L’Etrange Festival de Paris

ETRANGE FESTIVAL 2014 - ARCANA

I see dead people

Arcana, présenté lors de la vingtième édition de l’Etrange Festival, est un produit japonais typique du florissant marché de la vidéo propre au pays du soleil levant. Un film à petit budget, très petit, basé sur un pitch de départ alléchant et produit à la va-vite. Parfois cela fonctionne et on se retrouve avec d’excellent films comme ceux produits par les foufous de chez Sushi Typhoon, d’autre fois ça ne marche pas, ça donne Arcana, une œuvre poussive, ennuyeuse et vraiment cheap. Dommage parce que le sujet pouvait laisser présager de bonnes choses mais le metteur en scène échoue à tirer quoi que ce soit de convaincant si ce n’est un fatras d’influences diverses et variées. Mais un conglomérat d’influences, aussi bonnes soient elles, n’ont jamais véritablement fait un film.

Pourtant, tout commençait plutôt bien : une scène d’introduction réussie, un générique de qualité mais entre les deux, une scène gore brouillonne, au montage épileptique qui tombe tellement comme un cheveu dans la soupe qu’on ne peut s’empêcher de penser qu’elle a été placée là simplement pour remplir le cahier des charges de ce genre de productions. Hormis cette première scène énigmatique et un générique énergique, on ne retient pas grand-chose si ce n’est une sensation d’ennui profond et de vide. En outre, les quelques scènes d’action sont rendues illisibles par un montage à la tronçonneuse. Arcana est une longue succession de scènes bavardes et vides de sens afin d’atteindre la durée réglementaire d’une heure tente. L’exemple parfait du produit raté, calibré à la chaîne afin de venir garnir les rayonnages du direct- to-dvd. Une audacieuse mais ratée tentative de rentabiliser ses risques en adaptant indignement un manga - homonyme - à succès. Le réalisateur choisi pour officier derrière la camera, Yoshitaka Yamaguchi, est un ancien assistant de Takashi Miike et cela se ressent tant Arcana rappelle les mauvaises heures du cinéma de Miike, quand celui-ci délaisse la caméra le temps d’assouvir ses pulsions stakhanovistes.

La mise en scène est impersonnelle, fonctionnelle, oscillant entre scènes plan-plan et prises à l’épaule tremblotantes, le montage épileptique et les décors s’avèrent d’une tristesse sans nom. La majeure partie du récit se déroule dans une espèce de vieil hangar sans aucune personnalité ni quelconque intérêt en terme de production design. Pis la bande originale pompe sans aucune vergogne le score qu’avait composé Charlie Clouser pour Saw. Un bon gros ratage que cet Arcana qui, malgré sa petite heure trente, semble en durer le double. Un film qui s’inspire de nombreuses autres oeuvres et rappelle furieusement, le talent et le style en moins, les deux épisodes de Nightmare Detective signés Shynia Tsukamoto. La seule chose positive à retenir d’Arcana est la présence de Tao Tsuchiya qui illumine l’écran de sa beauté. Très maigre consolation…


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