Critique de film

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Dorothy

"Dorothy Mills"
affiche du film

La psychiatre Jane Morton est envoyée au sein d'une communauté recluse dans une petite île au nord de l'Irlande. Elle doit étudier le cas de Dorothy Mills, adolescente accusée de tentative de meurtre sur un bébé. Alors qu'elle vient en aide à Dorothy, la psychiatre tente d'affronter ses propres démons et d'éclaircir le secret qui hante la communauté.

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Trailer - Dorothy (2008)
Par : Damien Taymans


Dorothy : Bande-annonce 1 VF par baryla

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dorothy - La fille qui en savait trop
Par : Gilles Penso
Tags : Possession

Le Village des Damnés, Wicker Man, Carnival of Souls, Ne Vous Retournez Pas, Les Innocents… Lorsqu’Agnès Merlet cite ses sources d’inspiration, on ne peut s’empêcher de partager son enthousiasme. Mais se mesurer à de tels chefs-d’œuvre est un pari risqué, et tel n’est pas l’objectif de la cinéaste, habituée jusqu’alors à des intrigues réalistes très éloignées de notre genre de prédilection (Le Fils du Requin, Artémisia).

En s’intéressant à Dorothy Mills, un personnage fictif inspiré par un cas réel découvert au début du vingtième siècle en Philadelphie, Agnès Merlet aborde le fantastique avec pudeur, élégance et crudité, l’impact du film n’en étant que plus fort. Evitant tout manichéisme trop prononcé et contournant habilement les codes de la traditionnelle « ghost story », la réalisatrice brosse le portrait peu reluisant d’une micro-société coupée du reste du monde et aveuglée par sa bigoterie. Dorothy agissant comme un révélateur, le rôle du monstre qu’on lui attribue bien hâtivement s’inverse bientôt.

La réussite du film est le résultat d’une heureuse alchimie et d’une parfaite combinaison de talents. La mise en scène libre et naturaliste (caméra à l’épaule, décors réels, lumière simple, absence d’effets spéciaux) favorise une approche réaliste et crédible, tandis que le scénario millimétré imbrique une à une les pièces du puzzle, combinant le présent et le passé, les vivants et les morts, jusqu’à un ultime coup de théâtre aussi surprenant qu’émouvant.

Quant au casting, il est tout simplement prodigieux. Carice Van Houten est un parfait pôle d’identification, alliant la grâce et la sensibilité tout au long du métrage, et Jenn Murray, pourtant actrice débutante, s’avère époustouflante dans le rôle complexe d’une adolescente tiraillée par des caractères contraires.

La bande originale est la cerise sur le gâteau, parachevant en beauté l’un de nos coups de coeur de l’été, assurément.

Pour découvrir les critiques d’Herbert West, cliquez ici


Critique de Dorothy - L’exorcisme de Dorothy Mills
Par : Damien Taymans

Onze ans après Artemisia, son précédent métrage, la réalisatrice Agnès Merlet caresse le domaine du film de genre avec Dorothy. Un genre qu’elle s’amuse à détourner quelque peu tout en en conservant les codes, transformant pour le coup l’objet en un thriller psychologique empreint d’une bonne dose de surnaturel maîtrisé. Le fantastique émane en l’occurrence d’une réalité glaciale et froide, l’action étant ancrée dans une communauté protestante sectaire îlienne de l’Irlande. Une microsociété qui se repaît de son autarcie et édicte ses propres règles, à l’instar de celle dépeinte dans The wicker man, l’une des références de l’auteur. Lesdites lois sont érigées par un personnage charismatique (Gary Lewis, le père de Billy Elliott) à la fois prêtre, médecin, maire et instituteur qui endosse les charges des quatre piliers fondamentaux de toute société. Une communauté au sein de laquelle Dorothy trouve curieusement une place, le pasteur invoquant les multiples personnalités de la fillette lors de séances de spiritisme éprouvantes. Jane Van Dopp, psychiatre qui, uns fois n’est pas coutume, relègue son pragmatisme pudibond au second plan pour s’intéresser davantage aux possessions dont Dorothy est le catalyseur, lutte autant pour la rédemption de la gamine pour la sienne depuis le douloureux accident qui lui ôta son propre fils.

Après avoir méticuleusement rassemblé une documentation des plus vastes sur le sujet, la cinéaste et sa co-scénariste Juliette Sales explorent les recoins les plus embrumés de ces cas psychologiques complexes taxés outre-Manche et outre-Atlantique de « multiples personnalités » et seulement répertoriés en Hexagone sous l’hyperonyme quelque peu réducteur d’hystérie. Un interstice surnaturel qui permet à l’œuvre de se doter d’une atmosphère pesante, particulièrement anxiogène amplifiée par la communauté sclérosée et volontairement hermétique à « l’autre » et évidemment soutenue par l’incroyable interprétation de la jeune néophyte issue des milieux théâtraux Jenn Muray qui s’avère autant crédible en gamine de trois ans qu’en loubard adolescent, ce qui lui permet de rejoindre le panthéon des plus terrifiants enfants possédés du cinéma. Bien plus, car Dorothy ne se limite pas à incarner l’étrangeté et à terroriser contre son gré les adeptes adventistes mais se pose surtout comme un miroir de chacun de ces individus, lui renvoyant une image qu’il souhaiterait voir enterrée, à l’image des séances de spiritisme qui voient l’hypnotisée subjuguer elle-même les spectateurs de ces délires inexplicables.

D’une facture assez classique, Dorothy bouleverse par son emploi d’un genre profondément codifié que l’auteur exploite pour le mettre au service de son drame psychologique. Une pirouette qui permet de consacrer définitivement le talent de Merlet et d’en faire l’une des meilleures ambassadrices françaises du genre, un accessit en aucun cas réducteur.

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