Critique de film

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Derrière le masque: Leslie Vernon

"Behind the Mask: The Rise of Leslie Vernon"
affiche du film

Souriant, intelligent et sympathique, Leslie Vernon est en apparence le plus charmant des jeunes hommes. Mais son ambition est de devenir une véritable machine à tuer en suivant les traces de ses idoles de toujours : Freddy Krueger, Jason Vorhees et Michael Myers. Il demande à une équipe TV de le suivre pour réaliser un documentaire sur son ascension vers l'horreur et l'infamie...

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Trailer - Derrière le masque : Leslie Vernon (2006)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Derrière le masque - De l’autre côté du mouroir
Par : Damien Taymans
Tags : Slasher, Type documentaire

Alors que les majors recyclent à la pelle des classiques du cinéma de genre pour engranger des liasses de billets verts sous le couvert d’un improbable renouveau artistique, certains réalisateurs, parias hollywoodiens ou simples marginaux du système surcapitalisant, réinvestissent le genre en le renouvelant à leur manière. Parmi ces illustres exemples, Shaun of the Dead qui revisite les œuvres zombiardes ou encore les pellicules du diptyque de Rob Zombie qui s’invitent dans l’humble taudis d’un clan de rednecks dégénérés. Initiée par la trilogie Scream de Wes Craven, cette vague de redécouverte emprunte de nouveau, une décennie après les livraisons entre irrévérence et déférence du créateur des Griffes de la nuit, les sentiers du slasher.

Prenant place dans un monde où Jason Vorhees, Michael Myers, Freddy Krueger et Charles Lee Ray sont des légendes vivantes et des modèles en matière de terreur, Derrière le masque dépeint le quotidien d’un aspirant à la veille de sa grande soirée, du carnage qui lui permettra de rejoindre les figures de son panthéon personnel. Ayant favorablement répondu à une requête d’une équipe de journalistes amateurs, Leslie Vernon ouvre les portes de son royaume et égrène devant la caméra chacune des étapes de ses exactions planifiées. Du primordial choix des proies (parmi lesquelles trône une pucelle qui deviendra la survivante) à la préparation physique qui permet au meurtrier de ne pas avoir l’air essoufflé après une longue course-poursuite, le psychopathe à l’aube de l’œuvre de sa vie livre tout, montre tout et dicte point par point la marche à suivre, se plaisant même de dévoiler la symbolique matricielle et phallique sous-jacente à ce guide des conventions. Le style documentaire, façon Blair witch project, permet avant tout de se démarquer des habituelles productions aseptisées. Une première partie essentiellement centrée sur Leslie Vernon, tour à tour maladroitement sympathique et pathétiquement inquiétant, qui force l’empathie et encline à adhérer au projet destructeur du sieur.

Peu à peu, malgré quelques considérations un peu légères et clairement déférentes, la tension monte. Le deuxième acte s’ouvre, le meurtrier passe à l’action, utilisant son savoir-faire et mettant son étonnante capacité d’anticipation au service de son sanguinaire dessein. Les cadavres s’empilent au cours d’une chasse préméditée par les soins de l’omnipotent et omniscient Vernon. L’originalité du métrage s’étiole peu à peu et laisse alors place à une reprise convenue des poncifs décrits en long et en large dans une première partie volontairement explicative. Derrière le masque s’offre un assemblage obligatoire des pièces du puzzle parsemées ci et là depuis l’entame. Glosserman, après avoir déconstruit le genre, le reconstruit à sa manière, gambadant pour ce faire sur les sentiers rebattus d’un genre surexploité. Un deuxième acte nettement moins original en guise de conclusion qui cristallise les discours du premier acte et contribue à la nostalgie des Halloween et Vendredi 13 originaux qui souffrent actuellement d’un lifting contestable.

Derrière le masque investit habilement le terrain du slasher, régurgitant un à un chacun des ingrédients qui le composent en distillant au passage une série de clins d’œil intéressants (Robert Englund campe un docteur Halloran proche du docteur Loomis, Kane Hodder se cantonne à un caméo dans Elm street). Panégyrique décomplexé qui s’amuse à décortiquer chaque convention pour les régurgiter finalement dans un deuxième acte un peu moins convaincant.


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