L’Etrange Festival de Paris

ETRANGE FESTIVAL 2016 - Terror 5

Petite précision, Terror 5 n’est pas une œuvre « à sketches » mais « à segments ». Cette précision a été apportée lors de sa présentation en première mondiale lors de l’Etrange Festival. Une information qui a son importance certes mais qui n’a aucune incidence sur la médiocrité globale du film des frères Rodstein qui illustrent parfaitement le vieux dicton suivant : « L’Enfer est pavé de bonnes intentions ». Si les intentions et les références sont effectivement présentes, le résultat s’avère lui catastrophique.

On a beau avoir vu et revu l’intégralité de la filmographie de John Carpenter, ça ne suffit pas à masquer le manque de talent et d’inspiration. En effet, l’ombre de Big John plane sur tout le début du métrage, une atmosphère brumeuse, des formes patibulaires aux yeux lumineux qui s’en détachent, il n’en faut pas plus pour évoquer Fog. Le premier segment des cinq rappelle aussi que l’on se trouve en plein revival Amblin/Goonies avec sa bande de collégiens investissant leur établissement la nuit tombée. Si les jeunes comédiens assurent, le segment se montre maladroit et démontre déjà les limites de la fratrie lorsqu’il s’agit d’écrire une scène ou de manier une caméra. Surtout qu’on comprend vite que cette entrée matière n’a aucun rapport avec le reste d’une histoire déjà si bordélique qu’elle donne l’impression d’avoir été découpée et séquencée par un épileptique aveugle. C’est bien simple, on n’y comprend goutte, tout semble avoir été tourné dans la foulée et jeté aléatoirement sur la table de montage.

Chaque segment du film est censé être relié par une vague histoire de complot politique dont on se demande jusqu’au bout ce qu’elle vient faire là-dedans. La mise en scène s’avère d’ailleurs sans inspiration, purement fonctionnelle et ne parvient jamais à susciter un poil d’intérêt ou de passion auprès du spectateur qui s’assoupit peu à peu. On sauvera tout de même une scène joliment filmée, laissant entrevoir un début de montée en tension mais au final cette sombre histoire de snuff movie ne provoque qu’un profond ennui.

Les frères Rodstein se plantent sur toute la ligne et livrent un métrage indigent de bout en bout, porté par une bande d’acteurs agaçants (avec une mention spéciale à ce jeune homme grimé du maquillage de Gene Simmons de Kiss). Incompréhensible, mal joué, mal monté et filmé sans idées, Terror 5 est un naufrage total. La seule terreur ici est celle que doit ressentir John Carpenter lorsqu’il apprend qu’on mêle son nom à tout ça. Pardonne les John, ils ne savent pas ce qu’ils font.

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