Critique de film

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Docteur Jekyll et Mister Hyde

"Dr. Jekyll and Mr. Hyde"
affiche du film

Le Dr Harry Jekyll est un chercheur passionné. La mort d'un de ses malades, Sam Higgins, l'affecte profondément car il a la certitude qu'il aurait pu le sauver. Il décide alors de devenir le propre sujet de ses expériences et boit le breuvage qu'il vient de mettre au point. Il est immédiatement soumis à des visions démentes et, en se regardant dans la glace, il découvre qu'il n'est plus le même homme.

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Trailer - Dr Jekyll et Mr Hyde (1941)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Docteur Jekyll et Mister Hyde -
Par : Damien Taymans

Le docteur Jekyll nourrit une certitude : l’homme est composé d’un bon et d’un mauvais côté. Deux faces que seule la science, omnipotente, peut distinguer au sein de l’individu. C’est précisément à cette expérience que s’emploie le médecin cloîtré dans son laboratoire. Bien mal lui en prend puisque, suite à l’ingestion d’une décoction de son cru, le docteur se métamorphose en Mister Hyde, pendant négatif de sa personnalité dont la cruauté n’a d’égale que la philanthropie du médecin…

Le fabuleux roman de Robert Louis Stevenson publié en 1886 connaîtra une généreuse destinée sur les écrans blancs des salles obscures. De la version éponyme de John S. Robertson (1920) à celle de Terence Fisher (Les deux faces du docteur Jekyll, 1960) en passant par les élucubrations humoristiques (Docteur Jekyll et Ms Hyde, 1995) et les variations lubriques (Docteur Jekyll and Mistress Hyde, 2003), l’incarnation de l’homme bifacial aura échu au fil du temps à une pléiade d’acteurs confirmés et de longs couteaux qui livrèrent chacun leur propre version du personnage. Si le Jekyll/Hyde interprété par Spencer Tracy diffère complètement de l’incarnation plus animale de Fredric March, revenant du même coup vers un Hyde plus terrifiant et moins grotesque, le métrage de Fleming ne renie en rien l’inspiration que constitue la version cinéma de Mamoulian, délaissant pour le coup le récit livresque originel pour s’intéresser aux éléments ajoutés par le métrage de 1931.

Réintroduisant les deux figures féminines, celle de l’aristocrate et de la catin, intégrées par Mamoulian, Fleming creuse à son tour dans les amours douloureuses du personnage central, édifiant chacune de ses héroïnes comme une incarnation des pulsions sentimentales et charnelles de notre médecin transfiguré. Ainsi Jekyll est-il de nouveau écartelé entre des sentiments antagonistes stigmatisés par les personnifications aléatoires de son personnage : autant Jekyll nourrit une impatience tacite à découvrir les charmes de sa promise, autant Hyde se pervertit-il dans des explorations corporelles don juanesques. Une dualité symbolisée par les fantasmes oniriques du personnage qui, contournant habilement la censure, présentent un Jekyll à la tête d’un attelage composé de ses deux maîtresses dont il fouette ardemment les corps dévêtus. Une vision osée pour l’époque qui entérine encore davantage la pensée victorienne empreinte d’un catholicisme prégnant mise en ostentation lors de la scène du dîner mondain dans laquelle Jekyll expose ses théories scientifiques devant une assistance réactionnaire médusée. Sans pour autant s’immiscer dans une quelconque réflexion à propos de l’incarcération de l’esprit derrière les murailles de la morale chrétienne, le métrage de Fleming s’aventure constamment sur le terrain religieux, sans doute pour stigmatiser la révolte du scientifique face au démiurge, une révolte qui connaît le même sort que les expériences morbides du docteur Frankenstein, toutes proportions gardées.

Toujours est-il qu’elle débouche sur la ségrégation manichéenne de l’être humain pour atteindre une dualité grossièrement figurée. Dualité omniprésente dans l’œuvre de Fleming qui, à l’instar de Mamoulian, souligne continuellement, à l’aide d’emprunts expressionnistes, l’une et l’autre de ces faces. Jekyll se balade dans un Londres lumineux quand Hyde devient une ombre solitaire de la capitale, rendue quasiment irréelle par l’excès de brume et les architectures plus feutrées de quartiers mal famés. Point d’orgue de ces deux personnalités, les transformations que Fleming se plaît à mettre constamment en lumière, recourant pour ce faire à des fondus enchaînés réussis parfois, défaillants souvent qui terminent de consacrer le manque d’originalité de cette œuvre aussi novatrice que limitative.

Docteur Jekyll et Mister Hyde, malgré le savoir-faire de Victor Fleming, ne s’émancipe que rarement de son statut de film hollywoodien aux décors grandioses et au casting époustouflant. Ténébreuse copie de l’œuvre de Mamoulian, le présent métrage s’essouffle parfois à renouveler une thématique déjà largement exploitée.

Commentaires sur le film

Au cinéma Le Studio

5 etoiles

Ce film sera projeté au cinéma Le Studio, au Havre, du 21 octobre au 3 novembre 2009. Horaires des projections sur : www.cinema-le-studio.fr

9 septembre 2009 à 12:09 | Par Le Studio

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