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Dying God : Preview

24 mai 2008 | Par : Damien Taymans

Un B underground qui promet...

En matière de cinéma horrifique, plus que dans tout autre, coexistent deux types de créations antagonistes aux objectifs distincts qui participent pourtant tous deux à l’enrichissement du genre. Dans la catégorie poids lourds, le cinéma « capitaliste » aux moyens plus conséquents et aux engrenages publicitaires bien rôdés. Leur priorité reste les performances au box-office des sorties en salles. Dans la catégorie poids plumes, un cinéma aux budgets plus que limités qui ne se destine bien souvent qu’au marché du DVD. Celui-ci permet de palper quelques menus dollars synonymes d’annihilation des risques encourus et de rentabilisation du projet.

Témoin privilégié de ce cinéma parallèle, Dying God ne jouit pas des faveurs des gros studios de production. Réalisé pour un maigre budget de 400 000 dollars, le métrage est financé par la Metaluna productions, « une association à but non lucratif en 2005, formée de Jean-Pierre Putters, Jean Depelley et moi-même » nous explique le réalisateur Fabrice Lambot. « Notre but premier : produire des longs métrages de genre pour le marché international, et également publier des revues et livres sur le cinéma que nous affectionnons. La première étape de Metaluna Productions a été Le Sang du Chatiment, produit par Jean-Pierre Putters, écrit par Jean Depelley et que j’ai réalisé. Par la suite, nous avons développé deux projets en parallèle dont Dying God. On a bien fait car l’autre projet n’a pas abouti pour le moment. En 2006, on a donc transformé l’association en société, Jean-Pierre et moi, avec Jean en soutien pour la partie revues/livres de Metaluna Productions. On est encore en plein développement actuellement, avec un site internet qui vient d’ouvrir mais n’est pas fini (www.metalunaproductions.com) et pas mal de projets en cours. » Profitant des moyens technologiques nouveaux, Dying God dispose d’une large diffusion sur la toile grâce à un site et un Myspace officiels.

Metaluna productions a donc déjà à son palmarès trois œuvres de genre (deux courts et un long), toutes trois réalisées par Fabrice Lambot et produites par Jean-Pierre Putters. Ces deux anciens fondateurs de fanzines se connaissent depuis longtemps et nourrissent la même passion à l’égard du genre qu’ils affectionnent : « Fabrice, je le connais depuis des lustres. Il lisait déjà Mad que j’étais à peine né (si, un peu quand même) » raconte Jean-Pierre Putters. « Je l’ai vaguement aidé quand il tenait sa boutique de cinéma, à Paris, on joue au tennis ensemble. C’est un gars sincère, passionné, capable et ambitieux à la fois. Dans le bon sens du terme, je veux dire. Nous sommes tous deux issus du fanzinat, avec un vrai désir de réaliser des choses nouvelles dans la liberté la plus totale possible. Nous sommes partis à l’aventure avec Metaluna, sans connaître rien de ce nouveau métier. C’est la prise de risque maximum, un peu comme nous éditions autrefois nos fanzines, lui Atomovision et moi Mad Movies. Et puis, nous fonctionnons à la confiance réciproque, ça détend bien dans ce monde opportuniste et procédurier. » Du fanzinat au cinéma, il n’y a qu’un pas que les deux hommes ont franchi main dans la main (ne voyez pas derrière cette image une quelconque appétence homosexuelle ni même une amourette post-soixante-huitarde mais juste une franche camaraderie découlant de leur amour partagé pour ce qu’ils défendent).

Fort d’un casting prodigieux (réunissant Lance Henriksen, James Horan et Erin Brown), Dying God est basé sur un pitch séduisant, défini ici par JPP : « L’inspecteur Fallon, flic corrompu et désabusé, enquête sur une série de meurtres atroces, avec l’aide d’un parrain de la mafia dérangé dans ses propres affaires criminelles (Lance Henriksen : Millenium), assisté d’une prostituée au grand cœur (Erin Brown : Spiderbabe) et de Camila, une jeune professeur d’université (Mariana Seligman : Left for dead). Il va devoir lutter contre ses démons intérieurs pour affronter une indicible créature venue du fond des âges et décidée à survivre coûte que coûte. ». Le métrage ne peut en réalité se résumer à cette bribe scénaristique mais se veut un mélange de divers genres, du polar glauque au giallo en passant par le fantastique, et d’influences revendiquées, le cinéma de Lustig ou de Ferrara en tête.

Pour des raisons budgétaires, le tournage se fait en Argentine, pays qu’affectionne particulièrement le réalisateur pour y avoir séjourné à plusieurs reprises afin de se familiariser avec les racines de son épouse, et s’étend sur une petite vingtaine de jours dans des conditions difficiles. « Les moyens étaient plus confortables que ce que nous avions jusqu’à présent. » explique Lambot « Les acteurs comme Lance avaient leur caravane, on avait une équipe d’une quarantaine de personnes, du bon matos, des gens talentueux, mais le hic c’est qu’on avait que 21 jours de tournage, pour un film qui se passe dans une vingtaine de lieux différents, avec près de 50 rôles parlants, donc au niveau logistique c’était plus que compliqué. On tournait parfois à un endroit le matin et à un autre l’après-midi, donc vraiment c’était très difficile. »

Conditions précaires, cadre exotique, acteurs vedettes, équipe technique compétente et réalisateur ultra passionné, tous ces ingrédients sont autant de garanties de la réussite de ce petit bijou indépendant et underground qui rappelle incontestablement que le cinéma est avant tout une affaire d’amour et de dévotion (bien que le titre inspire plutôt l’anticléricalisme) avant de devenir un gouffre à pognon.

L’interview complète de Fabrice Lambot

L’interview complète de Jean-Pierre Putters

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