film d’horreur débridé et foufou vu que ce nouvel épisode de la franchise Tomie est signé Noboru Igushi, qu’on ne présente plus. En parlant de présentation, nous avons eu l’honneur de la visite de Yoshihiro Nishimura, habillé cette fois et de l’actrice de Helldriver, Yumiko Hara. Un moment rigolo comme toujours avec Nishimura, grand ambianceur d’avant-premières. Dix petites minutes plus tard, le film commence et la douche froide est immédiate. Après une exposition interminable et cheap, le film déroule lentement son scénario qu’on connait déjà tous,:une jeune lycéenne meurt, elle revient et est très méchante. Ça s’anime un peu dans le style Sushi Typhoon en fin de film, les maquillages signés Nishimura sont corrects et très inventifs, ils constituent d’ailleurs la meilleure chose du film. Pour le reste, Iguchi mène sa barque à bon port mais sans vraiment convaincre. Dommage parce que je me demandais ce que pourrait faire le réalisateur dans un univers un peu différent du sien. Le résultat est sans appel, du dtv classique et mollasson. Déception j’écris ton nom…

2. Maureen

L’Etrange festival touche à sa fin, et tout le monde est très triste. Ce huitième jour commence en salle 300, avec deux moyens métrages, cartes blanches respectives de Julien Temple et Liliana Cavani, Simon du Désert de Luis Bunuel et La Ricotta de Pasolini. La diffusion conjuguée de ces films n’est bien sûr pas un hasard : tous deux ont en commun une approche de la chrétienté empreinte d’une certaine touche de cynisme. Simon du Désert ainsi raconte l’histoire d’un dévot qui, après six années, six mois et six jours de pénitence, doit faire face à la tentation du diable, sous les traits de la superbe Silvia Pinal. Il s’agit clairement pour Bunuel d’emmener les principes religieux du côté du burlesque en multipliant les situations comiques, jusqu’à un final absurde où les deux temporalités qui s’affrontent viennent également remettre en cause le bien-fondé de certaines pratiques chrétiennes. De son côté, Pasolini met en scène Orson Welles dans le rôle d’un réalisateur en passe de signer un film sur la Passion du Christ. Pour ce faire, il s’acharne à la création de tableaux vivants, reproductions directes des Dépositions de Le Rosse et Pontormo. Au creux de cette alternance couleurs (pour les tableaux)/noir et blanc (pour le tournage) et vie chrétienne/vie quotidienne, Pasolini livre presque un manifeste de compréhension à la fois du cinéma, mais aussi de la peinture. En lorgnant du côté des Maniéristes, il assimile pour mieux transcender les références picturales, et peut de fait s’attarder à mettre en parallèle la passion de Jésus, et celle des gens de cinéma. Les parcours, à gros traits similaires, d’un figurant et du Christ, sont pour Pasolini une manière de s’approprier, comme l’avait fort justement expliqué Liliana Cavani dans son introduction, le postulat du Caravage selon lequel la vie quotidienne et les hommes et femmes qui la vivent sont la parfaite némésis du parcours du fils de Dieu.

Le temps d’une courte pause et de nouveau, le noir se fait sur la salle 300. Cette fois, pas de considérations christiques, pas de réflexions sur l’art et la manière. Take Shelter, deuxième film de l’indépendant américain Jeff Nichols, est un drame humain centré sur Curtis (fabuleux Michael Shannon III) en proie à de violents cauchemars à propos d’une tempête, cauchemars qui peu à peu le font sombrer dans la folie et menace sa vie tranquille de famille. D’une grande puissance dramatique, Take Shelter sait explorer les tréfonds de l’âme humaine et immerger son spectateur dans les peurs les plus viscérales de son personnage. La tempête dont se sent menacé Curtis n’est pas seulement une catastrophe météorologique bien sûr, elle est aussi le reflet des craintes du héros, la matérialisation de son rapport à son propre passé, à sa propre histoire. De ce parallèle simple, et avec une grande délicatesse, le cinéaste tire une tragédie intime percutante que le plan final vient éclairer d’une nouvelle façon, plus sombre et désenchantée.

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