Critique de film

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Les Dents de la mer

"Jaws"
affiche du film

A quelques jours du début de la saison estivale, les habitants de la petite station balnéaire d'Amity sont mis en émoi par la découverte sur le littoral du corps atrocement mutilé d'une jeune vacancière. Pour Martin Brody, le chef de la police, il ne fait aucun doute que la jeune fille a été victime d'un requin. Il décide alors d'interdire l'accès des plages mais se heurte à l'hostilité du maire uniquement intéressé par l'afflux des touristes. Pendant ce temps, le requin continue à semer la terreur le long des côtes et à dévorer les baigneurs.

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Trailer - Les dents de la mer (1975)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les Dents de la mer - Piège en eaux troubles
Par : Damien Taymans
Tags : Animaux-tueurs

Sorti en 1975, le troisième long métrage de Steven Spielberg allait consacrer à tout jamais son réalisateur autant qu’il allait traumatiser des milliers de spectateurs à travers le monde, au point que les affluences sur les grèves s’en verront fortement diminuées. Les dents de la mer, au départ prévu pour n’être qu’un téléfilm, est une adaptation, tout aussi hitchcockienne que le précédent Duel, du roman de Peter Benchley publié en 1974 devenu un véritable best-seller en accumulant les ventes à travers le monde. L’idée de transposer le livre sur grand écran émane de l’épouse de David Brown, Helen Gurley Brown qui découvre le récit alors qu’elle est éditrice du Cosmopolitan. David Brown et Richard Zanuck, qui ont tous deux travaillé auparavant avec Spielberg sur The Sugarland express, acceptent d’un commun accord lorsque le réalisateur se dit intéressé par cette nouvelle opportunité. Le film spielbergien suivra une voie similaire à celle du roman, ramenant plus de 470 millions de dollars et remportant une kyrielle de récompenses prestigieuses (des Oscars aux Golden Globes en passant par les BAFTA).

Plus qu’un simple film d’horreur mettant en scène des animaux tueurs, Les Dents de la mer se présente comme un joyau cinématographique héritier des pellicules d’Hitchcock dans la manière de filmer et d’installer le suspense. La scène d’entrée est tournée une dizaine de minutes avant le coucher de soleil, exercice périlleux puisque la luminosité ne sera que de courte durée. Mais Spielberg ne refuse jamais une difficulté pour autant que celle-ci contribue à l’amélioration du matériau sur lequel il travaille. Le réalisateur l’a déjà prouvé en tournant intégralement le film Duel en extérieur en une douzaine de jours seulement. La première scène d’attaque, jouxtant cette entrée en matière à l’éclairage surréaliste, ne met aucunement en exergue les mâchoires suggérées dans le titre de l’œuvre. Une entité inconnue happe la nageuse vers le fond de l’eau sans que le sang ne se répande outre mesure. Dès lors, le spectateur est acculé dans une situation terrifiante et il ne peut s’empêcher de seriner la même question : « Que vient-il de se produire sous mes yeux ? » Et le réalisateur de répondre à l’interrogation de la plus belle des manières en mentionnant l’attaque du requin sur un rapport de police.

Jouant la carte de la suggestion à de nombreux moments, Spielberg reproduit les schémas hitchcockiens dont il se proclame l’héritier. Parallèlement, ces astuces (comme celle des bidons en plastique) permettent au budget de s’alléger considérablement sans montrer le squale sous toutes ses coutures. Pourtant, Les Dents de la mer n’est pas avare en monstration. En effet, les gigantesques mâchoires apparaîtront à de nombreux moments-clé de l’œuvre, histoire de permettre au spectateur de visualiser l’animal et ainsi de l’emmener au summum de l’angoisse.

En artiste de génie, Spielberg ne table pas uniquement sur ces scènes d’attaque et prend le temps de poser son intrigue en développant de longues scènes de dialogues ou d’actions quotidiennes. Celles-ci permettent la projection et l’identification dans la peau de l’un ou l’autre personnage. Les explications de Quint relatives à sa manière de chasser les requins ne sont pas anodines : elles fournissent au spectateur plus de renseignements sur le bonhomme qu’il n’en faut. Le langage du marin et ses attitudes permettront de le cataloguer dans la catégorie des vieux loups de mer qui n’ont peur de rien. Quint prend ainsi une nouvelle dimension, lui qui avait été présenté comme un rustre trop sûr de lui lors de la conférence avec les hauts dignitaires d’Amity. Il développera une nouvelle facette de sa personnalité lors de son fameux discours sur le drame de l’Indianapolis.

Le métrage présente une magnifique réflexion ontologique. Bien plus que le requin, l’homme est au centre de l’œuvre spielbergienne (comme c’était déjà le cas pour Duel). Cet anthropocentrisme sera récurrent dans la filmographie du réalisateur puisqu’il ne s’arrêtera jamais de présenter un homme dans une posture délicate, face à un danger duquel il ne peut s’extraire (pensons à la course-poursuite de Duel ou à celles de Minority report et de Jurassic park). Dans tous les cas, quelque chose vient rappeler à l’être humain qu’il n’est à l’abri d’aucune dérive scientifique (les dinosaures de Jurassic park, les précogs de Minority report, le camion de Duel) ou naturelle (les requins du présent film, le Mal dans La liste de Schindler). Les tourments des humains dépassés sont dépeints avec justesse, Spielberg prenant un malin plaisir à placer l’être dans des situations aussi pittoresques que potentiellement probables (la plage sur laquelle personne ne se baigne, la farce du faux aileron).

En définitive, Les Dents de la mer reste une œuvre difficile à appréhender tant elle traite d’une multitude de thèmes avec brio (les malversations politiques, l’inconscience et la paranoïa collectives, le jusqu’au-boutisme, la lutte entre raison et action). Chef-d’œuvre au suspense haletant, porté par une musique grandiose de John Williams, ce Jaws restera à jamais gravé dans les mémoires des spectateurs. De quoi franchement devenir aquaphobe…


Critique de Les dents de la mer - L’oeuvre ultime de Spielberg !
Par : Quentin Meignant

En réalisant Duel en 1971 pour Universal TV, Steven Spielberg était parvenu à se faire un nom. Après avoir livré Something Evil et Savage pour la télévision, il était temps pour le cinéaste de se mettre à la recherche d’un nouveau sujet de film. Toujours à l’affut du bon plan, le réalisateur a alors littéralement flashé sur le roman de Paul Benchley, Les dents de la mer. L’évocation de ce titre, à l’heure actuelle, provoque un véritable raz-de-marée d’émotions, toutes générations confondues. Ce film mythique a marqué toutes les personnes qui l’ont visionné et a laissé une trace indélébile dans l’histoire du cinéma.

Tout d’abord, la bande originale, qui se fait entendre dès le générique, est d’une qualité rare et est désormais devenue cultissime pour l’humanité toute entière : même les personnes n’ayant pas vu le film connaissent par cœur les notes de cette musique tirée tout droit du génie de l’inénarrable John Williams.

Ce dernier, fidèle second de Spielberg comme beaucoup de techniciens employés et réemployés par le cinéaste, offre au métrage une bande originale d’une efficacité dont aucun autre film ne peut se targuer. Consacré aux Oscars, aux BAFTA et aux Golden Globes, le célébrissime compositeur a vu sa carrière décoller en flèche, ce qui lui a permis de nous livrer les magnifiques bandes originales de Star Wars, E.T. ou encore Jurassic Park . Ces œuvres se sont d’ailleurs traduites en autant de succès dans les concours et festivals du Monde entier.

Bien sûr, la beauté de cette bande originale n’explique pas à elle seule le succès des Dents de la mer. Tout d’abord, si l’on prend le film dans la simple dimension du « film d’horreur », force est de constater que Spielberg sait y faire. Rarement un film d’animal tueur n’était parvenu à faire autant frémir tout en restant plausible. Hormis Les Oiseaux d’Hitchcock qui constitue le plus grand modèle du genre, aucune autre oeuvre animalère n’arrive à la cheville de ce requin diabolique qu’a créé le cinéaste (et certainement pas les pâles copies comme La Mort au large ou les rejetons dénaturés à la Shark attack).

Profitant d’une modélisation incroyable, cet animal n’en finit pas de donner des sueurs froides aux spectateurs. Les premières attaques, notamment celles du jeune garçon sur le matelas gonflable sont d’une efficacité incroyable qui laisse pantois. La mise en scène et les mouvements de caméra imaginés par Spielberg permettent de faire monter la tension jusqu’à nous rendre totalement paranoïaques.

C’est d’ailleurs ce climat de paranoïa qui est largement développé par le cinéaste durant la majeure partie de son film. Montrant à quel point l’opinion publique varie selon les faits et gestes de certains de ses représentants, Spielberg nous démontre la puissance de ceux-ci. Ainsi, lorsqu’une personne va se baigner malgré le danger encore bien présent dans tous les esprits, l’eau ne tarde pas à grouiller de baigneurs convaincus par le geste totalement fou de l’imprudente personne. Quand de faux requins se présentent lors d’une blague de potaches, la scène de panique est aussi efficace que drôle. Après un moment de stress immense, Spielberg offre l’occasion de constater l’inconscience de ces écervelés.

Ce moment d’amusement contraste particulièrement avec la sévère critique qu’émet Spielberg de la société contemporaine en nous montrant l’avidité des décideurs. Ces derniers, quitte à risquer la vie de milliers de touristes, sont prêts à tout pour empocher quelques liasses de billets verts sous le prétexte de la renommée de leur ville. Finement distillée, cette critique sociétaire fait partie intégrante d’un scénario que l’on se délecte de découvrir au fur et à mesure. Ce dernier voit son assise encore renforcée par des personnages hauts en couleur interprétés avec brio par de fabuleux acteurs.

Ainsi, le marin nommé Quint, incarné par le génial Robert Shaw, rend chacune de ses interventions très croustillantes. Bardé de dialogues d’un vulgaire bien calculé, Robert Shaw agit véritablement en vieux loup de mer. Il en va de même pour un Richard Dreyfuss au sommet de son art dans le rôle du scientifique plus dur qu’il n’y paraît. Ses dialogues avec Quint donnent clairement le ton et ne laissent que très peu de place au Shérif Brody (Roy Scheider), pourtant héros du film.

Les dents de la mer reste l’un des plus grands moments de cinéma de l’histoire et, sans aucun doute, l’œuvre principale de la filmographique de Steven Spielberg. Un tel film mérite sa place au panthéon du cinéma entre les œuvres d’Hitchcock et de ses amis les Grands.

Commentaires sur le film

un des films a mavoir le + traumatisé et il na pa pri une seule ride. fort conseillé. mais, ne pas laissé ca regarder aux enfants de - de 12 ans. tres bon !

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

6 octobre 2010 à 18:10 | Par vivi
jaws

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

pourriez-vous me faire parvenir par courriel e-mail la façon donc le film a été fabriqué. Ceci dit j’aimerais voir les détails arrière-scène je suis fascinée par la création de ce film......

merci de votre attention
july

15 novembre 2010 à 03:11 | Par july

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