Cinemafantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Un homme, persuadé d'être un superhéros, ne sait plus distinguer le vrai du faux et décide de se lancer dans une thérapie afin de voir s'il n'est pas schizophrène...
Par Sébastien Brunclair
Arthur Poppington n’a décidément pas de chance dans la vie. Outre son nom ridicule et un intellect assez limité (on le qualifiera de « lent » pour être poli), il a très tôt perdu sa maman, enlevée par un certain « Cap’tain Industry ». Puis un jour, après des années de lecture de comics et être arrivé à la conclusion que le monde était vraiment pourri, il se la joue super-héros, prend l’identité de Defendor et, entre 2 séances chez une psy, se met en tête de nettoyer la ville.
Avec des exemples comme Mystery Men, Kick-Ass ou le récent Super, on peut dire que les aventures de héros sans pouvoir et
losers sur les bords sont devenues un genre à part entière. Defendor s’inscrit dans cette logique tout en conservant un ton et une identité propres. Moins axé sur la comédie que les œuvres citées ci-dessus, le film de l’acteur canadien Peter Stebbings, qui passe pour la première fois derrière la caméra, n’hésite pas à confronter son héros avec la cruauté du monde et à lui en faire baver, du début à la fin. Poppington/Defendor, en décalage permanent avec la réalité, est un personnage profondément attachant, grâce à la prestation sans faille de l’excellent Woody Harrelson (Tueurs nés, Bienvenue à Zombieland). Ce dernier porte vraiment le film mais est aidé par une galerie de très bons seconds rôles, parmi lesquels une jeune prostituée prise sous l’aile du justicier interprétée par Kat Dennings, et un flic pourri jusqu’à la moelle campé par Elias Koteas, tous deux impeccables.
Outre son casting, ce qui fait vraiment la force du métrage est la capacité de Stebbings à jongler avec les émotions du spectateur. D’un côté, il propose des séquences vraiment drôles carburant à l’humour noir et utilisant pleinement le pouvoir comique de son personnage, véritable vague de gentillesse et de naïveté dans un océan de bassesse humaine et de violence. Lorsqu’il confronte ses ennemis armé d’un sac de billes ou d’un bocal rempli de guêpes, il provoque le rire tout en restant un être profondément admirable pour son jusqu’au-boutisme. Et là où certains réalisateurs auraient pu choisir de le tourner en dérision et de n’en faire qu’un super bouffon déclencheur de gags, Stebbings traite son personnage avec
respect du début à la fin, de sorte à nous le faire apparaître comme réellement humain. Et c’est dans cette optique qu’intervient la deuxième facette du film : la dimension dramatique, survenant au cours de scènes s’embranchant parfaitement dans la mécanique du film et ne semblant jamais forcées. Mention spéciale à la séquence finale, concluant de la plus belle des manières les aventures de ce justicier pas comme les autres.
Sorti dans une certaine indifférence (seulement quelques salles aux USA, et direct to DVD en Europe), Defendor est un de ces films jouant sur plusieurs registres et par conséquent difficile à cataloguer et à vendre. Ne vous fiez donc pas à sa jaquette trompeuse essayant de le faire passer pour un délire dans l’esprit de Kick-Ass et Zombieland, ce qu’il n’est absolument pas, et laissez-vous séduire par cet anti-héros ramolli du bulbe et son combat perdu d’avance.
Une belle surprise que ce film. Pas vraiment une comédie voir même pas du tout (sauf que parfois le personnage principal est un peu dingue !). Un "idiot" décide de combattre le crime et la misère dans des quartiers malfamés, en se prenant pour un super héros. Une atmosphère curieuse se dégage du film. La fin est particulièrement poignante.