L’Etrange Festival de Paris

ETRANGE FESTIVAL 2013 - Fin de festoche

Maurren Lepers

Avant dernier jour d’étranges réjouissances, avec une série B un peu trop sérieuse pour être honnête, The Station de l’autrichien Marvin Kren.

Séance complète pour Wasteland  ; on se rabat de fait, et bien qu’on l’ait déjà vu, sur le magique English Revolution, avant d’attaquer The Station. Le film suit une bande de scientifiques en mission dans les montagnes qui, attendant la visite imminente de la ministre de l’environnement, découvrent l’existence de mutants interespèces pas franchement gentils. Jouant explicitement la carte esthétique de la série B, The Station se construit comme un hommage au film culte de John Carpenter, The Thing, sans jamais atteindre sa puissance d’évocation horrifique. Oscillant sans cesse entre premier et second degré, le long-métrage échoue à se positionner d’un côté ou de l’autre de la balance, si bien que ses intentions restent floues : sérieux film d’horreur bourré de défauts ou officiel nanard pour NRJ 12. Cependant, bénéficiant d’une mise en scène honnête et refusant l’usage d’effets numériques, The Station est doté d’un capital sympathie certain et réserve quelques franches séquences de rigolade (l’opération sans transition d’une joggeuse emmenée par l’assez réussi personnage de la ministre). Pas de quoi vous donner envie de passer des vacances en montagnes, pas de quoi non plus vous empêcher de dormir. Assurément en revanche, vous aurez envie de revoir tout Carpenter.


Seb Lecocq

Dans un festival de dix jours, le dernier week-end, la dernière ligne droite, est toujours la plus difficile. Fatigue, obligations de toutes sortes et rediffusions de films déjà vus plus tôt rapetissent les journées et il n’est pas rare de ne se déplacer que pour une seule séance comme ce fut le cas ce jeudi mais ce jour-là je jouais également de malchance. Mon programme initial composé d’une séance de courts-métrages, parmi lesquels la première réalisation de Jodorowski fils et du diptyque Death Metal Angola/A l’Est de l’Enfer. Mais arrivant aux caisses du Forum des Images, j’appris avec tristesse qu’il n’y avait plus de places pour ces deux séances, même avec mon accréditation presse. Contre mauvaise fortune, bon cœur, je me rabats sur The Widower, présenté par Jello Biafra himself. Le film, si on passe outre de sa facture visuelle cheap qui rappelle les productions Troma, est plutôt plaisant dans le style potache, un peu décérébré sur les bords. Tous ceux qui trouvent les personnages de Pain&Gain débiles doivent voir ce film, qui montre le duo de flics le plus stupide et flemmard de l’histoire de la création. On ajoute un petite vieille teigneuse, un cadavre trimballé dans la ville, une jolie fin, un double petit rôle pour Jello Biafra, un bon rythme malgré un premier quart d’heure poussif et on obtient un film cheap mais bourré de qualité. C’est tout pour ce jeudi.

Le vendredi est une journée placée sous le signe de l’Asie avec l’enchaînement de l’ Ugly signé du réalisateur de Gangs Of Waseypur et de Tik-tik d’Erik Matti. Si le premier confirme tout le talent d’Anurag Kashyap, le second est un ratage total pratiquement irregardable sur lequel il fait bon de ne pas s’étendre. Retenons juste que Tik-tik désigne, dans le langage populaire philippin, des petites boules de crasse se logeant dans les replis du scrotum des gens pauvres et très sales et qu’il est le premier film local intégralement sur fond vert, pour le reste il vaut mieux revoir On The Job ou Gagamboy pour se faire une vraie idée du talent du bonhomme.

Ugly se chauffe d’un autre bois et brisent toutes les clichés que l’on peut se faire du cinéma indien. Ugly est une œuvre dure, sombre, de laquelle la danse est absente. Ugly, c’est l’histoire d’une famille recomposée qui éclate suite à la disparition d’une petite fille. Kashypa filme des personnages, des visages et leur lente désagrégation. Un film d’une infinie noirceur, d’une grande tristesse mais qui évite le pathos trop appuyé propre aux productions made in Bollywood. Le réalisateur est nourri de cinéma américain et ça se voit, il y a du James Gray dans cet Ugly. Un très bon film dont on espère toujours la sortie officielle en salles car il le mérite vraiment. Après un tel film, je sors de la salle totalement abattu, avec l’envie d’aller jouer sur l’autoroute.

Samedi c’est relâche, on passe donc sans coup férir, à dimanche avec un seul film au programme, mais quel film, puisque ce sera la projection en copie restaurée du classique Les Chasses du Conte Zaroff. Mais avant de voir le film comme on ne l’a jamais vu, Serge Bromberg nous a longuement expliqué les origines du film, de la découverte de la nouvelle copie et du travail de restauration qui a été effectué dans l’esprit et le respect du film tel qu’il a été conçu à l’époque. La présentation ne durera qu’un petit quart d’heure mais fut passionnante et riche en informations. Le film lui est toujours le classique qu’il est, une petite série B d’aventures rythmée, rehaussée par une mise en scène efficace, des mate painting et des décors exotiques de grande qualité et un sujet très moderne pour l’époque. La preuve aussi que Schoedsack est l’un des plus grands artisans du cinéma muet américain. Certainement la plus belle manière de clore un festival riche en bons films.

Le Palmarès :

Prix Nouveau Genre  : THE MAJOR de Yuri Bykov

Prix du Public : WHY DON’T YOU PLAY IN HELL ? de Sono Sion

Grand Prix Canal + (Court Métrage) : THE VOICE THIEF d’Adan Jodorowsky

Prix du Public (Court Métrage) : THE VOICE THIEF d’Adan Jodorowsky

Image du jour

Récentes critiques

affiche du film
Ça
2017
affiche du film
The Black Room
2016
affiche du film
Spider-Man: Homecoming
2017
affiche du film
Okja
2017
affiche du film
Underworld: Blood Wars
2016
affiche du film
Wonder Woman
2017

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage