Critique de film

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The Devil's rejects

"The Devil's Rejects"
affiche du film

Après la mort de son frère, le shérif Wydell ne rêve que de vengeance. Il est prêt à tout contre la terrifiante famille Firefly, et il n'hésitera pas à outrepasser la loi. Barricadés dans leur maison, les Firefly, eux, sont décidés à lui échapper par tous les moyens. Rien ne semble pouvoir arrêter leur macabre saga. Entre les deux camps, la guerre est ouverte, et elle va s'étendre...

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Trailer - The devil’s rejects (2005)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Devil’s rejects - L’œuvre ultime de Zombie !
Par : Damien Taymans

Un an seulement après son premier métrage intitulé La maison des 1000 morts, Rob Zombie nous offre une séquelle qui ne s’est pas fait attendre. Sans doute le grand Rob aura-t-il retenu la leçon de son premier métrage qui a mis plus de deux ans avant de bénéficier de la joie d’une sortie. Toujours est-il que Zombie ne fait pas dans le bâclage comme ont pu le faire d’autres réalisateurs de séquelles pressés par l’impact médiatique (pensons à Shimizu avec son The Grudge 2).

Non, l’ancien chanteur n’est pas de ces gens-là qui vous proposent monts et merveilles et desquels vous n’obtenez rien au final. Rob, quand il fait des promesses, il les tient. Pour réussir son pari, Zombie reprend les ingrédients essentiels du premier film, à savoir les acteurs. Nous avons déjà souligné précédemment les performances hors du commun des acteurs interprétant les Firefly, famille de barjes meurtriers. Ainsi, on retrouve un Capitaine Spaulding en forme et plus crédible que jamais, accompagné de ses deux rejetons du diable : Otis et Baby, serial-killers sanguinaires qui torturent tout ce qui bouge. A côté de ces personnages incontournables, Zombie a décidé de planter un nouveau venu : un shérif hanté par la mort de son frère et bien décidé à le venger en exterminant ces raclures de Firefly…

Ce nouveau personnage marque le coup d’un renouveau du métrage zombien. Car le réalisateur change complètement de registre en gardant une structure semblable à celle du premier métrage. Autant La maison des 1000 morts pouvait être qualifié de thriller horrifique ou d’épouvante psychologique, autant sa séquelle est incontestablement un thriller psychologique penché sur l’évolution de ces serial-killers acharnés. Jouant avec les genres, maîtrisant toujours autant les références du cinéma horrifique et multipliant les clins d’œil (Massacre à la tronçonneuse, La Colline a des yeux de Craven, …), Zombie nous place dans l’ambiance éreintante de réalisme des films d’exploitation des seventies.

Bien plus, Zombie nous offre ici un florilège de son savoir-faire technique et structurel. Il enchaîne à la perfection des scènes sanglantes avec de la poésie et nous plonge dans l’Art avec un grand A. M’en est témoin cette scène finale magnifique qui dénote complètement avec les situations des personnages et leur langage châtié. Mais l’auteur allie à la perfection vulgarité et poésie, innovations et emprunts, tragédie et comédie, … Maniant l’humour aussi bien que dans son premier métrage, il nous livre des scènes d’une teneur comique incroyable, comme cet achat de poulets en plein milieu du désert à un vendeur zoophile…

Et puis, il y a ce montage parfait, esthétiquement plus évolué que dans La maison des 1000 morts qui révélait un style un peu fouillis et une mise en scène bordélique. Dans Devil’s rejects, tout est bien rangé, ordonné dans un monde de dérangés (c’est le comble !). Rob Zombie s’offre même le luxe de couper son métrage en deux parties distinctes : la première partie, correspondant aux frasques des protagonistes et à leur torture psychologique et physique intense, comporte un humour bien léché et des mouvements de caméra secs et saccadés. Dès que le capitaine Spaulding a retiré son maquillage, on assiste à un second film. Le ton devient plus cinglant, les répliques plus acérées, les tortures plus sanguinolentes. La caméra se pose et livre un nouvel œil, poétique cette fois. L’humour s’évapore pour laisser place à un ton plus austère, plus solennel. Cette deuxième partie possède un nouveau style et une nouvelle figure. Car, dès ce moment, c’est le shérif (formidablement interprété par William Forsythe) qui prend le devant de la scène.

Là où on sent que Zombie il en a dans le pantalon, c’est dans sa maîtrise du sujet. Durant un film et demi, il s’est acharné à nous montrer une famille de dégénérés plus tarés les uns que les autres. Du coup, on les hait, ils nous répugnent et tout esprit sain souhaiterait que cela s’arrête. Heureusement, un shérif aux méthodes peu orthodoxes va s’en mêler. Et puis, bluffés par le talent du génie du réalisateur, dès la deuxième moitié du film, on se rend compte qu’on s’est fait avoir. Le shérif en question a une telle soif de vengeance qu’il en devient plus cruel que ceux qu’il torture. Un nouveau monstre naît, implacable et dégoulinant de violence. Dès lors, on change de camp, on commence à plaindre les pauvres meurtriers, on les trouve beaux. Par la force de ses personnages et par la poésie qui commence à émerger de sa caméra, Zombie nous a leurrés et nous remet en question…

Dernier choix intelligent de l’auteur : la violence reste toute relative et n’atteint pas l’apogée du précédent métrage (il a connu des problèmes de censure pour La maison des 1000 morts). Du coup, beaucoup de passages sont suggérés ou atténués pour laisser une plus grande place au psychologique. Ce procédé sublime encore un peu plus un film parfait de bout en bout.
On se laisse bercer par ce métrage parfait en tous points. Si parfait qu’il doit avoir reçu la grâce de Dieu… ou du diable…


Devil’s rejects -
Par : Chroniqueurs

Depuis la mort de son frère, le shérif Wydell ne vit plus que pour se venger de l’épouvantable famille Firefly. Un beau matin, décidé à les éliminer sans pitié et au mépris de la loi, il encercle leur maison avec ses hommes. Seul Otis et sa sœur Baby parviennent à s’échapper. Ils se réfugient dans un motel perdu loin de tout, attendant de retrouver leur père, Caztain Spaulding, et tuent sans hésiter quiconque se dresse sur leur chemin. Aucun des deux camps n’arrêtera avant que l’issue ne soit définitive et absolue.

The Devil’s Reject est une vraie fausse suite de La Maison Des 1000 Morts qui macule nos écrans à grands renforts d’ultra violence, de sadisme et d’une bonne dose d’humour noire... Imparable !
Leader emblématique des White Zombie dont il réalise les clips, Rob Zombie signe un coup de maître, à l’instar de Tarantino et de Pulp Fiction, avec son second long-métrage. Bien que la comparaison puisse prêter à discussion, les deux hommes partagent un amour immodéré pour le cinéma de genre, ainsi qu’une approche très cohérente du 7ème Art. De la BOF, véritable moteur d’une narration jouant sur les changements de tempo, aux dialogues réussis (voir les Marx Brothers), en passant par un vibrant hommage aux grandes figures du genre, l’univers de Zombie repose sur une harmonie inébranlable.

Sans se fourvoyer dans un jeu référentiel obligé, il s’appuie aussi bien sur le cinéma de Sergio Leone (le casting est un défilé de "gueules", avec Sid Haig, William Forsythe, Michael Berryman, Danny Trejo) que celui de Tobe Hooper et Wes Craven (ceux des 70’s), pour en tirer le meilleur parti. Adoptant le juste point de vue, ainsi qu’une caractérisation intelligente de ses personnages, le réalisateur parvient même à susciter chez le spectateur une certaine empathie pour cette bande de psychopathes de la pire espèce. Caméra à l’épaule, il dresse un portrait familial qui rentre dans le lard, refusant toute idée de manichéisme. Tirant l’humain de l’inhumain (et vice versa), il frappe droit au cœur dans une charge héroïque dantesque, aussi foudroyante que rock’n roll.

Le film peut être considéré comme une suite en ce sens que scénaristiquement parlant, l’intrigue est postérieure à celle de La maison aux 1000 morts, mais en ce qui concerne le traitement, il est tout autre. En effet, aux antipodes de l’horreur grandguignolesque et des délires psychédéliques du premier film, The devil’s rejects descend directement d’un certain type de cinéma des années 70. On y retrouve alors cet aspect amoral, poisseux, gore, mais diablement drôle, qui nous rappelle des fleurons du genre tels que Massacre à la tronçonneuse ou autres La colline a des yeux. Il fait alors renaître ce cinéma "coup de poing horrifique" sans concessions, âpre et glauque qui avait fini par disparaître sous les attaques incessantes d’une censure castratrice.

The Devil’s Rejects est une incontournable et monstrueuse parade comme on n’en voit plus depuis bien longtemps. Ce film donne ainsi bien plus de crédit au genre que les nouveaux remakes au montage et à l’esthétique clippesque qui foisonnent aujourd’hui. Un film culte et salvateur.


Critique de The Devil’s rejects - Freaks in America
Par : Chroniqueurs

Par The creeper

Le film du métalleux Rob Zombie (leader du groupe White Zombies) est une sorte de suite/spin-off de The house of 1000 corpses sorti directement en dvd. Si ce dernier s’apparente plus à une espèce de train fantôme géant où nous sont présentés les membres dégénérés d’une famille de bouseux américains tous plus sadiques les uns que les autres (mention spéciale au "docteur satan" qui est une merveille de monstre) faisant subir les pires sévices à quatre jeunes apprentis écrivains sur fond de folklore d’halloween, The devil’s rejects tape dans la catégorie au-dessus, celle du pur film d’horreur mâtiné de road-movie où aucun second degré (et autres gags à deux balles) n’est là pour alléger l’ambiance déliquescente du film (un anti Hostel en somme.).

Ainsi donc, trois des personnages principaux du premier film (House of 1000 corpses pour ceux qui suivent pas au fond !) sont pris en chasse par le shérif local bien décidé à venger la mort de son frère adoré, assassiné par ces pourritures : Otis le fiston au look de Jésus Christ dégénéré et plus terrifiant que Charles Manson, Baby la fille, véritable gueule d’ange mais allumeuse et allumée comme pas deux et le patriarche, le cultissime clown Captain Spaulding. La scène d’ouverture est à ce titre exemplaire de l’intention de Rob Zombie de passer à la vitesse supérieure. Mettant un terme à la fiction précédente, puisque le nid douteux de notre chère famille va voler en éclat sous l’assaut tonitruant des forces de l’ordre, pour lancer un nouveau registre d’action contrôlé par le shérif (incroyable William Forsythe). Du moins amorcé, car notre brave shérif va péter un câble de voir sa poursuite devenir un vrai merdier sanglant et au final transformer sa vengeance en mission de punition mystique quasi divine ! Et quand je dis qu’il pète un plomb, je suis loin du compte... En fait, il va s’opérer un renversement total des valeurs, le shérif devenant pire que les monstres qu’il pourchasse. Ceux-ci se montrant pourtant pour le moins cruels et amoraux puisqu’ils vont parsemer leur fuite d’exactions et de tortures en tout genre.

Une radicalisation du point de vue qui ne peut entraîner l’adhésion pour l’une ou l’autre des parties, faisant de ce film un modèle de subversion totale. Et c’est à dessein que l’histoire se déroule en 1978 dans la campagne américaine. Cela renvoie à tout un pan du cinéma d’horreur américain des années 70 (notamment Massacre à la tronçonneuse, La colline a des yeux et La dernière maison sur la gauche) qui était le parfait reflet du chaos dans lequel se situait la société américaine. A la fois déchirée par le conflit vietnamien et la perte de repères institutionnels et politiques due au scandale du Watergate notamment.

The devil’s rejects se veut à la fois un vibrant hommage à ses glorieux aînés, un tribut que le réalisateur Rob Zombie paie aux films qui ont forgé sa cinéphilie mais aussi un amer constat sur la perte des idéaux qui ont fondé la nation et ce quelque soit les époques.
On peut donc voir ces "rebuts" comme les victimes d’une société dont les idéaux ont été mis à mal et qui rejette les inadaptés, les "freaks".
Soulignons également que l’hommage rendu à sa cinéphilie ne se contente pas d’aligner les gueules célèbres des seventies, comme Ken Foree (le black, héros du mythique Zombie de Romero), Mickaël Berryman (une vraie gueule cassé découverte dans La colline a des yeux, l’original de Craven) et une tronche plus contemporaine comme celle de Dany Tréjo (le Mexicain à la queue de cheval vu dans Despérado, Une Nuit en enfer, Spy kids (sic !)...), Zombie se réapproprie ces œuvres marquantes (jeu de lumière, effets de montage, tension permanente, etc) afin de nourrir son propre récit. Mais ce qui est vraiment marquant dans ce film, outre son caractère déviant et hargneux, c’est l’amour que Rob porte à ses personnages. Comme il le prouve dans ce très beau final à la Thelma et Louise, en plus hardcore, où c’est lui-même qui met fin au massacre. Oui, ils méritent 1000 fois la mort mais ils sont la quintessence même du genre dans lequel ils évoluent, des archétypes qui n’obéissent à aucun dogme, qui suivent leur instinct de prédateur. Alors oui, on est un peu tristes car leur fin sonne quelque part le glas d’une époque où toutes les transgressions étaient sinon permises du moins acceptées.
Cependant, l’espoir d’un renouveau du genre demeure (et sera paradoxalement confirmé avec son magistral remake du Halloween de Carpenter) car avec ce diptyque magistral (House… / Devil’s rejects), Rob Zombie montre qu’il est un réalisateur respectueux et amoureux du genre et surtout complètement intègre (c’est à dire aucune compromission ou concession aux costards-cravates régissant les studios !).

Certains voient dans les films de Zombie une complaisance malsaine envers ces monstres, se focalisant sur les clichés du genre (qu’il malmène salement pourtant !) et occultant son remarquable travail de mise en scène. The devil’s rejects ne peut se réduire à son statut d’œuvre provocatrice et irrévérencieuse. Elle s’avère beaucoup plus subtile que ça.

Oeuvres liées :

La maison des 1000 morts (2001)


Commentaires sur le film

Crazy Rider

5 etoiles

Quand Massacre à la tronçonneuse et Orange Mécanique rencontrent le western crépusculaire. Et tout ça avec un vent de nostalgie. Ça décalamine.

24 août 2011 à 15:08 | Par Fred Bau

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