Critique de film

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Duel au couteau

"I coltelli del vendicatore"
affiche du film

Au VIIIe siècle, un chef viking disparaît en mer. Un autre guerrier, Aghen cherche à s'emparer du trône et de son épouse, la reine...

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Trailer - Duel au couteau (1966)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Duel au couteau - Il était une fois dans le Nord
Par : Fred Pizzoferrato

A la fin des années ’50, Richard Fleisher réalise un extraordinaire film d’aventures, le flamboyant Les Vikings avec Kirk Douglas, ouvrant la voie à une mode éphémère, celle du « film de Vikings ». Si on retient essentiellement le chef-d’œuvre de Fleisher ou le très efficace Les drakkars de Jack Cardiff, les guerriers nordiques inspirèrent également les cinéastes de la Péninsule, soucieux de varier les plaisirs après avoir épuisé le filon du Péplum. Cameron Mitchell, solide acteur de second rôle (on le remarque par exemple dans le beau western Le jardin du diable de Henry Hathaway), trouve, comme bien d’autres, un nouveau souffle en Italie dès le début des années ’60. Très vite, Mitchell devient un spécialiste du créneau « Vikings » puisqu’il tourne dans Le dernier des Vikings de Mario Bava en 1961 avant d’enchainer avec quelques séries B tels La rue des Vikings et Les Vikings attaquent.

Comme toujours, le filon s’épuise vite et les adorateurs d’Odin cessent rapidement d’intéresser les producteurs qui se tournent joyeusement vers les cow-boys mal rasés. Pourtant, en 1966, Mario Bava revient sur le sujet pour ce très atypique Duel au couteau qui inscrit résolument une ambiance western dans l’univers du « film de Vikings ». Une fois de plus, le cinéaste est appelé en catastrophe pour sauver un métrage après que le réalisateur initial en a été viré par la production. Mais, au vu des images déjà tournées, Bava juge le produit médiocre et préfère jeter 90% du matériel existant pour recréer complètement un film plus conforme à ses envies, qu’il va boucler en six jours. Grand admirateur de l’excellent western classique Shane, L’homme des vallées perdues, le metteur en scène décide d’en reprendre la trame narrative en la situant dans un cadre Vikings.

L’intrigue suit les pas d’un mystérieux étranger nommé Rurik (Cameron Mitchell) arrivant dans un petit village viking juste à temps pour sauver une jeune femme des griffes d’une bande de brutes. La belle se nomme Karin (Elissa Pichelli, dont c’est apparemment l’unique rôle au cinéma), épouse du roi viking Arald (le grand acteur bis Giacomo Rossi-Stuart), disparu en mer depuis trois ans. Karin s’est réfugiée à la campagne avec son fils Moki afin d’échapper au cruel Aghen (Fausto Tozzi), rival de Arald ayant jadis provoqué une violente guerre de clans. Au cours de cette guerre, la femme et le fils du seigneur Ator ont péri et Ator (et à raison !) a juré de se venger un jour d’Aghen. Or, Rurik n’est autre que cet Ator, revenu dans le pays incognito, lequel tombe amoureux de Karin. Pour compliquer encore cette situation Arald, que tous croyait mort, revient au village…

En dépit de ses influences diverses (L’homme des vallées perdues et Les Vikings essentiellement), le métrage de Bava bénéficie d’un scénario intéressant, cohérent et souvent prenant. Les retournements de situation et autres astuces de l’intrigue maintiennent ainsi l’intérêt en dépit d’un rythme pas vraiment soutenu qui privilégie les dialogues et les scènes intimistes. Car le budget serré de ce Duel au couteau ne permet guère de grandes envolées épiques ou de joutes à grand spectacle, malheureusement. L’unique drakkar aperçu le sera de loin (une simple peinture !), et l’intégralité du métrage se déroulera sur la terre ferme. Un peu frustrant mais il faudra s’en contenter. La figuration, elle aussi, sera réduite au strict minimum et les quelques duels se feront entre deux ou trois adversaires, dans une ambiance proche du western. On note même un piège tendu au héros à cheval qui se tire de ce mauvais pas par une astuce typique de la débrouillardise « spaghetti ». La séquence de massacre en flash-back manque elle-aussi, et très cruellement, de moyen mais Bava fait ce qu’il peut pour lui donner un certain intérêt en affublant par exemple Ator d’une monstrueuse armure lui conférant un statut quasi surnaturel, comme si le dieu (ou le démon) de la vengeance avait choisi de s’incarner dans ce seigneur viking fou de douleur.

Assez languissant dans sa première moitié, il faut attendre la dernière demi-heure pour que le rythme de ce Duel au couteau s’accélère sensiblement. Nous avons alors droit à quelques combats de taverne, à l’épée ou au couteau, le personnage joué par Mitchell possédant une grande habileté dans ce domaine. Si les décors paraissent toujours fort pauvres, les séquences en extérieur possèdent davantage d’ampleur. Bava, en bon artisan adepte des trucs photographiques, a d’ailleurs recours à la technique dite du techniscope, laquelle consiste à filmer avec des bandes noires sur la caméra pour simuler un plus onéreux cinémascope. En dépit de cette astuce, les plans se révèlent majestueux et très agréables à l’œil. Si le métrage se montre réaliste (nulle place pour l’intervention des dieux nordiques même si leur regard semble peser sur la misérable comédie humaine se déroulant sur la Terre), un soupçon de fantastique intervient dans la scène d’ouverture. Nous découvrons une sorcière promettant au méchant Aghen un sort funeste, lequel se vérifiera évidemment au cours d’un final sympathique se déroulant dans des grottes sacrées. L’ensemble du métrage est d’ailleurs empreint d’un véritable fatalisme, voire d’un vrai pessimisme, les états d’âme du héros et les regrets de ses actes passés ne pouvant déboucher que sur une conclusion désabusée. Encore une fois Bava se plie à l’imagerie du western lors d’une ultime séquence voyant Cameron Mitchell s’éloigner sur son cheval blanc, vers le couchant. L’océan remplace ici les étendues désertiques mais la solitude du cow-boy (pardon… du Viking) s’avère tout aussi palpable.

Duel au couteau ne peut prétendre rivaliser avec les chefs-d’œuvre de Bava et son budget le place immédiatement dans une autre catégorie que Les Vikings mais, dans l’ensemble, le métrage reste plaisant. La bonne caractérisation des personnages et la relative complexité de l’intrigue compensent en partie le manque de souffle épiques et l’indigence des décors. Quoique peu spectaculaire, Duel au couteau bénéficie d’un véritable savoir-faire et s’avère en définitive suffisamment plaisant pour mériter une vision.

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