Cinemafantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Death Tube est un site de partage particulier. Tous les ans, durant une semaine, le Deadmaster de Death Tube diffuse en streaming live des meurtres en direct qui attirent des centaines de milliers d'internautes. Le concept : 8 membres sont sélectionnés, enlevés, enfermés puis soumis à une épreuve de logique éprouvante. S'ils réussissent l'épreuve, ils gagnent leur survie et le respect de la communauté toute entière. S'ils échouent, ils gagnent l'assurance d'une mort atroce, spectaculaire et gore devant des centaines de milliers d'internautes.
Papa Rotten et Maman Youtube peuvent être fiers de leur petit rejeton : DeathTube est paré à envahir la Toile. Et comme les plateformes parentales ont d’autres "chats" à fouetter, ils optent pour une garde partagée, ce qui explique que ce site de streaming ne babille qu’une semaine par an pour sept jours de folie à faire péter les serveurs les plus puissants ! Pensez donc : les petits génies de DeathTube ont concocté un jeu en ligne dans lequel des avatars de Pikachu contraignent des gamers non volontaires à concourir jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un seul concurrent pour la grrrrraaaaannnnde finale tant attendue. Au fil de la compétition, les perdants sont froidement passés à la moulinette de la grande Faucheuse, histoire de rajouter un peu de piquant...
Yohei Fukuda, chef op’ de Grotesque entre autres, poursuit avec Death Tube le filage d’une trame entamée avec le diptyque Death File : un inextricable lien létal unit l’ordinatueur et ses utilisateurs qui se voient l’un après l’autre effacés comme de vulgaires dossiers de l’archivage lors d’un plantage informatique. Processus étiré pour l’heure puisque cet ersatz lointain de la franchise Saw et de ses
suiveurs s’étale sur deux longues heures. Pénible pour une ébauche. C’est que Fukuda balaie avec suffisance toute tension potentielle et préfère à la cohérence du modus operandi des règles variables selon l’humeur du tortionnaire. Ainsi, les candidats résolvent un casse-tête sous forme de cube avant de s’adonner, chacun dans sa cellule, à diverses épreuves pour bizuts attardés (tourner autour d’une batte de base-ball dix fois pour tituber ensuite jusqu’à un point fixe, s’enfoncer un clou sous l’ongle et autres joyeusetés débilo-ringardes). Puis, c’est parcours-santé, jeu de mémorisation et test émotionnel : l’amuseur en chef assisté de ses deux fidèles oursons fluos (compromis entre la marionnette de Jigsaw et le croco animé de Panic button ?) recycle l’éventail complet des jeux concons, de Geopardy à Koh-Lanta, pour désigner au bout du compte le plus apte à passer l’ultime épreuve... Mal éclairé, mal mis en boîte, mal foutu, Death Tube s’apparente, pour la forme, à un DIY filmé à la caméra familiale posté à la sauvette sur YouTube dans le seul but de recevoir le quota réglementaire des dix "like", sous lequel il n’est pas de fierté possible.
Ni film d’horreur ni décryptage de la blogosphère et de ses dérives, ni même réflexion sur le voyeurisme, l’œuvre de Fukuda néglige très tôt son postulat de départ (quid au final de ce Face à la mort en ligne alimenté par un démiurge anonyme aux résolutions pour le moins obscures ?) pour ne se plier qu’à une trame narrative aussi frêle que rasante. A peine acceptable pour un téléchargement en pire to pire...
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